coudre

(Mot repris de coudres)

coudre

v.t. [ lat. consuere ]
Joindre par une suite de points faits au moyen d'une aiguille et d'un fil, à la main ou avec une machine : Elle a cousu un écusson sur mon pull. Coudre les cahiers d'un livre.
v.i.
Effectuer des travaux de couture : Apprendre à coudre.
Machine à coudre,
machine réalisant mécaniquement la formation de points de couture.

coudre


Participe passé: cousu
Gérondif: cousant

Indicatif présent
je couds
tu couds
il/elle coud
nous cousons
vous cousez
ils/elles cousent
Passé simple
je cousis
tu cousis
il/elle cousit
nous cousîmes
vous cousîtes
ils/elles cousirent
Imparfait
je cousais
tu cousais
il/elle cousait
nous cousions
vous cousiez
ils/elles cousaient
Futur
je coudrai
tu coudras
il/elle coudra
nous coudrons
vous coudrez
ils/elles coudront
Conditionnel présent
je coudrais
tu coudrais
il/elle coudrait
nous coudrions
vous coudriez
ils/elles coudraient
Subjonctif imparfait
je cousisse
tu cousisses
il/elle cousît
nous cousissions
vous cousissiez
ils/elles cousissent
Subjonctif présent
je couse
tu couses
il/elle couse
nous cousions
vous cousiez
ils/elles cousent
Impératif
couds (tu)
cousons (nous)
cousez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais cousu
tu avais cousu
il/elle avait cousu
nous avions cousu
vous aviez cousu
ils/elles avaient cousu
Futur antérieur
j'aurai cousu
tu auras cousu
il/elle aura cousu
nous aurons cousu
vous aurez cousu
ils/elles auront cousu
Passé composé
j'ai cousu
tu as cousu
il/elle a cousu
nous avons cousu
vous avez cousu
ils/elles ont cousu
Conditionnel passé
j'aurais cousu
tu aurais cousu
il/elle aurait cousu
nous aurions cousu
vous auriez cousu
ils/elles auraient cousu
Passé antérieur
j'eus cousu
tu eus cousu
il/elle eut cousu
nous eûmes cousu
vous eûtes cousu
ils/elles eurent cousu
Subjonctif passé
j'aie cousu
tu aies cousu
il/elle ait cousu
nous ayons cousu
vous ayez cousu
ils/elles aient cousu
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse cousu
tu eusses cousu
il/elle eût cousu
nous eussions cousu
vous eussiez cousu
ils/elles eussent cousu

COUDRE1

(kou-dr') s. m.
Coudrier, noisetier.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Belles et droites vont les coudres croissant [, Ronc. p. 156]
  • XIIIe s.
    Desor une coudre menue [, Ren. 23912]
    Se l'execucion de mort a de quoi soldre, Lors en envoient l'ame en Dieu plus droit que coldre [J. DE MEUNG, Test. 1096]
    Et remirer ces biaus moriers [mûriers], Ces pins, ces codres, ces loriers [, la Rose, 1298]
  • XVIe s.
    Il avoit un coudre blanc en main avec un petit fusil [D'AUB., Faen. II, 10]
    Glands, fannes, cornouilles, cormes, couldres [noisettes], et semblables fruits bastards que les arbres sauvages produisent [O. DE SERRES, 336]
    Les barreaux sont de til [tilleul], et la perchette blanche Qui traverse la cage est d'une coudre franche [RONS., 736]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourg. queudre ; picard, keudre, caure ; Berry, coeudre ; normand, la coudre ; ital. córilo ; pays de Côme, cóler ; bas-lat. colrina, dans un texte du IXe siècle ; du latin corylus, noisetier.

COUDRE2

(kou-dr') , je couds, tu couds, il coud, nous cousons, vous cousez, ils cousent ; je cousais ; je cousis, nous cousîmes ; je coudrai ; je coudrais ; couds, cousons, cousez, qu'ils cousent ; que je couse, que nous cousions ; que je cousisse ; cousant ; cousu v. a.
Attacher au moyen d'un fil passé dans une aiguille. Coudre deux morceaux d'étoffe. Coudre une pièce à un vêtement. Coudre un bouton, un cahier.
La vieille crut qu'on pouvait sans dommages Du livre affreux détacher quelques pages ; Elle en prend quatre, et les coud proprement Pour relier un volume vivant [l'enfant de chœur dont la culotte était déchirée] [GRESSET, Lutrin viv.]
Absolument. Elle coud très bien.
Je l'ai vue heureuse et parée ; Elle cousait, chantait, lisait [BÉRANG., Jeanne la rousse.]
Et c'est assez pour elle, à vous en bien parler, De savoir prier Dieu, m'aimer, coudre et filer [MOL., Éc. des f. I, 1]
Fig. On ne sait quelle pièce y coudre, on ne sait quel remède y apporter. Coudre la peau du renard à celle du lion, joindre la ruse à la force.
Car, disait-il, partout où la peau du lion ne peut atteindre, il faut y coudre la peau du renard [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. IV, p. 77, dans POUGENS]
Vous savez coudre avec encor plus d'art Peau de lion avec peau de renard [LA FONT., Poésies mêlées, XLII, à Turenne.]
Par extension.
À sa naissance on le coud dans un maillot [J. J. ROUSS., Ém. I]
Terme de treillageur. Arrêter les parties d'un treillage en bois par des liens de fer. Terme de vannier. Lier les sarments avec de l'osier. Terme de pêche. Coudre un filet, joindre plusieurs filets de la même espèce pour en former un grand. Terme de marine. Coudre un bordage, le clouer sur les membres.
Fig. Assembler, mettre bout à bout.
Si l'on cousait ensemble toutes les heures que l'on passe avec ce qui plaît, l'on ferait à peine d'un grand nombre d'années une vie de quelques mois [LA BRUY., IV]
Assembler sans art.
Il croyait avoir tout sauvé en cousant à ses expressions le mot de sacramentel [BOSSUET, Var. 4]
De sorte que, pour ne point rompre le fil de la pièce, on s'avisa de les coudre au sujet du mieux que l'on put [MOL., Fâcheux, préf.]
Je ferais comme un autre, et, sans chercher si loin, J'aurois toujours des mots pour les coudre au besoin [BOILEAU, Sat. II]
Je sais coudre une rime au bout de quelques vers [ID., ib. VII]
Quand on ne s'applique qu'à des actions détachées, on coud des lambeaux qui ne sont point faits les uns pour les autres [FÉN., XXI, 39]
On leur apprend à coudre des phrases de Cicéron [J. J. ROUSS., Ém. II]
J'ai suivi leur projet quant à l'événement, Y cousant en chemin quelque trait seulement [LA FONT., Fabl. VI, 1]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Bele Yolans en ses chambres seoit, D'un bon samit une robe cosoit [, Romancero, p. 39]
    Bele Yolans en chambre coie Sur ses genouz pailes desploie, Cost un fil d'or, l'autre de soie [, ib. p. 53]
    Mere, de quoi me chastoiez ? Est-ce de coudre ou de tailler ? [, ib. p. 54]
    Adès senti les pointes li clers de la custure, Cum li saint le cusurent après la tailleüre [, Th. le mart. 168]
  • XIIIe s.
    Et fu li vaissiaus bien cousus et poiés, et fu assis en l'aigue [l'eau] [, Chron. de Rains, p. 95]
    Une meschine i troverez ; Jo quid ke vus la conustrez : à chandele cust la pucele [, Lai del desiré]
    Cele ki esveillée fu E le bliaut aveit cosu [, ib.]
    Un vermeil samit [elle] ot vestu, Estoit à las molt bien cosu [, Lai de Melion]
    Se aucuns cavatiers [savetier] mesprent en son mestier, si comme se il keust mauveisement un soulier ou de mauvais fil.... [, Liv. des mét. 233]
    Et pour ce qu'il convient que il taillent et cousent les robes aus haus homes aussi bien par nuit come par jour [, ib. 144]
    Ces povres chapes mau cozues [RUTEB., 256]
  • XVe s.
    Si l'emporterent entre leurs bras dedans la forteresse, et luy cousirent, banderent et appareillerent ses playes et le gouvernerent si bien qu'il guarit [FROISS., liv. I, p. 225, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Quand la peau du lion n'y peult fournir, disoit-il, il y fault couldre aussi celle du regnard [AMYOT, Lysand. 11]
    Ilz luy montroient leurs mains cousues à coups de flesches avec leurs pavois [ID., Crassus, 48]
    Ayant les cheveux et la barbe tous herissez et pouldreux, et le visage desfaict et cousu pour les ennuis qu'il avoit supportez [ID., Cicéron, 60]
    Il cousut celle pierre en sa ceincture, et puis nia qu'il l'eust prise [ID., Anton. 104]
    L'on couche le patient dedans l'une de ces auges, et puis le couvre l'on de l'autre, et les coust on l'une à l'autre [ID., Artax. 20]
    Toutes les deux trouppes se revinrent coudre ensemble ; et cette seconde meslée s'opiniastroit à bon escient, quand.... [D'AUB., Hist. I, 278]
    Peu de gens voulant coudre la besongne que cette chaude teste entreprenoit [ID., ib. I, 303]
    Tout cela combattoit cousu de façon que les testes des chevaux alloient jusques aux arçons des ennemis [ID., ib. II, 287]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, keûse, coudre, kosou, cousu ; namurois, keûze ; rouchi, keute ; saintongeois, coudut, cousu ; provenç. coser, cozir, cuzir ; catal. cosir ; espagn. coser ; portug. cozer ; ital. cucire ; bas-lat. cucire, dans les Gloses d'Isidore, de consuere de cum, avec, et suere, coudre (voy. SUTURE). La forme est très contracte, mais régulière : consúere, donne cou-re, et, par l'attraction de la dentale par l'r, coudre, puis dans les temps primitifs reparaît l's du radical : je cousais, je cousis.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    2. COUDRE. - ÉTYM. Ajoutez : Bas-lat. cum aco et filo cosis, cousu avec aiguille et fil, Ms. lat. d'Oribase, Suppl. latin, VIIe siècle.

coudre

COUDRE. (Je couds, il coud ; nous cousons. Je cousais. Je cousis. J'ai cousu. Je coudrai. Couds. Que je couse. Que je cousisse. Cousant. Cousu.) v. tr. Assembler deux ou plusieurs objets avec un fil passé dans une aiguille ou un autre instrument semblable. Coudre du linge. Coudre des boutons à un gilet. Coudre une pièce à un vêtement, à des souliers. Coudre des cahiers ensemble pour en faire un volume. Cela doit être cousu avec de gros fil, avec de la soie, etc. Coudre une plaie, les bords, les lèvres d'une plaie, pour qu'elle se ferme plus promptement. Absolument, Coudre proprement. Coudre dans du linge. Coudre à grands points, à points rabattus. Il s'est piqué en cousant. Coudre à la main. Coudre à la machine. Machine à coudre.

Il se dit quelquefois au figuré, surtout en parlant des Ouvrages de l'esprit. Cette étude n'est fuite que de citations cousues ensemble, d'emprunts mal cousus.

Fig. et fam., Des finesses cousues de fil blanc. Voyez FINESSE.

Fig. et fam., Bouche cousue, Gardez le secret, ne parlez point de cela, n'en dites mot. Faites ce qu'il vous plaira, mais surtout bouche cousue. On dit plus ordinairement et mieux Bouche close.

Fig. et fam., Être tout cousu d'or, Avoir beaucoup d'argent comptant, être fort riche.

Fig. et fam., Avoir le visage cousu, tout cousu de petite vérole, Avoir le visage fort marqué de petite vérole.

coudre

Coudre, Suere, Insuere. Semble qu'il vienne de Consuere.

Coudre l'un à l'autre, Assuere, Consuere.

Cousu, Sutus, Sutilis et hoc sutile.

coûdre


COûDRE, v. a. [L'ou est long devant l'e muet; il est bref devant la syll. masc. Cousant, je cousais, je coudrai, etc.] Je cous, tu cous, il coud (ou, je couds, etc. Acad.) Nous cousons; je cousais, je cousis (plus autorisé que je cousus, dit Restaut. L'Acad. met le premier,) j'ai cousu; je coudrai; coudrois; que je couse, je cousisse (préférable à je coussuse;) cousant, cousu, ûe. — Regnier des Marais se déclare pour je cousus, je coususse, et il a pour lui l'analogie, les aûtres verbes en oûdre, comme moûdre, résoûdre, ayant ce temps en us et en usse, je résolus, je moulusse. — Restaut, M. de Wailly, l'Acad., etc., sont pour je cousis, je cousisse: c'est le plus sûr.
   COûDRE; c'est joindre deux ou plusieurs chôses ensemble, avec du fil ou de la soie passés dans une aiguille, etc. Coûdre du linge, un habit, des cahiers, etc. — Il est quelque-fois neutre: Il coud bien, elle coud proprement, etc.
   COûDRE, s'emploie au figuré: Coûdre des passages: cinq ou six passages cousus ensemble faisaient tout son discours: "Si l'on cousoit ensemble toutes les heûres qu'on passe avec ce qui plaît, l'on feroit à peine, d'un grand nombre d'années, une vie de quelques mois. — Il n'est pas du style noble. "Ce n'étoit pas confesser la Trinité, que de l'expliquer de la sorte; c'étoit, comme dit St. Augustin, coûdre la Foi de la Trinité à ses inventions. Boss. — La citation d'un texte, dont on ne veut pas afoiblir l'énergie, fait passer de pareilles expressions.
   On dit proverbialement, d'un malheur arrivé, ou près d'arriver, qu'on ne sait quelle pièce y coûdre, quel remède y aporter. — Coûdre la peau du renard à celle du lion, la force à la rûse.
   COUSU, ÛE, s'~ emploie~ souvent au figuré: Bouche cousûe! n'en parlez pas: Être cousu avec quelqu'un, ne pas le quitter d'un instant. "La proximité de la Princesse lui ôte (à Mde de Monaco) le plaisir d'être cousûe avec Madame. Sév. Finesse cousûes de fil blanc, aisées à reconaître. — Il semble que cet habit lui soit cousu sur le corps, tant il est bien fait. — Être cousu d'argent, en avoir beaucoup. — Visage cousu de petite vérole, fort marqué. — On dit, d' un cheval maigre et éflanqué, qu'il a les flancs cousus: d'un homme exténué, qu'il a les joûes cousûes; et de celui qui est couvert de blessûres, qu'il est tout cousu de coups.

Traductions

coudre

nähen, heften, steppensew, stitch, quilt, stitch upnaaien, stikken, (vast)naaien, hechten [wond]איחה (פיעל), חייט (פיעל), תפר (פ'), אִחָה, חִיֵּטnaaldwerk doencosirsykudri, stebicoser, coser a máquina, pespuntear, bordarvarrsauma縫う바느질하다, 깁다, 꿰매다sycosturar, coser, pespontarшитьsykhâu, 用针缝, 缝纫ράβω, συρράβωcucireيُخَيِّطُ, يَدْرُزُsešít, šítommellasašiti, šivatiuszyćเย็บdikmek (kudʀ)
verbe transitif
faire tenir avec du fil coudre un bouton à une veste

coudre

[kudʀ]
vt [+ bouton] → to sew on; [+ robe] → to sew
Il ne sait même pas coudre un bouton → He can't even sew a button on.
vi → to sew
J'aime coudre → I like sewing.