coulant, ante

COULANT, ANTE1

(kou-lan, lan-t') adj.
Qui coule.
Quelques-unes des plus coulantes parties du sang [DESC., Méth. 5]
Vin coulant, vin léger et agréable à boire. Nœud coulant, nœud qui se serre et se desserre sans se dénouer.
Qui verse en abondance.
Cette terre coulante de lait et de miel [BOSSUET, II, Visit. 1]
Fig. Terme de littérature. Qui est comme s'il coulait, aisé, naturel. Ses vers sont bien coulants.
Ses vers sont d'un beau style et sa prose est coulante [BOILEAU, Sat. III]
Le ton de la conversation y est coulant et naturel [J. J. ROUSS., Hél. II, 14]
Rien n'est plus coulant ni plus harmonieux que l'endroit où le poëte décrit la douce et insinuante éloquence de Nestor [ROLLIN, Traité des Ét. II, 1]
Dans un sens analogue, dessin coulant.
Être coulant en affaires, être facile, accommodant. Je l'ai trouvé très coulant.
Il m'avait fait entendre que, si je m'engageais à quitter la plume, on serait coulant sur le passé [J. J. ROUSS., Confess. XI]
Qui peut voir aujourd'hui ces mêmes ministres [pasteurs protestants], jadis si coulants et devenus tout à coup si rigides, chicaner sur l'orthodoxie d'un laïque et laisser la leur dans une si scandaleuse incertitude ? [J. J. ROUSS., Lett. de la mont. II]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Si a bonnes portes coulans [à coulisses], Por faire ceus defors doulans, Et pour emprendre et retenir, S'il osoient avant venir [, la Rose, 3839]
  • XVe s.
    En ai-je bien eü deus mille Des frans ; que sont-il devenu ? Si coulant sont et si menu, Quand ma bourse en est pourveüe ; Tost en ai perdu la veüe [FROISS., Le dit dou florin.]
    Plus que Pithon merveilleux à oultrage, Escorpion qui seult poindre les nus, Cuer plus coulant que couleuvre en marage [marais], Souriecte qui a les dens agus [E. DESCH., Poésies mss. f° 38, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    En un lieu glissant et coulant, suspendons nostre creance [MONT., II, 241]
    Le sang s'engendre tout soudain par la transmutation de quelque chair qui se tourne promptement en liqueur coulante [AMYOT, P. Aem. 23]
    Les sangsues qui habitent es eaux claires et coulantes [PARÉ, XV, 69]
    Afin de rendre les parties plus glissantes et coulantes [ID., XVIII, 32]
    En maniere de lacq colant [ID., t. II, p. 629]
    Ils tariront le coulant des fontaines [RONS., 653]

ÉTYMOLOGIE

  • Couler.