couronner

(Mot repris de couronnante)

couronner

v.t.
1. Mettre une couronne sur la tête de qqn ; poser solennellement une couronne sur la tête de qqn, pour le sacrer souverain.
2. Récompenser qqn, une œuvre par un prix, une distinction : Un auteur plusieurs fois couronné qui a reçu plusieurs prix
3. Constituer l'achèvement parfait, la digne conclusion de qqch : Cette nomination vient couronner dix années d'efforts.
4. Litt. Entourer comme d'une couronne ; former la partie supérieure de qqch : Des boucles brunes couronnent son front. Des nuages qui couronnent le sommet de la montagne.

couronner


Participe passé: couronné
Gérondif: couronnant

Indicatif présent
je couronne
tu couronnes
il/elle couronne
nous couronnons
vous couronnez
ils/elles couronnent
Passé simple
je couronnai
tu couronnas
il/elle couronna
nous couronnâmes
vous couronnâtes
ils/elles couronnèrent
Imparfait
je couronnais
tu couronnais
il/elle couronnait
nous couronnions
vous couronniez
ils/elles couronnaient
Futur
je couronnerai
tu couronneras
il/elle couronnera
nous couronnerons
vous couronnerez
ils/elles couronneront
Conditionnel présent
je couronnerais
tu couronnerais
il/elle couronnerait
nous couronnerions
vous couronneriez
ils/elles couronneraient
Subjonctif imparfait
je couronnasse
tu couronnasses
il/elle couronnât
nous couronnassions
vous couronnassiez
ils/elles couronnassent
Subjonctif présent
je couronne
tu couronnes
il/elle couronne
nous couronnions
vous couronniez
ils/elles couronnent
Impératif
couronne (tu)
couronnons (nous)
couronnez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais couronné
tu avais couronné
il/elle avait couronné
nous avions couronné
vous aviez couronné
ils/elles avaient couronné
Futur antérieur
j'aurai couronné
tu auras couronné
il/elle aura couronné
nous aurons couronné
vous aurez couronné
ils/elles auront couronné
Passé composé
j'ai couronné
tu as couronné
il/elle a couronné
nous avons couronné
vous avez couronné
ils/elles ont couronné
Conditionnel passé
j'aurais couronné
tu aurais couronné
il/elle aurait couronné
nous aurions couronné
vous auriez couronné
ils/elles auraient couronné
Passé antérieur
j'eus couronné
tu eus couronné
il/elle eut couronné
nous eûmes couronné
vous eûtes couronné
ils/elles eurent couronné
Subjonctif passé
j'aie couronné
tu aies couronné
il/elle ait couronné
nous ayons couronné
vous ayez couronné
ils/elles aient couronné
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse couronné
tu eusses couronné
il/elle eût couronné
nous eussions couronné
vous eussiez couronné
ils/elles eussent couronné

COURONNER

(kou-ro-né) v. a.
Orner d'une couronne. Les anciens couronnaient les victimes. Alexandre couronna le tombeau d'Achille.
Leurs fronts sont couronnés de ces fleurs que la Grèce Aux champs de Marathon prodiguait aux vainqueurs [VOLT., Épît.LXVI]
Fig.
Ô Dieu que la gloire couronne, Dieu que la lumière environne, Qui voles sur l'aile des vents [RAC., Esth. I, 5]
Mettre solennellement la couronne sur la tête d'un souverain. Couronner un pape, un roi.
Charlemagne se fit couronner roi d'Italie [BOSSUET, Hist. I, 11]
Donner le titre de roi, de reine. Ce monarque avant de mourir voulut couronner son fils.
Qu'il règne avec éclat sur sa propre conquête, Et que de sa victoire il couronne sa tête [CORN., Nicom. II, 3]
Mais vous voyez, seigneur, le prince son aîné Dont le bras généreux trois fois m'a couronné [m'a conquis trois royaumes] [ID., ib.]
Maintenant que je puis couronner tant d'attraits [RAC., Bérén. II, 2]
Il va sur tant d'États couronner Bérénice [ID., ib. I, 4]
Pour couronner ma tête et ma flamme en ce jour [ID., Théb. V, 4]
Quelque horreur que d'abord un attentat nous donne, L'horreur en diminue alors qu'il nous couronne [DUCIS, Macbeth, III, 1]
Être couronné, recevoir ou avoir le titre de roi, de reine.
Jamais tant de vertu fut-elle couronnée ? [RAC., Esth. III, 9]
Absolument. Faire roi.
Achève.... C'est le dieu qui règne et qui couronne ; C'est le dieu qui punit, c'est le dieu qui pardonne [LAMART., Méd. II, 7]
Décerner une couronne, un prix soit dans les jeux gymnastiques, soit dans un concours littéraire. Couronner le vainqueur à la course, à la lutte, au ceste. Couronner l'auteur du meilleur ouvrage. Ce discours a été couronné par l'Académie.
Honorer, récompenser.
Le ciel va couronner aussi votre vertu [CORN., Perthar. IV, 5]
Oui, je veux couronner une flamme si belle [ID., Rodog. IV, 3]
Digne de venger les crimes et de couronner la vertu [BOSSUET, Hist. II, 1]
L'Église vit couronner une infinité de martyrs [ID., ib. I, 11]
Ils l'avaient mis sur le trône pour couronner ses vertus et mettre fin aux désordres que l'anarchie causait parmi eux [ID., Hist. I, 7]
Je louerais en vain des vertus que Dieu n'aurait pas couronnées [FLÉCH., Tur.]
C'est ainsi que le roi Honore le mérite et couronne la foi [RAC., Esth. II, 5]
Quand il veut couronner l'innocence [MASS., Panég. St J. Bapt.]
Pourquoi du saint bonheur sitôt me couronner ? [V. HUGO, Odes, II, 9]
Terme d'architecture. Former le couronnement. Un entablement couronne l'édifice.
Dominer, surmonter.
La ville de Rhodes est couronnée de divers petits coteaux [BOUHOURS, Hist. d'Aubusson, liv. III]
Ces bois semblaient couronner ces belles prairies [FÉN., Tél. I]
L'immortelle forêt qui couronne l'Ida [DELILLE, Énéide, X]
Terme militaire. Garnir de troupes quelque point élevé. Le régiment, chassant devant lui l'ennemi, couronna la hauteur.
Les généraux d'artillerie, qui s'étonnaient aussi de leur stagnation, profitèrent promptement de la permission de combattre qu'on venait de leur donner ; ils couronnèrent bientôt les crêtes [SÉGUR, Hist. de Nap. VII, 10]
Terme d'horticulture. Couronner un arbre, en tailler les branches à une même hauteur, de manière à former une surface plane.
Terme de vétérinaire. Couronner un cheval, le laisser tomber de façon qu'il se couronne.
10° Fig. Combler, accomplir.
La victoire s'avançait à grands pas pour couronner ses triomphes [VAUGEL., Q. C. liv. III, ch. 6]
Lorsque après de longues années il se vit élevé à cette grande charge.... le modeste ministre disait que le roi, pour couronner plutôt la longueur que l'utilité de ses services, voulait donner un titre à son tombeau et un ornement à sa famille [BOSSUET, le Tellier.]
Et par un beau trépas couronne un beau dessein [CORN., Cinna, I, 4]
Loin de t'excuser tu couronnes ton crime [ID., ib. V, 1]
Et que demain l'hymen couronne leur amour [ID., ib. V, 3]
Il faut ou condamner ou couronner sa haine [ID., Rodog. V, 1]
Et ce qui couronne tout cela est la prédiction [PASC., Proph. 16]
Il a voulu couronner son entreprise [SÉV., 565]
Ces morts précieuses qui couronnent une belle vie [FLÉCH., Dauph.]
Ce qui couronne la vie de cette princesse, c'est qu'elle fut toujours égale [ID., Mar. Th.]
Mais ce même Amurat ne me promit jamais Que l'hymen dût un jour couronner ses bienfaits [RAC., Baj. I, 3]
Et Pâris, couronnant son insolente flamme, Retiendra sans péril la sœur de votre femme ! [ID., Iphig. I, 2]
Quoi ! de mes ennemis couronnant l'insolence J'irais attendre ailleurs une lente vengeance [ID., Andr. IV, 3]
Jamais aucun succès n'a couronné mes vœux [VOLT., Tanc. I, 4]
Ceux dont une honorable vieillesse couronne une vie sans reproche [J. J. ROUSS., Lett. de la mont. IX]
De toutes les opérations que nous avons décrites, il en résulte une qui, pour ainsi dire, couronne l'entendement, c'est la raison [CONDILLAC, Conn. hum. sect. II, ch. 11]
11° Se couronner, v. réfl. Se mettre une couronne. Se couronner de fleurs. Se faire roi.
Voilà par quels exploits il sut se couronner [RAC., Andr. III, 8]
Par d'illustres exploits couronnez-vous vous-même [ID., Théb. IV, 3]
12° Terme d'horticulture. Cet arbre se couronne, il vieillit et la tête s'en dessèche. Terme de vétérinaire. Ce cheval s'est couronné, en s'abattant, il s'est fait la lésion dite couronnement. La fin couronne l'œuvre, se dit pour exprimer que l'on doit persévérer jusqu'à la fin, que la vertu ne doit pas se décourager, etc. ou simplement pour exprimer qu'une œuvre est enfin achevée.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Tel coronet [tel prêtre couronné, tonsuré, l'archevêque Turpin] ne chantat onques messe [, Ch. de Rol. CXIX]
  • XIIe s.
    De Tortolose estoit rois coronez [, Ronc. p. 41]
    Sur toute joie est cele couronnée Que j'ai d'amor : Dieu ! i faudrai-je donc ? [, Couci, VI]
    Le premier roi de France fist Diex par son commant Coroner à ses anges dignement en chantant [, Sax. I]
    En cel contemple ad fait li reis Henris jurer Henri sun fil à rei, e sil fist coruner [, Th. le mart. 68]
    Li clers est corunez : Deus deit en lui seeir ; Aprendre deit tuz dis ; mult li covient saveir [, ib. 30]
    E tuit le firent coronier après sa mort [, Machabées, I, 1]
    Il et ele [Thibaut et la reine Blanche] lez à lez La [France] tiennent de compagnie ; Cil n'en est fors rois clamés [que roi de nom] Qui pieça est coronés [HUES DE LA FERTÉ, Romancero, p. 189]
  • XIIIe s.
    Sire, que la vostre ame soit de Dieu couronnée [, Berte, XLVI]
    Dont pristrent li baron conseil de s'aler en Constantinoble, pour coroner le bailli à empereour [VILLEH., CLXIV]
    Dist Renart : se Diex bien me face, Se je puis un rasoir trover, Je vos vodré bien coroner [tonsurer] [, Ren. 3240]
    Li fust li roiaumes donnés, Dont il fu puis reis couronnés, Et vicaires de tout l'empire [, la Rose, 6760]
    Quand le patriarche corone le roi, la procession lui vient à l'encontre à la porte du mostier [, Ass. de J. I, 29]
  • XIVe s.
    Es olimpiades les tres bons et les tres fors ne sont pas coronnés, mes ceulx qui bien besoignent [ORESME, Eth. 18]
    Et doit l'en aviser que le cheval ait maigres jambes, larges et plates, qu'il n'ait pas les genoulx couronnés [, Ménagier, II, 3]
  • XVe s.
    [Rob. Bruce recommande en mourant, aux barons, que quand son fils] seroit venu en aage, qu'ils luy obeyssent, et qu'ils le couronnassent à roy [FROISS., I, I, 47]
    Liberalité est es cueurs des hommes effacée et estaincte, et en lieu de ceste couronnée vertu regne avarice et convoytise [, Hist. de la Toison d'Or, t. II, f° 200]
  • XVIe s.
    L'on vous donnera la louange d'avoir glorieusement couronné et achevé l'œuvre, que vostre feu pere avoit heureusement fondé [AMYOT, Ép.]
    Ilz le voulurent couronner de chappeaux de fleurs, pour leur avoir apporté de si bonnes nouvelles [ID., Thésée, 26]
    D'un tel logis le seigneur redouté Va couronné d'honneur et de jeunesse [RONS., 705]
    Caril est, quant au reste, aussi noble qu'un ange, Tant je l'ay couronné de gloire et de louange [ID., 87]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. COURONNE ; provenç. et espagn. coronar ; ital. coronare ; du latin coronare.

couronner

COURONNER. v. tr. Ceindre d'une couronne. Couronner de fleurs, de laurier, de myrte. JÉSUS-CHRIST fut couronné d'épines. Couronner d'une couronne d'or, d'une couronne d'argent.

Il signifie spécialement Ceindre solennellement d'une couronne la tête d'un souverain. Couronner un pape, un roi, un prince.

Il signifie figurément Transmettre ou conférer le titre de roi, de souverain. Ce monarque, avant de mourir, fit couronner son fils.

Tête couronnée se dit encore d'un Empereur ou d'un Roi.

Il signifie encore simplement Récompenser en décernant une couronne ou un prix. Couronner le vainqueur. Couronner un élève. Par extension, Couronner un ouvrage. Les livres que l'Académie a couronnés. Fig., Couronner la vertu. Dieu couronne les martyrs, les saints. N'est-ce pas couronner le crime que d'élever un tel homme à cette dignité?

Il se dit quelquefois en parlant de Choses sur lesquelles on place des couronnes. Les anciens couronnaient la poupe de leurs vaisseaux en signe d'allégresse.

Il se dit aussi quelquefois, dans le style soutenu, de Ce qui orne ou entoure la tête en manière de couronne. De simples fleurs couronnaient cette tête charmante. Un front couronné de cheveux blancs.

Il se dit, par extension, des Choses qui en surmontent d'autres, qui en occupent la partie supérieure. Un entablement couronne l'édifice. Fig. et poétiq., Déjà les forêts se couronnent de feuillage. Les arbres de nos vergers se couronnaient de fleurs.

En termes de Guerre, Des batteries redoutables couronnaient la hauteur, toutes les hauteurs. Couronner une position, une hauteur, les glacis. Ouvrage couronné, Ouvrage avancé vers la campagne, fait en forme de couronne, pour défendre les approches d'une place. On l'appelle aussi Ouvrage à couronne, ou même par ellipse Couronne.

Il signifie au figuré Apporter la dernière perfection, mettre le dernier ornement à quelque chose. Il a couronné sa vie par une mort généreuse. Le succès a couronné son entreprise.

Prov., La fin couronne l'oeuvre, Ce n'est pas assez de bien commencer, il faut bien finir.

Couronner les voeux de quelqu'un, Réaliser pleinement les désirs de quelqu'un.

Il se dit aussi figurément pour Environner, ceindre. Plusieurs coteaux couronnent cette ville.

SE COURONNER signifie Se blesser aux genoux en tombant, en parlant d'un Cheval. On dit par extension Couronner un cheval, Le faire se blesser au genou. Il a couronné son cheval. Un cheval couronné.

couronner

Couronner, Coronare, Redimire.

Synonymes et Contraires

couronner

verbe couronner
1.  Faire roi, reine.
2.  Littéraire. Être disposé autour de la tête.
-littéraire: auréoler, ceindre, nimber.
3.  Littéraire. Se trouver au-dessus de.
4.  Constituer l'achèvement.
Traductions

couronner

crownbekronen, kronen, (be)kronen, van een kroon voorzien [tand], omkransenהכתיר (הפעיל), המליך (הפעיל), עטר (פ'), עיטר (פיעל), הִכְתִּיר, הִמְלִיךְ, עָטַרbekroonkrönenkronicoronararrematar, coroarστέφωKorunaKrone (kuʀɔne)
verbe transitif
1. faire devenir roi ou reine Le prince Albert a été couronné Roi des Belges.
2. récompenser qqn couronner un écrivain

couronner

[kuʀɔne] vt
[+ souverain] → to crown
(fig) [+ carrière] → to crown
une vingtième victoire qui couronne une brillante carrière → a twentieth victory that crowns a brilliant career
et pour couronner le tout (ironique) → and to cap it all ...
(= récompenser)
un roman couronné par le prix Pulitzer → a Pulitzer prize-winning novel