convention

convention

n.f. [ du lat. convenire, venir ensemble ]
1. Accord officiel passé entre des individus, des groupes, des États ; écrit qui témoigne de cet accord ; pacte, traité : Une convention signée entre le patronat et les syndicats arrangement, entente
2. Règle, procédé, principe qui résulte d'un commun accord, tacite ou explicite : Nous appliquons les conventions orthographiques. Par convention, les mots sont classés par ordre alphabétique.
3. Assemblée réunie pour réviser, élaborer ou adopter une Constitution.
4. Aux États-Unis, congrès d'un parti réuni en vue de désigner un candidat à la présidence.
De convention,
qui manque de naturel, de spontanéité : Des amabilités de convention.

conventions

n.f. pl.
Ensemble de principes, de règles de bienséance qu'il est convenu d'observer : Avoir le respect des conventions.

CONVENTION

(kon-van-sion ; en poésie, de quatre syllabes) s. f.
Terme de droit. Accord de volontés entre deux ou plusieurs personnes. Convention verbale. Convention écrite. Dans toute sorte de conventions. Faire une convention.
Pourquoi veut-on que je tienne, malgré moi, une convention qui s'est faite sans moi ? [MONTESQ., Lett. pers. 71]
Être de difficile convention, locution qui s'est dite dans le XVIIe siècle pour : être difficile en affaires. Fig.
Quelle convention peut-il y avoir entre Jésus-Christ et Bélial, et comment peut-on accorder le temple de Dieu avec les idoles ? [BOSSUET, Hist. II, 12]
Au plur. Clauses diverses d'un pacte. Voici quelles ont été nos conventions. Conventions matrimoniales, ou, simplement, conventions, les articles accordés à une femme par contrat de mariage.
Il ne lui est dû ni douaire, ni conventions [LA BRUY., III]
Dans le langage général, ce qui est convenu entre les hommes.
L'or et l'argent avaient été établis par une convention générale pour être le prix de toutes les marchandises, par la raison que ces métaux étaient rares et inutiles à tout autre usage [MONTESQ., Lett. pers. 105]
C'est [la puissance paternelle] de toutes les puissances, celle dont on abuse le moins ; c'est la plus sacrée de toutes les magistratures ; c'est la seule qui ne dépend pas des conventions, et qui les a même précédées [ID., ib. 129]
Les conditions que ces conventions renferment sont les premières lois des sociétés ; on les peut nommer lois naturelles [CONDILLAC, Hist. anc. I, 6]
La vérité, comme le soleil, est faite pour éclairer le globe entier ; elle ne connaît point les bornes que des conventions passagères ont mises aux sociétés politiques [HOLBACH, dans les œuvres de DU MARSAIS, Essai préj. ch. 10]
Les sciences, la gloire, les conventions sociales, tout était sacrifié à ce premier devoir [les soins paternels] [CONDORCET, Bertin.]
Terme de beaux-arts. Accord tacite pour admettre certaines fictions ou certains procédés. L'artiste est contraint ou juge bon de recourir à certaines conventions ; le spectateur s'y soumet, remplissant ainsi une condition sans laquelle il ne pourrait éprouver les sensations que l'art est destiné à produire. Le théâtre offre plusieurs conventions de ce genre. Manière fausse de certains artistes qui désignent les objets par des traits ou des couleurs qui ne sont pas celles de la nature, et qui comptent que le spectateur acceptera ces conventions tout arbitraires comme les conventions indispensables à chaque art. Dessin de convention. Couleur de convention. De convention, loc. adv. Qui est admis, mais qui n'est pas réel. Signes, langage de convention. L'or a une valeur réelle et une valeur de convention. Dans beaucoup de pièces de théâtre les paysans parlent un langage de convention.
Le caractère de convention qu'il a dans les fables [J. J. ROUSS., Ém. II]
Ce qui est véritable plutôt que ce qui est de convention [ID., Hél. I, 26]
Des tableaux de la nature, non de cette nature de convention que peignent si souvent les poëtes et qui n'est que la nature vue autrefois par Homère et défigurée par ses imitateurs [CONDORCET, Haller.]
Trop occupés d'une nature de convention, la vraie nature nous échappe [CHATEAUBR., Génie, III, III, 4]
Monnaie de convention, monnaie qui a cours dans plusieurs États d'après une convention de leurs gouvernements.
Assemblée exceptionnelle des représentants d'un peuple, ayant pour objet d'établir une constitution ou de la modifier. La constitution des États-Unis a été rédigée par une convention.
Le jour où, trouvant la salle qui devait nous rassembler [les états généraux], fermée, hérissée, souillée de baïonnettes, nous courûmes vers le premier lieu qui put nous réunir [le jeu de paume], jurer de périr plutôt que de laisser subsister un tel ordre de choses ; ce jour-là même, si nous n'étions pas convention nationale, nous le sommes devenus [MIRABEAU, Collection, t. III, p. 271]
La convention nationale, ou, simplement, la convention, l'assemblée qui mit la France en république en 1792, qui se constitua en septembre, et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'au moment où elle les remit au Directoire en octobre 1795. Dans l'histoire d'Angleterre, assemblée extraordinaire du parlement anglais en 1688.
... Jusqu'à ce qu'une assemblée qu'il indiqua, composée des deux chambres, eût tout réglé ; elle fut appelée convention, parce qu'il n'y a que le roi qui puisse convoquer un parlement [RAYNAL, Parlement d'Anglet. époque 8]
Anciennement, conventions royales de Nîmes, juridiction royale qui était établie à Nîmes pour connaître des exécutions faites en vertu des obligations passées dans son ressort.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    En intention d'estre et se trouver à la convention qui se devoit tenir par l'empereur et les autres princes, pour faire resistance contre le Turc et les Infidelles [MATHIEU DE COUCY, Hist. de Charles VII, p. 697, dans LACURNE]
    Environ le mois de juillet, alors que certaine convention et assemblée se tenoit entre la ville de Calais et Gravelinghes [LOUIS XI, Nouv. LXII]
  • XVIe s.
    À la fin ilz en vindrent aux promesses et conventions de mariage [AMYOT, Sylla, 72]
    Ce travail [de défrichement] n'est petit, sur tout si le fond est argileux ; car le sablonneux est de plus facile convention [composition] [O. DE SERRES, 73]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç et espagn. convencion ; ital. convenzione ; du latin conventionem, de convenire, convenir.

convention

CONVENTION. n. f. Accord, pacte que deux ou plusieurs parties font ensemble. Convention expresse, verbale, par écrit. Ils ont fait une convention entre eux... La convention était que... Je m'en tiens à la convention.

Il se prend aussi pour Clause, condition. Voici quelles ont été nos conventions. Une convention spéciale.

En termes de Jurisprudence, Conventions matrimoniales, ou absolument Conventions, Les articles stipulés entre les époux par le contrat de mariage,

CONVENTIONS, au pluriel, signifie, d'une manière générale, Ce qui est convenu, ce qui résulte d'une sorte de pacte implicite, par opposition à Ce qui résulte des lois mêmes de la nature ou de la force des choses. Les conventions sociales. Il poussait fort loin le respect des conventions.

En termes de Beaux-Arts et de Littérature, il se dit d'une Sorte d'accord tacite par lequel on admet certaines fictions, certains procédés qui s'éloignent de la réalité, mais qui paraissent indispensables pour produire l'effet voulu. Le théâtre ne peut se passer de certaines conventions.

DE CONVENTION signifie adjectivement Qui est conventionnel, qui n'a de valeur, de sens, de réalité que par l'effet de certaines conventions. Signes de convention. Langage de convention. Dans ce peintre, dans ce poète, on ne trouve qu'une nature de convention. La comédie italienne a plusieurs personnages de convention.

CONVENTION se dit de Certaines assemblées nationales formées pour établir une constitution, ou pour la changer, la modifier, etc. Pendant la révolution de 1688, le Parlement d'Angleterre s'était constitué en convention. La Convention nationale, ou simplement La Convention, Assemblée nationale qui se réunit à Paris au mois de septembre 1702 et qui exerça tous les pouvoirs jusqu'en octobre 1795. Les décrets de la Convention.

convention

Convention, Pactum, Pactio, Conuentio, Conuenta, conuentorum, Conuentus, huius conuentus.

Convention matrimoniale, Pactio nuptialis,

Conventions rompues, Pactiones intercisae.

convention


CONVENTION, s. f. [Konvan-cion, en vers, ci-on; 1re et 2e lon.] Acord, pacte que deux ou plusieurs persones font ensemble. "Faire une convention; tenir une convention; s'en tenir à la convention, etc. — On dit, d'un homme dificile et intraitable, qu'il est de dificile convention. C'est du style familier.

Synonymes et Contraires

convention

nom féminin convention
2.  Règle tacite ou explicite.
3.  Règle de conduite.
Traductions

convention

Abkommen, Einklang, Übereinkommen, Übereinkunft, Übereinstimmung, Abmachung, Konvention, Vereinbarungagreement, convention, accord, accordance, concurrence, compact, covenantovereenkomst, akkoord, overeenstemming, afspraak, bepaling, clausule [contract], grondwetgevende vergadering, conventieאמנה (נ), ברית (נ), הסכם (ז), מוסכמה (נ), מֻסְכָּמָה, בְּרִית, הֶסְכֵּםconvenzioneσυνθήκη公約Úmluvaусловность (kɔ̃vɑ̃sjɔ̃)
nom féminin
1. accord entre des personnes, des pays signer une convention
2. ce qu'il faut faire, règle respecter les conventions

convention

[kɔ̃vɑ̃sjɔ̃]
nf
(= norme) → convention
de convention → conventional
(= accord) → agreement
la Convention européenne des droits de l'homme → the European Convention on Human Rights conventions
nfpl (= convenances) → convention sg, social conventions
convention collective nfcollective agreement