contention

1. contention

n.f. [ lat. contentio, rivalité, lutte ]
Litt. Tension forte et prolongée des facultés intellectuelles ; attention, concentration.

2. contention

n.f. [ du lat. continere, maintenir ensemble ]
En médecine, action de maintenir ou d'immobiliser momentanément une partie du corps : Un appareil dentaire de contention. Contention souple strapping

CONTENTION1

(kon-tan-sion ; en poésie, de quatre syllabes) s. f.
Effort qu'on fait pour exécuter quelque chose, ou pour parvenir à quelque but.
Il faut toujours faire contention [BOSSUET, IV, Prof. 3]
Ne croyez pas qu'il faille se donner beaucoup de contention afin de prier Dieu [FÉN., XVII, 323]
Ce n'est point la gêne et la contention qui font le véritable avancement [ID., XVIII, 223]
Sa facilité à entendre et à retenir lui avait épargné ces efforts et cette pénible contention dont l'habitude produit la mélancolie [FONTEN., Malézieu.]
Opposez à ce penchant la contention de l'habitude ; Socrate n'était pas né sage, et son naturel, en se redressant, ne s'était pas estropié [MARMONT., Élém. litt. Œuvres, t. VII, p. 256, dans POUGENS]
Contention d'esprit, et aussi, absolument, contention, application forte et continue.
S'agit-il des affaires du monde, il n'y a point d'étude, point de contention d'esprit qu'on ne fasse pour les examiner à fond [BOURD., Pensées, t. I, p. 319]
Il faut trop de contention d'esprit pour démêler ces preuves [VOLT., Lett. Richelieu, 25 mars 1775]
Aussi cet ouvrage demande-t-il encore de la contention d'esprit [DIDER., Disc. prél.]
Débat, dispute.
Il aime la souveraineté ; mais il aime encore plus la contention [BALZ., le Barbon.]
La douleur que me font mes yeux me rend incapable de cette agréable contention [ID., liv. VII, lett. 42]
Laissons aux deux Amphitryons Faire éclater des jalousies, Et parmi leurs contentions Faisons en bonne paix vivre les deux Sosies [MOL., Amph. III, 7]
Ils font de la vérité un sujet de contention et de vaine philosophie [MASS., Av. Épiph.]
Ce n'est pas ici une chaire de contention, c'est le lieu de la vérité [ID., Car. Parole.]
D'autres guerriers avaient de vives contentions aux jeux de pailles et des osselets [CHATEAUB., Natch. I, 74]
Chaleur, véhémence dans la dispute.
Cette question fut agitée avec beaucoup de chaleur et de contention [PERROT, Tac. 92]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Puis si chevauchent par mout grant cuntençun [, Ch. de Rol. LXVI]
  • XIIe s.
    Le destrier broche [il pique] par fiere contenzon [, Ronc. p. 59]
    Mainte bataille [ils] en firent et mainte occision, Et si murent ensemble meslée et contançon [, Sax. XII]
  • XIIIe s.
    La bataille est par contençon ; De son dos volent li flocon [, Ren. 8177]
    Delès une rivière chevauchent à bandon Li dus de Normandie, o lui si compaignon ; Et li vesques del Pui chevauche à contençon [, Ch. d'Ant. IV, 751]
  • XIVe s.
    Leur ame est en contencion et comme en bataille contre soy meisme [ORESME, Eth. 268]
    Contencion qui est ennemie et adversaire à concorde [ID., Thèse de MEUNIER.]
  • XVe s.
    Et non-pour-quant les contençons, Les assaus et les souspeçons En sont si gaies à souffrir Qu'on se doit liement offrir [FROISS., Espinette amour.]
  • XVIe s.
    Nous contemplions les temples et palayz magnifiques, et entrions en contention qui plus aptement les extolleroyt par louanges condignes [RAB., Pant. IV, 11]
    Cest esprit ne favorise point à homicides, paillardises, yvrongneries, orgueil, contention, avarice et fraude [CALV., Instit. 470]
    Afin que les parties n'entrassent en contention de procez [ID., ib. 980]
    De sorte que, pour quelque bonne chere qu'elle lui fist, ne pour quelque contension qu'il eust, ne voulut fausser son serment [MARG., Nouv. XVIII]
    Il fault fuyr toutes contentions et argumentations dialectiques [MONT., I, 399]
    Ces oyseaux se desbattent à l'envy d'une contention si courageuse que parfois le vaincu y demeure mort, l'haleine lui faillant plus tost que la voix [ID., II, 174]
    On offroit à un excellent archer condamné à la mort, de luy sauver la vie s'il vouloit faire voir quelque notable preuve de son art ; il refusa de s'en essayer, craignant que la trop grande contention de sa volonté lui feist fourvoyer la main, et qu'au lieu de sauver sa vie, il perdist encores la reputation [ID., III, 55]
    Il se meit adonc un debat et une contention merveilleuse entre les chefs des bendes [AMYOT, Timol. 42]
    Il fuira contention, courroux et les passions de l'ame [PARÉ, VII, 5]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. contenso ; catal. contenció ; espagn. contencion ; ital. contenzione ; du latin contentionem (voy. CONTENDANT).

CONTENTION2

(kon-tan-sion) s. f.
Terme de chirurgie. Action de maintenir en place des parties désunies et fracturées.

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. CONTENTIF.

contention

CONTENTION. n. f. Action de tendre fortement les facultés intellectuelles vers quelque chose. Il travaille à cet ouvrage, il s'y applique avec une grande contention d'esprit, avec une grande contention. Une trop forte contention d'esprit, une trop forte contention peut altérer la santé.

contention

Contention, Contentieux, voyez Contendre.

Synonymes et Contraires

contention

nom féminin contention
Littéraire. Tension des facultés intellectuelles.