conséquent, ente

CONSÉQUENT, ENTE1

(kon-sé-kan, kan-t') adj.
Qui suit ou qui se suit, c'est-à-dire qui agit ou raisonne avec suite. Un esprit conséquent signifie un esprit juste qui raisonne bien.
Tous les esprits sont conséquents, on le dit du moins, mais les philosophes semblent prouver le contraire [CONDILLAC, Art de rais. V, 1]
Un premier jugement en fit naître un second, et bientôt on en fit sans nombre ; l'analogie conduisit d'erreurs en erreurs, parce qu'on était conséquent [ID., Logique, II, 3]
L'erreur de droit influe dans toute créature raisonnable et conséquente [DIDER., Ess. sur la vertu]
Saint Paul était un génie conséquent et lumineux. - Les premiers chrétiens n'étaient-ils pas raisonnables et conséquents ? [L'ABBÉ HOUTEVILLE, dans DESFONTAINES]
Les poètes ne sont pas toujours conséquents [LAMOTTE, dans DESFONTAINES]
En parlant des choses. Conduite conséquente à la doctrine. Conclusion conséquente aux prémisses.
Je n'en étais pas à dire mon avis avec colère à Mme la duchesse d'Orléans, sur sa conduite à l'égard de Monseigneur, et sa manière conséquente d'être avec lui [SAINT-SIMON, 270, 144]
Dans le langage philosophique on a dit aussi conséquent de.
Nos actions sont conséquentes de toutes les modifications que nous recevons de la part des objets [BOULLAINVILLIERS, Réfut. de Spinosa, p. 186]
Chaque mode de la substance est borné dans le genre de son attribut, et n'est conséquence que du même attribut ; car l'étendue n'est point conséquente de la pensée [ID., ib. p. 59]
Terme de grammaire. Qui suit. Relatif conséquent. Le membre conséquent dans une phrase.
Terme de physique. Points conséquents, points qui se forment quelquefois dans un barreau aimanté et qui ne manifestent aucune propriété magnétique.
S. f.Terme de musique. Conséquente, la deuxième partie d'une fugue.

REMARQUE

  • Conséquent pour considérable est un barbarisme, que beaucoup de gens commettent et contre lequel il faut mettre en garde. Conséquence ne signifie qu'en apparence importance ; et cette apparence ne peut jamais se trouver dans conséquent (voy. la remarque à CONSÉQUENCE).

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    Qui ayme honeur, c'est consequent qu'il ayme bien honeste [ORESME, Eth. 84]
    Donques est il consequent et bien que nous division ceste chose [ID., ib. 170]
  • XVIe s.
    Il nous feit quatre jours consequens jeusner [RAB., Pant. V, 1]
    Soit donc qu'on regarde aux premieres causes ou à celles qui sont consequentes, tousjours y verra-on matiere et signes de ruine [LANOUE, 21]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. consequent ; espagn. consecuente ; ital. consequente ; du latin consequens, de consequi, de cum, et sequi, suivre (voy. SUIVRE).