corne


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corne

n.f. [ lat. cornu ]
1. Excroissance dure et pointue poussant sur la tête de certains mammifères : Les cornes des bovidés sont creuses.
2. Organe corné poussant sur le museau du rhinocéros : Les rhinocéros ont une ou deux cornes.
3. Organe pair dont la forme évoque une corne ; toute protubérance sur la tête, le front d'un animal : L'escargot rentre ses cornes. Les cornes d'un hanneton antenne
4. Attribut que l'on prête traditionnellement à certains êtres, certains personnages fabuleux : Les satyres, le diable sont représentés avec des cornes.
5. Matière dure dont sont constituées les cornes des ruminants et qui est utilisée dans l'industrie ; partie dure du pied des ongulés : Des boutons, un peigne en corne.
6. Callosité de la peau : Avoir de la corne sous la plante des pieds.
7. Partie saillante, pointue d'une chose : Les cornes de la lune. Croquer dans la corne d'un croissant.
8. Pli fait au coin d'un papier, d'un carton : Marquer une page en faisant une corne.
9. Trompe sonore faite à l'origine d'une corne d'animal.
Corne d'abondance,
corne d'où s'échappent des fruits, des fleurs, symbole de la richesse de la nature.
Corne de brume,
instrument qui émet des signaux sonores par temps de brume, à bord d'un navire.
Corne de gazelle,
petit gâteau oriental en forme de croissant de lune.
Porter des cornes,
Fam. en parlant d'un mari, être trompé.
Prendre le taureau par les cornes,
s'attaquer résolument à une difficulté.

CORNE

(kor-n') s. f.
Terme d'histoire naturelle. Nom d'éminences coniques et dures qui naissent sur le front des ruminants, sur le nez du rhinocéros. Les bêtes à cornes, les bœufs, les vaches, les chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes.
Son front large est orné de cornes menaçantes [RAC., Phèd. V, 6]
Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles, Craignit que quelque inquisiteur N'allât interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles [LA FONT., Fabl. V, 4]
On les fera passer [les oreilles du lièvre] pour cornes, Dit l'animal craintif, et cornes de licornes [ID., ib.]
Fig. Attaquer, prendre le taureau par les cornes, entamer une affaire par le côté le plus difficile, et aussi attaquer en face les difficultés. Montrer les cornes, se mettre en état de défense.
M. de Fréjus commença, tout petit garçon qu'il était encore, à montrer les cornes au cardinal de Noailles [SAINT-SIMON, 450, 38]
Lever les cornes, se mettre en état d'agir contre son supérieur. Terme de vétérinaire. Catarrhe des cornes, affection de la membrane muqueuse des sinus frontaux du bœuf, caractérisée par l'inflammation et une sécrétion abondante de mucosités. Fig. Les cornes lui en sont venues à la tête, il en a été tout surpris. Il est aussi étonné que si les cornes lui venaient à la tête, se dit pour exprimer l'étonnement d'un homme pour quelque nouvelle, quelque événement.
Contez cela au coadjuteur pour lui faire venir des cornes à la tête [SÉV., 161]
Faire les cornes à quelqu'un, faire avec les doigts disposés de manière à représenter des cornes, un geste qui est un geste de raillerie et injurieux. On dit aussi dans le même sens : montrer les cornes. Mettre des cornes à un enfant qui ne sait pas ses leçons, qui fait mal ses devoirs, lui placer derrière les oreilles des feuillets de papier roulés en forme de cornes.
Je n'ai dormi qu'un moment, Et voilà son rudiment, Le coquin m'en fait des cornes [BÉRANG., Me d'école.]
Fig. Porter des cornes, avoir des cornes, être trompé par sa femme, par allusion sans doute aux cornes, symbole de moquerie.
Cocu de long et de travers, Sot au delà de toutes bornes, Comment te plains-tu de mes vers, Toi qui souffres si bien les cornes ? [MALH., IV, 15]
Je ne veux point porter des cornes, si je puis [MOL., Éc. des maris, I, 2]
Voilà un hardi maraut de vouloir planter des cornes à Jupiter [D'ABLANCOURT, Lucien, t. I, dans RICHELET]
Une femme qui ait déjà planté cornes au front de son mari [VOLT., Phil. III, 329]
Attribut que la mythologie donnait aux représentations des fleuves et aux satyres.
Qui n'a vu dessous leurs combats Le Pô mettre les cornes bas ? [MALH., IV, 5]
Attribut que la légende chrétienne a donné aux diables. Le diable et ses cornes.
Le Tasse, en donnant des cornes à Satan, l'a rendu presque ridicule [CHATEAUB., Génie, II, V, 9]
Fig.
Voilà qui fut fait, je lui trouvai des cornes [je le trouvai laid] [SÉV., 233]
Il mangerait le diable et ses cornes, se dit l'un grand mangeur.
Corne de cerf, le bois du cerf lorsqu'il est employé dans les arts.
Qui croirait avilir l'honneur de ses châteaux, Si de cinquante cerfs les cornes menaçantes N'ornaient pompeusement ses portes triomphantes ? [DELILLE, Homme des champs, I]
Terme de vénerie. Corne, la tête du chevreuil. Corne de narval ou de licorne de mer, dont conique, droite et longue de la mâchoire supérieure d'un cétacé. Terme de pathologie. Cornes cutanées, productions morbides qui s'observent chez l'homme, surtout chez les vieillards, à la face, aux mains et aux autres parties du corps habituellement découvertes.
Substance compacte, blanchâtre ou noirâtre, terne ou luisante, dure ou molle, qui revêt ordinairement des parties du corps de certains animaux. La partie dure qui est aux pieds du cheval, de l'âne, etc.
Voyant son maître en joie, il [l'âne] s'en vient lourdement, Lève une corne tout usée, La lui porte au menton fort amoureusement [LA FONT., Fab. IV, 5]
Substance cornée. Tabatière, peigne de corne.
L'autre [porte des enfers] est faite de corne, et du sein des lieux sombres Elle donne passage aux véritables ombres [DELILLE, Énéide, VI]
C'est de la corne, se dit d'une viande qui est dure.
Nom de différents ustensiles. Corne d'amorce, corne de bœuf façonnée en étui et renfermant de la poudre. Terme de jeux. Tenir la corne, avoir les dés et jouer pour son compte. Corne est ici pour cornet. Terme de vétérinaire. Donner un coup de corne à un cheval, le saigner au palais avec une corne de cerf ou de chevreuil dont le bout est pointu et affilé. Il n'a pas besoin qu'on lui donne un coup de corne pour avoir de l'appétit, se dit d'un homme qui mange de grand appétit. Petite palette en corne, dite aussi chausse-pied, dont on se sert pour mettre ses souliers. Instrument à vent, dont se servent les vachers et qui est ordinairement fait d'une corne.
Les Romains se formaient en bataille aux éclats de la corne et du lituus [CHATEAUB., Mart. 193]
Appendice assimilé à une corne. Petites touffes de plumes qui sont sur la tête du duc, sorte d'oiseau de nuit. Éminences pointues que le céraste d'Égypte [serpent] porte au-dessus de chaque œil. Prolongement qui surmonte la tête ou le corselet de divers insectes. Ce cerf-volant a de belles cornes. Pédicules qui supportent les yeux des limaçons. Les limaçons montrent leurs cornes.
À peine étais-je assis sur une de ces bornes Que deux gros limaçons me présentent les cornes [BOURSAULT, Merc. gal. III, 4]
Terme de botanique. Appendices qui naissent sur la fructification de certains cryptogames. Éperons de certaines fleurs. Terme d'anatomie. Nom de diverses parties plus ou moins saillantes à la surface des organes dont elles dépendent. Les cornes de l'os hyoïde. Les cornes de l'utérus.
Terme du langage poétique. Corne d'abondance, corne de la chèvre Amalthée, nourrice de Jupiter, de laquelle il avait voulu, pour récompense, qu'il sortît sans cesse une abondance de toutes sortes de biens.
Il le dépeignait tenant en main la corne d'abondance [FÉN., Tél. XI]
D'augustes déités Qui viennent sur les pas de la belle espérance Verser la corne d'or où fleurit l'abondance [A. CHÉN., 36]
Corne d'or ou d'abondance. On nommait ainsi autrefois le port de Constantinople, parce que le commerce y transportait tous les produits de l'univers.
Angle saillant et recourbé comme une corne. Les cornes d'un autel antique. Les cornes de la charrue, nom donné au manche de la charrue, parce qu'il présente en effet deux bâtons qui vont en s'écartant l'un de l'autre comme des cornes.
Nouveau Cincinnatus, on l'a vu [M. Lullin de Châteauvieux] tenir alternativement les rênes du gouvernement et les cornes de la charrue [BONNET, Usage des feuilles, 5e mém.]
Chapeau à trois cornes, chapeau dont le bord a été relevé en trois parties, de manière à présenter trois pointes ou cornes. Il n'est guère en usage que chez les ecclésiastiques. Dans le chapeau d'ordonnance qu'on nomme souvent à trois cornes par suite d'anciennes habitudes, une des cornes s'est aplatie et a disparu ; il n'en reste vraiment que deux.
Le capuce et la toque à trois cornes Ont extorqué des hommages sans bornes [VOLT., P. diable]
Corne ducale, bonnet que portait le doge de Venise et qui avait une pointe arrondie sur le derrière. Faire une corne à un livre, y faire une marque en pliant le coin d'une page. Cornes du croissant de la lune, les parties du croissant qui sont tournées vers la région du ciel opposée au soleil.
Voilà deux grandes cornes [le Péloponnèse et l'Égypte] arrachées au croissant des Turcs [VOLT., Lett. à Cath. 45]
Terme de marine. Corne d'artimon, vergue qui porte la voile du mât de ce nom. Terme de géographie. Sommet anguleux d'une montagne, dit aussi aiguille et dent.
10° Terme de fortification. Ouvrage à cornes, pièce extérieure, dont la tête est fortifiée de deux demi-bastions, joints par une courtine, et fermés de deux côtés par deux ailes parallèles l'une à l'autre.
Prendre les dehors du plus bel ouvrage à cornes [SÉV., 301]
C'est la prise d'un ouvrage à cornes [ID., 472]
11° Terme d'architecture. Corne d'abaque, encoignure du tailloir des chapiteaux corinthiens. Corne de bélier, ornement qui sert de volute au chapiteau ionique composé. Corne de vache, espèce de voûte, en cône tronqué. Maison corne en coin, maison mal orientée.
12° Terme de botanique. Corne de cerf, nom vulgaire de la sénebière corne de cerf et du plantain.
13° Corne d'Ammon, genre de coquillage fossile, en forme de corne de bélier. Voy. AMMON.
14° Terme de métiers. Éminence qui dépasse le rebord d'un réchaud. Nom de plusieurs outils de tonnelier et de charron. Raie blanche sur la tranche de cuir indiquant qu'il a été mal tanné.

PROVERBES

  • Il entend de corne, il a mangé de la vache, se dit de quelqu'un qui a mal entendu.
  • On prend les hommes par les paroles et les bêtes par les cornes.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Je dis as mesfaisanz : ne voilez [veuillez] exalcer la corne [, Liber psalm. p. 100]
    Si ad enpaint Reinalt qu'ariere rehusa [recula], E le corn del mantel hors des mains li sacha [, Th. le mart. 148]
    Sedechias, li fiz Chanaa, se fist cornes de fer, si dist.... [, Rois, 335]
    E Sadoc prist une corne à ulie [huile] del tabernacle, e enuinst à rei Salomun [, ib. 225]
  • XIIIe s.
    [La mitre] a deux cornes, dont l'une senefie confession et l'autre satisfacion [, Chron. de Rains, p. 105]
    Jehan le Ermin, qui estoit artillier le roy, ala lors à Damas pour acheter cornes et glus pour faire arbalestres [JOINV., 258]
    Belin [le bélier] s'esmuet de grant ravine ; Quant vint au leu [loup], ses cornes cline [, Ren. 6428]
    Et Turc aux ars de cor les vont bien destruisant [, Chanson d'Antioche, t. I, p. 31]
  • XIVe s.
    Item un arc de cor d'arbaleste ou prix de vingt sols [DE LABORDE, Émaux, p. 223]
    Arbalestes de cor et d'if [ID., ib.]
  • XVe s.
    Les dames et damoiselles menoient grands et excessifs estats, et cornes merveilleuses hautes et larges, et avoient de chascun costé en lieu de bourleis deux grandes oreilles si larges que, quand elles vouloient passer l'huys d'une chambre, il falloit qu'elles se tournassent de costé et baissassent, ou elles n'eussent pu passer [JUVÉNAL DES URSINS, Hist. de Charles VI, p. 336, dans LACURNE]
    Et eurent les Anglois sur corne [furent battus] [, Vigiles de Charles VII, t. II, p. 97, dans LACURNE]
    Pour bailler aux Anglois sur corne [, ib. p. 57]
    Et elle, qui fut tant esbahie que se cornes lui fussent venues, de primesaut ne sut que repondre [LOUIS XI, Nouv. XXX]
  • XVIe s.
    Plusieurs garçons lui faisoient des cornes par derriere, en signe de moquerie [MARG., Nouv. III]
    Afin que, quand vos maris vous donneront les cornes de chevreuil, vous leur en donniez de cerf [ID., ib. III]
    On veoit croistre la nuict des cornes à tel qui ne les avoit pas en se couchant [MONT., I, 92]
    S'humilier et baisser les cornes [ID., II, 227]
    Des couppes d'argent, des tasses et gobelets faits en forme des cornes d'abondance [AMYOT, P. Aem. 55]
    Suivoient six vingt bœufs gras et refaicts, ayans toutes les cornes dorées et les testes couronnées de festons [ID., ib. 56]
    Et la recueille lon ne plus ne moins qu'une rosée dedans la corne du pied d'un asne, pour ce qu'il n'y a autre sorte de vaisseau qui la puisse contenir [ID., Alex. 123]
    Le mareschal d'Aumont faisoit la corne [l'aile] gauche, aiant à chacun de ses estriers un regiment françois [D'AUB., Hist. III, 229]
    Il se sent tant mon obligé, que c'est pour l'amour de moy qu'il porte cette corne de cheveux [D'AUB., Conf. II, 1]
    Les elephans, estant irrités, chargent les hommes sur leurs cornes, et les jettent si haut, que.... [PARÉ, Animaux, 13]
    La corne-de-cerf, le cerfeuil, le nazitor ou cresson alenois, et autres menues herbes [O. DE SERRES, 536]
    Nous fismes une autre grande attaque, en la quelle nous ecornasmes la moitié de la corne [BASSOMPIERRE, Mém. t. II, p. 234, dans LACURNE]
    Doncq quel proufit vient il à l'humain gendre [au genre humain] Dessus son chief les cornes d'orgueil prendre ? [, Les triomphes de Pétrarque, trad. par le baron D'OPEDE, f° 97, dans LACURNE]
    Bœufs portent cornes, et veaux cornettes [DES ACCORDS, Bigarr. f° 48, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. cone ; wallon, coine ; provenç. corn ; espagn. cuerno ; ital. corno ; du latin cornu; allem. Horn. On remarquera dans l'historique, arc de cor : c'est un arc fait de deux cornes reliées par le milieu avec du bois d'if ; que cor puisse provenir de cornu, c'est ce que prouvent les cors du cerf.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CORNE. Ajoutez :
    15° Synonyme de croissant, petit pain ou gâteau ainsi nommé pour sa forme.
    16° Nom donné dans le Midi aux bras principaux de la vigne, sur lesquels naissent les sarments fructifères.
    La Corne (avec un grand C) se dit de certains caps.
    Constantin qui rendit si célèbre par tout l'univers le golfe de la Corne d'or [, Journ. offic. 13 oct. 1874, p. 7001, 2e col.]

CORNE2

(kor-n') s. f.
Le fruit du cornouiller, dit aussi cornouille.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Cornes sont froides et sekes ; mais quant eles sont bien meüres, si ne sont pas si froides [ALEBRANT, f° 56, verso.]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. CORNOUILLE.

corne

CORNE. n. f. Excroissance pointue et dure qui surmonte la tête des ruminants et de quelques autres animaux. Corne de taureau, de vache, de bélier, de daim, de licorne, de narval, de rhinocéros, etc. Un taureau qui donne, qui frappe de la corne. Le bélier heurte de ses cornes. Prendre, saisir, attacher une bête par les cornes. On dit aussi Les cornes du diable.

Il se dit, par extension, des Ouvrages faits en corne. Peigne de corne. Manche de corne.

Il se dit spécialement d'un Instrument à vent, appelé aussi CORNET et ordinairement fait d'une corne. Il se dit aussi de la Moitié d'une corne coupée dans sa longueur et dont on se sert pour relever ou maintenir le quartier d'un soulier.

Bêtes à cornes, se dit seulement des Boeufs des vaches et des chèvres, par opposition aux brebis et aux moutons. Un troupeau de bêtes à cornes.

Fig. et fam., Attaquer le taureau, la bête par les cornes, prendre le boeuf par les cornes, Entamer une affaire par le côté le plus difficile.

Fig. et fam., Montrer les cornes, Se mettre en état de se défendre.

Fig. et fam., Il mangerait le diable et ses cornes, se dit d'un Grand mangeur.

Fig. et fam., Porter les cornes, avoir des cornes, se dit d'un Mari trompé ou d'une Femme dont le mari est infidèle.

Fam., Faire les cornes à quelqu'un, Faire par dérision avec deux doigts un signe qui représente des cornes. Il lui fit les cornes.

Corne d'abondance. Voyez ABONDANCE.

Corne de cerf, Le bois du cerf, lorsqu'il est employé dans l'industrie. Un couteau emmanché de corne de cerf. De la raclure de corne de cerf. De la gelée de corne de cerf.

Corne-de-cerf, en termes de Botanique, est le Nom de diverses plantes, et particulièrement d'une Variété de Cochléaria, de la famille des Crucifères, dont les feuilles sont divisées à peu près comme le bois du cerf, et aussi d'une Espèce du genre Plantain.

En termes de Conchyliologie, Cornes d'Ammon, Genre de coquilles fossiles qui ressemblent à des cornes de bélier et qu'on nomme plus ordinairement AMMONITES.

En termes d'Anatomie, il se dit de Certaines parties du corps humain qui ressemblent à des cornes. Les cornes de la matrice, du larynx.

Il désigne aussi la Partie dure qui est au pied du cheval, du mulet, de l'âne, etc. Dans ce sens, il ne se dit qu'au singulier. Ce cheval est difficile à ferrer, il a la corne ferme, dure, molle, sujette à s'éclater.

Il se dit, par analogie, de Certaines pointes que les limaçons, quelques serpents et quelques insectes portent sur la tête. Les limaçons montrent leurs cornes, resserrent leurs cornes. Les cerfs-volants ont des cornes.

Il se dit, par extension, des Pointes, des angles saillants que présentent certains objets. Les cornes d'un croissant. Chapeau à cornes. On appelait cornes les crêtes dont étaient surmontés les anciens bonnets carrés. Bonnet à trois cornes, à quatre cornes.

Faire une corne à un livre, à un feuillet, etc., Plier le coin, l'angle d'un feuillet, dans un livre, pour marquer l'endroit qu'on veut retrouver. On dit de même Faire une corne à une carte, etc.

En termes de Fortification, Ouvrage à cornes, Ouvrage avancé hors du corps de la place et qui consiste en une courtine et en deux demi-bastions.

En termes de Marine, Corne d'artimon, Sorte de vergue qui embrasse l'arrière du mat d'artimon par une entaille en croissant faite à son gros bout et qui porte la voile d'artimon.

corne

CORNE. n. f. Synonyme de CORNOUILLE.

corné

CORNÉ, ÉE. adj. Qui est de la nature de la corne ou Qui a l'apparence de la corne. Substance dure et cornée. Tissu corné, Celui qui forme les ongles.

corne

Corne, Est l'excrement durci de matiere d'ongle, qui vient aux testes et pieds des bestes brutes. Cornu, duquel mot Latin il est tiré, tout ainsi que le Latin de kéras Grec, et cestuy de Keren Hebrieu escrit par six points. Selon ce on dit, Il heurte de la corne, prens garde à toy. Cornu ferit ille caueto. Virgil. Et il a la corne esclatant. Fragili cornu praeditus est. Ce qu'on dit des chevaux clairs allezans: Mais on use plus du mot de pied en telles bestes chevalines. Vngula equina. Pl. disant: Il a le pied bon: ou bien on y adjouste cette diction Pied: comme, Il a la corne du pied dure, bonne, ou mauvaise. Et pource que les cornes aux bestes aumailles sont leurs armes offensives, et leur orgueil, le François dit metaphoriquement, haulser ou lever la corne, pour orgueillir, entrer en superbe et haulserie. Dont la raison est, de ce que la beste qui se meut pour chocquer de ses cornes, levant la teste haut, est dite haulser ou lever ses cornes. Superbia efferri, Insolescere. Phrase fort commune és livres de l'ancien Testament. Mais en pluriel Cornes est un mot vitupereux et d'impropere: Car il se prend (et metaphoriquement) pour Cocuage. Si fait-il en Italien et en Espagnol, quand l'un dit, Piantar le corna ad alcuno, et l'autre, Hazer cuernos.

Cornes recoquillées en dedans, Inflexa in se cornua, vel in anfractum conuoluta.

Cornes de cerf semblables à arbres, Arborea cornua cerui, vel ramosa, Que les veneurs appellent Rameure, Virg. 7. eglog.

Beste qui n'a qu'une corne, Vnicornis.

Qui a deux cornes, Bicornis.

Qui a trois cornes, Tricornium, tricornij: et hic, et haec Tricornis, et hoc tricorne.

Quatre petites cornes, Quadrigemina cornicula.

Ayant les cornes noires, Nigricantibus cornibus.

Qui a les pieds de cornes, comme les chevres, Cornipes.

Semblables à couleur de cornes, Corneus color.

Presenter les cornes pour frapper, Cornua obuertere alicui.

Heurter des cornes, Arietare.

La corne d'abondance, Cornucopiae.

Corne qui porte medecine, Praeditum medicamentis cornu.

Dur quasi comme corne, Corneolus.

Devenir dur comme corne, Se r'acornir, Cornescere.

Qui est de corne, Corneus.

La corne du pied d'une beste, Vngula.

¶ Une herbe qu'on appelle corne de cerf, Pes milui.

corne


CORNE, s. f. [2e e muet.] Partie dûre, qui sort de la tête de quelques animaux, et qui leur sert de défense et d'ornement. — On apèle aussi corne, la partie dûre qui est au pied du cheval, du mulet, de l' âne, etc. En ce sens, il ne se dit qu'au singulier. Ce cheval a la corne bone, ou mauvaise; dûre, ou molle, sujette à s' éclater, etc. = Au pluriel, on le dit de certaines pointes que les limaçons, quelques insectes, et quelques serpens, portent sur la tête. Les limaçons montrent, ou resserrent leurs cornes.
   On dit, en style proverbial, d'un homme surpris d'un évènement auquel il ne s'atendait pas, qu'il en est aussi étoné que si les cornes lui étaient venues à la tête. — On dit aussi, entendre de corne, c. à. d., tout de travers. — On dit encôre, d'une chôse très-dûre, c' est de la corne, aussi dur que de la corne. — Faire les cornes à quelqu'un; faire, par dérision, avec deux doigts, un signe, qui représente les cornes. — Montrer les cornes, se mettre en état de se défendre. = Le proverbe dit: On prend les hommes par les paroles, et les bêtes, par les cornes. — Corne d'abondance, attribut de Cérès. V. TROMPER.

Synonymes et Contraires

corne

nom féminin corne
Sommet anguleux.
Traductions

corne

Horn, Hupe, Eselsohrhorn, corn, antlerhoorn, toeter, eelt(plek), ezelsoor [boek], hoornschoen [hoef], spriet, uitstekende punt/hoek, voelhoorn, tuit, oor, claxonקרן (נ), קֶרֶןhoringbanya, corn, trompakornoclaxon, cuerno, bocinakürttandukróghorn, bilhornboynuzрог, рожок, гудокcornoبُوْق, قَرْنklakson, rohhornκέρατο, κόρναsarvirogovlje, truba경적, 뿔hornbuzina, chifreเขาสัตว์, แตรkèn báo hiệu, sừng喇叭, (kɔʀn)
nom féminin
1. partie dure et pointue sur la tête de certains animaux les cornes d'une vache
2. peau dure avoir de la corne sous les pieds

corne

[kɔʀn] nf
[animal] → horn; [cerf] → antler
[peau] → callus
corne d'abondance nfhorn of plenty
corne de brume nf (NAVIGATION)foghorn