correct, ecte

CORRECT, ECTE

(ko-rrèkt, rrè-kt' ; le ct se prononce ; Chifflet, Gramm. p. 208, l'indique dans le XVIIe s. ; le pluriel se prononce comme au singulier : des auteurs corrects et élégants, dites : des auteurs ko-rrè-kt et élégants ; mais comment faudrait-il prononcer : ô vous corrects auteurs... ? ko-rrè-kt-z auteurs serait bien dur ; ko-rrè-kt auteur serait le plus conforme aux anciennes habitudes ; mais la prononciation la meilleure serait de prononcer corrects comme respects, c'est-à-dire co-rrè, comme rè-spè) adj.
Qui a de la correction, c'est-à-dire une forme exacte et pure. Copie, écriture correcte. Dessin correct. Un peintre correct.
Boileau, correct auteur de quelques bons écrits [VOLT., Ép. XCV]
Il est aisé d'être plus correct que Fénelon, mais il est difficile de penser mieux que lui [CONDILLAC, Art d'écrire, III, 2]
Quinault, méprisé par Despréaux si injustement, est non-seulement le plus naturel et le plus tendre de nos poëtes, mais le plus pur et le plus correct de tous [D'ALEMB., Dial. poésie et philos. t. IV, p. 168, dans POUGENS.]
Conforme aux règles. Phrase, locution correcte.
Adverbialement.
Il faut parler correct [SÉV., 560]
Cette phrase de Mme de Sévigné paraît une imitation de Rabelais.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Vous parlez à ceste heure correct, ainsy parlans, jamais ne serez hereticques [RAB., Pant. V, 8]
    Il voulut aussi avoir l'Iliade d'Homere de la correction d'Aristote, que l'on appelle la correcte, comme ayant passé soubs la verge [AMYOT, Alex. 10]

ÉTYMOLOGIE

  • Latin correctus, part. passé de corrigere ; ital. corretto (voy. CORRIGER).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CORRECT. Ajoutez :
    Fig. Il se dit des personnes.
    Si le cœur était faux et l'âme peu correcte, le jugement était nul [SAINT-SIMON, t. V, p. 94, éd. Chéruel.]
    On le dit aussi des actions au sens moral. Conduite correcte.