consolateur, trice

CONSOLATEUR, TRICE

(kon-so-la-teur, tri-s') s. m. et f.
Celui, celle qui console. Eh ! messieurs, laissez-moi mourir,... et finissez vos pleurs.
Point du tout ; les consolateurs De ce triste devoir tout au long s'acquittèrent [LA FONT., Fabl. XII, 6]
De mes douleurs noble consolatrice [CAMPENON, l'Enf. prod. ch. IV]
J'y trouve un consolateur Plus affligé que moi-même [J. B. ROUSS., Odes, II, 2]
Le consolateur le plus tendre paraît un indifférent qui déplaît ; nous voudrions que tout ce qui nous approche prît le sentiment qui nous possède [FONTEN., Bonh.]
Nous n'avons d'espérance qu'en ma consolatrice ; nous devions tout à la chaleur qu'elle met dans ses bons offices [VOLT., Lett. Mme de St-Julien, 21 sept. 1775]
Adj. Un espoir consolateur.
Ceux qui dans leurs tourments me baignent de leurs larmes et cherchent un Dieu consolateur [VOLT., Memmius, VI]
Tes soins consolateurs charmèrent mes ennuis [M. J. CHÉNIER, Gracques, I, 4]
Les arts consolateurs vont embellir nos villes [ID., ib. I, 2]
Et quand la mort viendra frapper votre jeunesse Vous chercherez partout des yeux consolateurs [ID., ib. V, 3]
Tout mon cœur te bénit, bonté consolatrice ; Je n'aurais jamais cru que l'on pût tant souffrir D'une telle blessure, et que sa cicatrice Fût si douce à sentir [A. DE MUSSET, Poésies nouv. Souvenir.]
L'Esprit consolateur, ou, simplement, le Consolateur, le Saint-Esprit.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Je prieray le Pere, et il vous donnera un autre consolateur, assavoir l'Esprit de verité [CALVIN, Instit. 928]
    Or, encores que ces remonstrances fussent grandement consolatrices [CARL., II, 11]
    Si le latin je veux apprendre, Pour parler avec tant d'autheurs Sages, sçavans, consolateurs [MAROT, IV, 164]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. consolator, de consolari, consoler ; provenç. consolaire au nominatif, consolador au régime ; espagn. consolador ; ital. consolatore. Si ce mot se trouvait dans l'ancien français, il serait au nominatif consolere, et au régime consoleor.