cordial, ale

CORDIAL, ALE

(kor-di-al, a-l') adj.
Terme de médecine. Réconfortant. Potion cordiale. Des remèdes cordiaux.
Afin d'augmenter la gaieté de nos repas indiens par ces douces et cordiales productions de l'Europe [BERN. DE S.-P., Paul et Virginie, p. 102]
Substantivement. Les cordiaux, médicaments qui ont la propriété d'augmenter promptement la chaleur générale du corps et l'action du cœur et de l'estomac.
Avait-elle rempli cette boîte pour son époux de cordiaux achetés du fruit de ses épargnes ? [CHATEAUB., Génie, I, V, 11]
Fig. Qui est dévoué de cœur, qui vient du cœur. C'est un ami cordial. Son accueil fut très cordial.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Chascun pleure sa terre et son païs, Quant il se part de ses coraux amis [, Couci, XXIV]
  • XIIIe s.
    Tu ne leur dois mie estre si tendrement coreux, Que tu en entroblies les poures langoreux [J. DE MEUNG, Test. 382]
  • XVIe s.
    La cordiale affection de laquelle tousjours ha chery ses subjectz [RAB., Garg. I, 31]
    Une opiatte cordialle [ID., Pant. V, Prol.]
    Il les a voulu amener à une droite repentance et cordiale, se monstrant si humain envers eux [CALV., Instit. 483]
    Ce ne sont pas tant remedes pour adoucir le mal que venins arrousez de miel, afin de n'offenser point trop par leur rudesse le premier goust, ains tromper et entrer aux parties cordiales avant qu'estre sentuz [ID., ib. 499]
    Une crainte cordiale de son nom [de Dieu] [ID., ib. 609]
    Il ne s'y doit ouir autres prieres que cordiales [ID., ib. 708]
    La façon de prier doit provenir d'un desir cordial [ID., ib. 677]
    Vin blanc ou eaux cordiales. - Luy sera appliqué sur la region du cœur un epitheme cordial [PARÉ, IX, 24]
    Attendu que par crainte ilz decernent de mesmes choses qu'ils feroient par vraye et cordiale amitié [AMYOT, Démétr. 40]
    La modestie, la recognoissance cordiale et serieuse de son peu est un bon tesmoignage de bon et sain jugement [CHARRON, Sagesse, p. 233, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. et espagn. cordial ; ital. cordiale ; du latin cor, cordis, cœur. L'ancien français disait coral et non cordial. Pourtant cordial se trouve dans cordialment dès le XIVe siècle.