courre

(Mot repris de courres)
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courre

v.t. [ lat. currere, courir ]
Chasse à courre,
chasse à cheval où l'on poursuit le gibier avec des chiens courants.

COURRE1

(kou-r') v. n.Infinitif ancien du verbe courir.
Au sens de courir, emploi dans lequel il a vieilli et est aujourd'hui hors d'usage.
De ces jeunes guerriers la flotte vagabonde, Allait courre fortune aux orages du monde [MALH., I, 4]
Quelques-uns faisaient déjà courre le bruit que j'en étais venu à bout [DESC., Méth.]
Le cardinal fit courre après [SÉV., 201]
Ce sera à lui à courre et il courra [ID., 294]
Pour s'encourager à courre dans la carrière [BOSSUET, Pass.]
Activement.
Ne m'estimant ni pour entendre l'économie... , ni pour savoir bien courre la poste [BALZ., liv. II, lett. 4]
Aujourd'hui, terme de chasse qui se dit des chiens qui poursuivent les bêtes.
La duchesse y voulut voir courre des lévriers [HAMILT., Gramm. 10]
Chasse à courre, chasse qui se fait avec les chiens courants et à cheval. Laisser courre les chiens, ou, simplement, laisser courre, découpler les chiens. Le laisser-courre, s. m. Le lieu où l'on découple les chiens.
Il se trouve au rendez-vous de chasse, il est au laisser-courre [LA BRUY., VII]
Se dit aussi de l'air de cor quand on découple les chiens. Sonner le laisser-courre.
V. a. Poursuivre la bête.
Quand il vous plaira, je vous donnerai le divertissement de courre un lièvre [MOL., G. Dand. I, 8]
A-t-on jamais parlé de pistolets, bon Dieu ! Pour courre un cerf ? [ID., Fâch. II, 7]
Fig. Chercher à obtenir.
Nous venons, mon enfant, de courre un bénéfice [REGNARD, Distrait, II, 1]
Terme d'équitation. Courre un cheval, le mener à bride abattue.

REMARQUE

  • Du temps de Vaugelas, l'usage voulait qu'on dît plutôt courre la poste que courir la poste. Aujourd'hui courre n'est plus que terme de chasse.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Et por ce fait il bon courre au devant de tix perix [BEAUMANOIR, XXI, 12]
    On doit courre au devant des fraudes et des bares qui sont fetes es marciés [ID., XXXIV, 47]
  • XVe s.
    Fist prendre ledit huyssier et fut plusieurs jours gardé, à la fin on le laissa courre [COMM., III, 1]
    Or voyez les choses qui se dressoient pour courre sus au dit duc de Bourgongne [ID., III, 1]
  • XVIe s.
    Je dis au comte qu'il pourroit courre fortune comme les aultres [MONT., I, 95]
    J'ay veu quelqu'un de mes intimes amis courre la mort à force [ID., I, 300]
    S'il fault courre le hazard d'un chois incertain.... [ID., III, 62]
    Toute la Gaule s'estant eslevée pour luy courre sus [ID., III, 172]
    Il fault laisser courre la riviere soubs le pont [ID., IV, 44]
    Je viens de courre d'un fil [parcourir] l'histoire de Tacitus [ID., IV, 58]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. COURIR.

COURRE2

(kou-r') s. m.
Terme de vénerie. Endroit où l'on place les chiens, quand on chasse le sanglier, le loup, etc. Un beau courre, pays commode pour la chasse à courre.

ÉTYMOLOGIE

  • Courre 1.

courre

COURRE. v. tr. T. de Chasse. Forme ancienne de COURIR. Courre le cerf, le lièvre, etc., et absolument Chasse à courre.

Laisser courre les chiens, ou simplement Laisser courre, Découpler les chiens, afin qu'ils courent après la bête.

Laisser-courre se dit, comme nom, du Lieu où l'on découple les chiens. Quand ils furent au laisser-courre. On le dit aussi de l'Air que le cor fait entendre quand on découple les chiens. Sonner le laisser-courre.

courre

Courre, Currere, voyez Courir.

courre


COURRE, v. a. il a le même sens que Courir, et il ne se dit que dans quelques phrâses: courre le cerf, le daim, le lièvre; courre la poste, courre la bague; courre ou courir sus; laisser courre, découpler les chiens; le laisser courre (s. m.) Le lieu où on les découple. — Doner à courre à quelqu'un, le mettre dans la nécessité de faire bien des pas. Courre, ou courir le guilledou, aler en débauche. Autrefois on l'employait plus souvent à la place de courir. "Les périls, que j'ai à courre en ce voyage ne m'étonnent point. Voit.
   De ces jeunes guerriers la Flote vagabonde
   Alloit courre fortune aux orages du monde.
       Malherbe.
Vaugelas remarque qu'on dit, courre ou courir fortune, mais que le 1er est plus en usage. L'usage a changé, et courre fortune ne se dit plus. La Touche le trouvait bon, il n'y a pas encôre si long-tems. Il est certainement très-peu usité aujourd'hui, même dans le style familier.

Traductions

courre

[kuʀ] vb
voir chasse