courbatu, ue

COURBATU, UE

(kour-ba-tu, tue) adj.
Terme de manége, signifiant l'état d'un cheval qui n'a pas la respiration et les membres libres, soit qu'il ait été trop poussé, soit que le mal vienne d'une cause intérieure.
Comme un vieux cheval de renvoi, Maigre, harassé, courbatu, Venait la débile monture Aux funérailles de Voiture [SARRASIN, Pompe fun. de Voit.]
Par extension, il se dit des personnes qui éprouvent une grande lassitude. Je me sens tout courbatu.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Courbatuz [parlant des maris qui servent mal leurs femmes] [, Aresta amorum, p. 414, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    La requeste des maris umbrageux, courbatus, boucquineux, farouches, trop tristes, pensifs et desolés [DU VERDIER, Bibl. p. 2118, dans LACURNE]
    Courbatu [en parlant d'un homme assommé de coups] [RAB., p. 63, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Quelques-uns tirent ce mot de courbature ; mais comment courbature aurait-il donné courbatu ? pas plus que conjecture ne pourrait donner conjectu. Courbatu semble formé de court et battu ; le sens de cette composition serait battre de court, battre à bras raccourci, très bien battre. Cette conjecture est vraisemblable et par conséquent préférable à cette autre : courb-battu, battu de manière à se courber. Le verbe n'est pas usité ; cependant il l'est dans les campagnes des environs de Paris : la fièvre le courbat.