connétable

connétable

n.m. [ bas lat. comes stabuli, comte de l'écurie ]
Commandant suprême de l'armée française du xiie siècle à 1627.

CONNÉTABLE

(ko-né-ta-bl') s. m.
Titre du principal officier dans la maison des premiers rois de France et dans celle des grands feudataires.
L'office de connétable de Normandie appartenait au même titre [héréditaire] à la maison du Houmet, comme le reconnaît en 1190 une charte du roi Richard [GUIZOT, Civilisation en France, t. III, leçon 6°, Paris, 1857]
Titre du commandant général des armées. La charge, l'épée de connétable. La charge de connétable commença l'an 1218 sous Louis VIII, et fut supprimée en 1627 après la mort du connétable de Lesdiguières. Cette dignité avait été renouvelée en France, mais sans aucun pouvoir effectif, dans la constitution impériale du 28 floréal an XII. Le connétable était le cinquième des grands dignitaires de l'empire. S. f. La femme d'un connétable. Mme la connétable.
Titre héréditaire dans certains pays. Le connétable de Castille.
Titre qui se donnait aux gouverneurs de villes, de places fortes. Dans l'ancienne artillerie, officiers subalternes qui présidaient à la distribution de la poudre, des boulets et de tout ce qui regarde le canon.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    David survit [passa en revue] sa ost ; si fist cunestables sur mil chevaliers, et altres sur cent [, Rois, 185]
  • XIIIe s.
    Et li rois l'ot fet conestable De sa meson et de sa table [, Ren. 8255]
    .... Par ce conmença la noise Par mal pechié et par deable Vers Ysengrin le conestable [, ib. 352]
    Et après li prelas prent le gonfanon dou conestable et le beneist de l'aigue beneite [, Ass. de Jér. I, 31]
    Lors dit le connestable monseigneur Hymbert de Biaujeu au roy que un Beduyn estoit venu [JOINV., 223]
  • XIVe s.
    Sçavoir faisons à tous presens et à venir, que sur ce que notre très cher et feal cousin Raoul, comte de Eu, connestable de France, disoit et maintenoit que ceux de nostre lignage, et les prince et prelats, et barons dehors de notre royaume, et toutes manieres de gens de cheval et de pié, de quelque condition qu'ils soient, qui prengnent gages ou argent sur nous, lui doibvent telles droictures, comme ses predecesseurs ou dit office ont accoustumé à prendre sur les souldoiers qui prengnent gages, ou argent sur nous [DU CANGE, comes.]
    Haut homme, noble et poisant monsieur de Colesbert, connestable de Boulenois el terroir d'Ostrewit [ID., ib.]
    Ledit Lotart ala querre deux sergens et les mena, ensemble le connestable de la rue où il demeuroit pour le temps [à Tournay], en la maison de la dite Jehanne [ID., ib.]
  • XVe s.
    Oloferne connestable de Nabugodonozor roy des Assyriens [, le Jouvencel, f° 37, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Le connestable de France a tel droit pour le fait des guerres : premierement, le connestable est par dessus tous autres, qui sont en l'ost, excepté la personne le roy. se il y est, soient dux, barons, comtes, chevaliers, escuyers, sodoiers tant de cheval, comme de pié, de quelque estat qu'ils soient, et doivent obeir à lui.... Les mareschaux de l'ost sont dessous lui.... Le connestable doit ordener toutes les batailles, les chevauchées et toutes les establies.... Le roi, s'il est en l'ost, ne doit chevauchier, ne les autres batailles chevauchier, fors par l'ordenance et le conseil du connestable [DU CANGE, ib.]
    Le connestable des dis confreres de l'arbaleste avoit intention de faire traire par esbatement à un pié de buef, qui devoit estre mis en hault à un pel [ID., ib.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. conestable ; espagn. condestable ; portug. condestavel ; ital. conestabile ; du latin comes stabuli, comte de l'étable (voy. COMTE et ÉTABLE), officier qui, d'abord chargé du soin des étables dans la maison, devint par la suite chef d'une troupe de guerre, chef général de l'armée et aussi chef de toutes sortes de choses, un territoire, un quartier, une section d'artillerie. Voltaire a donné l'étymologie de ce mot dans son opéra du Baron d'Otrante, II, 3 : Seigneur, je suis baronne, et mon père autrefois Dans Otrante a donné des lois ; Il était connétable ou comte d'écurie.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CONNÉTABLE. Ajoutez :
    Dans les îles Normandes, nom de certains officiers paroissiaux électifs, chefs de l'administration et de la police dans leur paroisse ; il y en a un pour chaque paroisse de Jersey, deux pour chaque paroisse de Guernesey, deux pour l'île d'Aurigny et un pour l'île de Serk.

connétable

CONNÉTABLE. n. m. Premier officier militaire de la couronne, qui avait le commandement général des armées.

Il était aussi un Titre de dignité qui se donnait à quelques personnes de qualité, dans la maison desquelles il était héréditaire.

CONNÉTABLE était aussi féminin. Madame la connétable.

connétable


CONNÉTABLE, s. m. et f. CONNÉTABLIE, s. f. [2e é fer. 4e lon. au 2d.: Conétable, tabli-e.] Connétable, est le nom d'une anciène charge de la Courone, la première dans le Militaire, et au-dessus de celle des Maréchaux de France. Le Connétable de Montmorenci, de Luines, etc. "Le Roi le fit Connétable, lui dona l'épée de Connétable — S. f. On apelait la femme du Connétable, Mde la Connétable. "La Connétable de Montmorenci, belle-mère du Prince de Condé. Hénaut.
   CONNÉTABLIE, Juridiction des Maréchaux de France. Siège de la Connétablie, Mandement de la Connétablie.

Traductions

connétable

constable