controuver

(Mot repris de controuve)

CONTROUVER

(kon-trou-vé) v. a.
Inventer une chose fausse.
On ne peut se tirer d'affaire qu'en leur controuvant des intentions basses [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Celui qui controuve des rapports imaginaires qui n'ont ni réalité ni apparence est un fou [ID., ib. III]
Il me controuva je ne sais quelle histoire qui me fit juger que sa présence était nécessaire dans son pays [ID., Confess. XI]
Minutolo.... Comme en passant mit dessus le tapis.... Certain mari, certaines amourettes Qu'il controuva, sans personne nommer [LA FONT., Rich.]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    N'i controverez ja mançonge, Ne vaine parole, ne songe [, Ren. 643]
    Ne porquant se vous seüssiés Aucun art dont vous peüssiés Controver aucune maniere Du chastel prendre plus legiere [, la Rose, 7919]
    Car ainsinc le dist Athalus, Qui des eschez controva [inventa] l'us [, ib. 6716]
    Ensi come chascun est plus sage et plus soutil et meillor plaideor que l'autre, en contreuve il plus [, Ass. de J. 57]
    Ne dites pas que je contruis, Ains sachiez bien, en verité, C'est droiz escriz d'auctorité [RUTEB., II, 219]
    Que vous iroie-je controuvant ? [ID., 299]
    Ces septaines que j'ai nommées, Ne sont pas fables controuvées De Blanchefleur ne d'Esglantine [J. DE MEUNG, Tr. 146]
  • XIVe s.
    Il contreuve et pense comment il pourra dire chose par quoy il pourra nuire et grever cellui de qui il parle [, Ménagier, I, 3]
  • XVe s.
    Ils adjousterent plus grande foy aux medisans envieux, qui faulsement l'accusoient de choses controuvées, que ils ne regarderent aux grands biens que il leur avoit faits [, Hist. de Bouciq. III, ch. 13]
  • XVIe s.
    Pour distinguer les loix naturelles des controuvées [inventées], il fault recourir à la generale police du monde [MONT., I, 258]
    Ils controuvent aux actions genereuses des occasions et des causes vaines [ID., I, 264]
    Fables monstrueuses que les poëtes ont controuvées [AMYOT, Thésée, 1]
    Stesimbrotus osa bien reprocher à Pericles un crime detestable controuvé faulsement [ID., Péric. 30]

ÉTYMOLOGIE

  • Con, et trouver ; ital. controvare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • CONTROUVER. Ajoutez : - REM. J. J. Rousseau a dit controuver pour démentir ; ce qui n'est pas français :
    Mon prétendu jugement contre vous a été controuvé par le premier, ainsi que mon prétendu voyage à Paris par l'autre [J. J. ROUSS., Lett. à Mme Latour, 23 mai 1762]

controuver

CONTROUVER. v. tr. Inventer mensongèrement. Il n'est plus guère usité qu'au participe passé. Un fait entièrement controuvé.

controuver

Controuver, ou faindre, Ementiri, Fingere.

Controuver quelque chose, Inventer quelque finesse, Adornare aliquid, Contechnari.

Controuver quelque chose en son esprit, Comminisci.

Controuver quelque chose en s'abusant, Allucinari aliquid.

Controuver des excuses ou menteries, Commentari, Fingere causas.

Controuver quelque meschanceté sur quelqu'un, et l'accuser, Facinus inuenire, Insimulare, In insimulationem proborum vocare.

Di moy qu'est-ce que tu as controuvé, Me imperti quod commentus es.

Chose controuvée, Commentum, Commentitia res, Figmentum, Inuentum.

controuver


CONTROUVER, v. a. Inventer une fausseté pour nuire à quelqu'un. "Ce sont des faits qu'on a controuvés pour le perdre.
   Rem. L'ou dans ce mot est bref devant la syll. masc. Il controuvait, il controuva, controuvé, etc. Il est long devant l'e muet: il controûve, controûvera, controûverait, etc.

Traductions

controuver

prägen