corbeau

(Mot repris de corbeaux)

corbeau

n.m. [ de l'anc. fr. corp, lat. corvus ]
1. Oiseau de l'hémisphère Nord, au plumage noir, au bec puissant : Des corbeaux nichent dans le vieux donjon.
2. Nom donné couramment à d'autres oiseaux de la même famille, comme le choucas, la corneille ou le freux.
3. Auteur de lettres ou de coups de téléphone anonymes : Démasquer un corbeau.
4. Dans une construction, pierre ou pièce de bois en saillie destinée à soutenir une poutre ou une corniche.
Noir comme un corbeau,
qui a des cheveux très bruns.

CORBEAU

(kor-bô) s. m.
Gros oiseau carnassier de la famille des passereaux ; il a un plumage très noir.
Et m'ouvrez un passage à l'empire des morts, Dérobant aux corbeaux le butin de mon corps [ROTR., Antig. I, 6]
Et ton cœur sacrilége aux corbeaux exposé [ID., St-Genest, III, 2]
Maître corbeau, sur un arbre perché, Tenait en son bec un fromage [LA FONT., Fabl. I, 2]
Eh ! bonjour, monsieur du corbeau, Que vous êtes joli, que vous me semblez beau ! [ID., ib.]
L'oiseau de Jupiter enlevant un mouton, Un corbeau témoin de l'affaire, Et plus faible de reins mais non pas moins glouton, En voulut sur l'heure autant faire [ID., Fabl. II, 16]
Noir comme un corbeau, se dit souvent d'une personne qui a les cheveux noirs et le teint brun. Le corbeau passait pour être de mauvais augure.
.... Un songe, une vapeur, Un corbeau qui croasse, enfin tout vous fait peur [MAIR., Sophon. V, 4]
....Un corbeau Tout à l'heure annonçait malheur à quelque oiseau [LA FONT., Fabl. IX, 2]
Et des affreux corbeaux les noires légions Fendent l'air qui frémit sous leurs longs bataillons [DELILLE, Géorg. I]
Se dit familièrement dans ce sens en parlant des personnes. Quel corbeau de mauvais augure !
Terme de chasse. Synonyme de corbine, corneille, choucas, crave, freux.
Autrefois, nom donné à des gens qui dans un temps de contagion enlevaient les pestiférés soit pour les porter à l'hôpital soit pour les enterrer.
J'entrai jusques au second étage, où je trouvai deux corps nus, étendus sur la table de la chambre ; alors je me retirai bien étonné, et en sortant je rencontrai des corbeaux qui me demandèrent ce que je cherchais [BASSOMPIERRE, Mémoires, 1723, in-12, t. I, p. 193 (Collection PETITOT, 2e série, t. XIX, p. 364).]
Populairement, nom qu'on donne quelquefois aux porteurs des morts. Ces dénominations viennent de ce que le corbeau recherche les corps morts pour s'en repaître. Nom donné quelquefois par dénigrement aux prêtres à cause de leurs vêtements noirs.
Terme d'astronomie. Constellation de l'hémisphère austral.
Terme d'architecture. Grosse console, moindre en hauteur qu'en saillie, dont l'usage est pour soulager la portée d'une poutre ; ces corbeaux sont quelquefois de fer.
Dans l'ancien art militaire, espèce de grappin et de pont volant.
Les Romains suppléèrent à cet inconvénient [la supériorité des Carthaginois dans la manœuvre des vaisseaux] par une machine qui fut inventée sur-le-champ et que depuis on a appelée corbeau, par le moyen de laquelle ils accrochaient les vaisseaux des ennemis, passaient dedans malgré eux et en venaient aussitôt aux mains [ROLLIN, Hist. anc. t. I, p. 311, dans POUGENS]
Terme de pêche. Corbeau de mer. Poisson qui a le dos bleu, le ventre blanc, les côtés rouges, et la tête fort grande.

PROVERBE

    Nourris un corbeau, il te crèvera l'œil, c'est-à-dire souvent le mal est rendu pour le bien.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    E j'arai cumanded à corps que la vitaille te truissent e guarisum [, Rois, 310]
  • XIIIe s.
    De Renart, si comme il conchia le corbel du fromage [, Ren. 7186]
    D'un leu [loup] cunte, ki vint jadiz Où uns corbiaus s'esteit assiz Desour le dos d'une berbiz [MARIE, Fabl. 50]
    Je ne sai s'en [si on] apelle potences ou corbiaus, Qui soustiennent leurs cornes [de la coiffure des femmes], que tant tiennent à biaus ; Mès tant os-je bien dire que sainte Elizabiaus N'est mie en paradis pour porter tiex borriaus [J. DE MEUNG, Test. 1268]
  • XIVe s.
    Ensi com je quidoie au palais retourner, Vinrent doy noir corbant mon corps avironner [, Beaud. de Seb. III, 363]
    Et la tor est quarrée et lée ; De sus par est si bien ornée ; La coverture et li corbel Furent moult orgueillox et bel [, Blanchandin, ms. de St-Germain, f° 178, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Venitiens à Trevy font posade, Comme corbeaulx dormans sur la charoigne [J. MAROT, V, 100]
    Nul lait noir, nul blanc corbeau [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 173]
    De mauvais corbeau mauvais œuf [OUDIN, Curios. fr.]
    Mourut aussi de la maladie.... Rosée, procureur en la cour, et fallut pour l'enterrer envoyer querir des corbeaux à Paris [L'ESTOILLE, Journal du règne de Henri IV, La Haye, 1741, t. III, p. 383, année 1606]
    Il n'est loisible à un voisin mettre ou faire mettre et asseoir les poultres de sa maison dedans le mur moitoyen d'entre luy et son voisin, sans y faire ou faire faire ou mettre jambes parpaignes ou chesnes et corbeaux suffisans de pierre de taille pour porter les dittes poultres [, Coust. génér. t. I, p. 35]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, corbin ; wallon, coirbâ ; du latin corvellus, diminutif de corvus, dont le radical cor se trouve dans le terme grec, cor-nix ; sanscr. kârava ; mots qui ont une ressemblance frappante avec l'hébreu harab, corbeau. Dans le vieux français, au nominatif singulier, li corbels ou li corbaus ; au régime, le corbel. Le primitif corb ou corp se trouve dans l'ancien français.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CORBEAU. Ajoutez :
    Cépage de la Savoie, [, les Primes d'honneur, p. 660, Paris, 1874]

corbeau

CORBEAU. n. m. Gros oiseau carnassier, du genre des Corvidés, de la famille des Passereaux, à plumage noir, et qui vit ordinairement de charognes. Noir comme corbeau. Le croassement des corbeaux. Servir de pâture aux corbeaux.

Par analogie, il désigne d'autres oiseaux. Corbeau de mer, Cormoran. Corbeau blanc, Sorte de vautour.

Par extension il se dit du Genre des Corvidés auquel appartiennent aussi le choucas, la pie, etc.

Par analogie, en termes d'Arts, CORBEAU désigne Toute pièce de bois et surtout de pierre destinée à porter une charge. Corbeau de fer, Morceau de fer scellé dans la muraille et qui sert à soutenir une pièce de bois sur laquelle portent les solives.

corbeau

Corbeau, com. Qu'on dit aussi Corbin, c'est une espece d'oiseau de noir pennage assez cogneu, Coruus.

¶ Corbeau aussi en fait de bastimens, est une grosse pierre de taille, saillant de la muraille pour soustenir les trefs, ou poultres par les bouts.

Un corbeau d'eau, Phalacrocorax.

Crier comme le corbeau, Crocire, Crocitare.

L'esmeut d'un corbeau, Corui excrementum.

La voix du corbeau, Crocitus, Crocitatio, Crocatio.

Qui est d'un corbeau, Coracinus, Coruinus.

Couleur de corbeau, Coracinus color.

¶ Une pierre qu'on appelle Corbeau, sortant de la muraille pour soustenir une poultre, Mutulus.

corbeau


CORBEAU, s. m. [Korbo, 2e dout. au sing. lon. au plur. corbeaux; on a écrit aûtrefois courbeau.] Grôs oiseau, d'un plumage noir, qui vit ordinairement de charogne. "Noir comme un corbeau: croassement des corbeaux. "Être la pâture des corbeaux. = Figurement, en temps de contagion, on apèle corbeaux ceux qui enlèvent les pestiférés, ou pour les porter à l'Hôpital, ou pour les enterrer.
   CORBEAU (Architectûre.) Pierre ou pièce de bois mise en saillie pour soutenir une poûtre. — Corbeau de fer, qui sert à soutenir une pièce de bois sur laquelle portent les solives.

Traductions

corbeau

Rabe, Kräheraven, crowraaf, kraai, zwartekraai, kraagsteen [bouw], onheilbrenger, schrijver van anonieme brievenעורב (ז), עוֹרֵבcorbkrage, ravnkorako, korvocuervohollóhrafncorvocorax, corvuscorvoворонkråka, korpκόρακας, Κόραξ, κοράκιغُرابٌ أَسْوَدhavrankorppigavranカラス큰까마귀ravnkrukนกขนาดใหญ่จำพวกกาkuzguncon quạ大乌鸦烏鴉 (kɔʀbo)
nom masculin pluriel corbeaux
oiseau noir

corbeau

[corbeaux] (pl) [kɔʀbo] nm
(= oiseau) → crow
(fig) (= auteur de lettres anonymes) → poison-pen letter writer