corrompu, ue

CORROMPU, UE

(ko-ron-pu, pue) part. passé de corrompre
Gâté, détruit. Tout le pays ayant été corrompu par l'ennemi qui battait en retraite. Peu usité en ce sens.
Altéré, en parlant de langues, de textes, etc.
Il est étonnant que Belleau, Jodelle et Dubartas aient été sitôt suivis d'un Racan et d'un Malherbe, et que notre langue, à peine corrompue, se soit vue réparée [LA BRUY., I]
La critique qui restitue dans les auteurs les endroits corrompus, donne des éditions.... [D'ALEMB., Explic. syst. conn. hum. Œuvres, t. I, p. 335, dans POUGENS.]
Gâté par décomposition putride. De l'eau corrompue.
Un sang noir et corrompu coula de sa plaie [FÉN., Tél. X]
Dépravé. Des mœurs corrompues.
Je ne veux nulle place en des cœurs corrompus [MOL., Mis. I, 1]
Les hommes corrompus n'ont aucune pudeur, et ils sont toujours prêts à toutes sortes de bassesses [FÉN., Tél. XXIV]
Les illusions mêmes de l'amour se purifient dans un cœur chaste et ne corrompent qu'un cœur déjà corrompu [J. J. ROUSS., Hél. II, 27]
Leur religion est un mahométisme extrêmement corrompu par les superstitions indiennes [RAYNAL, Hist. phil. I, 8]
Séduit par argent. Une sentinelle ayant été corrompue laissa approcher les assaillants. On dit quelquefois substantivement. Un corrompu, les corrompus, les gens qui ont de mauvaises mœurs, et surtout les gens qui se laissent corrompre par l'argent, et, en politique, ceux qui par intérêt passent du côté du pouvoir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    CORROMPU.
    S. m. Un corrompu. Ajoutez :
    C'est le trait d'un corrompu.... de faire bonne mine, et tâcher de gratifier en paroles ceux qu'il ne peut contenter en effet [MALH., Lexique, éd. L. Lalanne]