continent, ente

CONTINENT, ENTE1

(kon-ti-nan, nan-t') adj.
Qui observe la continence. Substantivement.
L'exemple de la chasteté d'Alexandre n'a pas tant fait de continents que.... [PASC., P. div. 107]
Les Continents, nom d'une secte hérétique qui faisait une loi de la continence absolue et condamnait le mariage.
La turpitude de ces faux continents a depuis été révélée à toute la terre [BOSSUET, Variat. XI, § 69]
Terme de médecine. Fièvre continente, fièvre qui n'a point de rémission ni d'exacerbation sensible. Cause continente, cause, ou réelle ou présumée, qui, ayant produit une maladie, continue d'agir et prolonge son effet pendant toute la durée de cette maladie.

REMARQUE

  • Vaugelas, qui approuvait continence, n'approuvait pas l'adjectif continent ; mais l'usage a triomphé de ce purisme exagéré, et continent a tout l'emploi qu'il comporte.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Honestes ert e continens, E beaus parliers e de bon sens [BENOÎT, II, 12761]
  • XIVe s.
    D'un homme continent et d'un incontinent nous loons la partie de l'ame qui a raison [ORESME, Eth. 31]
    Continent, qui refraint ses malvais desirriers [désirs] [ID., Thèse de MEUNIER.]
  • XVIe s.
    Pour n'estre continent, je ne laisse d'advouer la continence des aultres [MONT., I, 262]
    En forme d'histoire prosecutive et continente [continue] [M. DU BELLAY, Prolog.]

ÉTYMOLOGIE

  • Lat. continens, de continere (voy. CONTENIR), qui retient, et, de là, qui contient ses désirs ; qui tient avec, et, de là, continu.