courageux, euse

COURAGEUX, EUSE

(kou-ra-jeu, jeu-z') adj.
Qui a du courage. Se montrer courageux dans le malheur. Une âme courageuse.
Plus vites que les aigles, plus courageux que les lions [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Le premier qui se présenta [au tournoi] était un seigneur très riche, fort vain, peu courageux, très maladroit et sans esprit [VOLT., Zadig, 19]
[Apprends que l'amour est] Courageux et surtout hors de cette faiblesse, Qui force à se chercher et pour soi s'intéresse [CORN., Imit. III, 5]
Substantivement.
Le courageux est assuré contre les périls dans les entreprises considérables ; mais le magnanime va plus loin encore [BOSSUET, dans le Dict. de DOCHEZ.]
Qui dénote du courage. Trait courageux. Un courageux dévouement.
On opina par boules sur la punition qu'il [l'abbé de Saint-Pierre] avait encourue ; toutes les boules, à l'exception d'une seule, furent pour l'exclure de nos séances ; cette boule courageuse fut donnée par Fontenelle [D'ALEMBERT, Éloges, abbé de St-Pierre.]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Od [avec] gent hardie e corajuse, Fiere e estrange e bataillose [BENOÎT, II, 1063]
    Berengers fu corageus et hardiz [, Ronc. p. 63]
    Et corageus as armes et fier comme liepart [, Sax. XI]
  • XIIIe s.
    Il sunt felon et outrageus, De tous maus faire corageus [, la Rose, 9214]
  • XVIe s.
    Il n'estoit point de memoire que jamais ils eussent esté batus en bataille rengée.... au moyen de quoy ilz estoient si courageux [fiers] et si terribles que personne ne les osoit attendre [AMYOT, Pélop. 32]
    Si ses escritps rapportent aucune chose de ses conditions, c'estoit un grand personnage, droicturier et courageux, non d'une vertu superstitieuse, mais philosophique et genereuse [MONT., IV, 63]

ÉTYMOLOGIE

  • Courage ; provenç. coratjos, coratgos ; anc. espagn. corajoso ; ital. coraggioso.