courroucer

courroucer

v.t. [ du lat. corrumpere, aigrir ]
Litt. Mettre en colère.

courroucer


Participe passé: courroucé
Gérondif: courrouçant

Indicatif présent
je courrouce
tu courrouces
il/elle courrouce
nous courrouçons
vous courroucez
ils/elles courroucent
Passé simple
je courrouçai
tu courrouças
il/elle courrouça
nous courrouçâmes
vous courrouçâtes
ils/elles courroucèrent
Imparfait
je courrouçais
tu courrouçais
il/elle courrouçait
nous courroucions
vous courrouciez
ils/elles courrouçaient
Futur
je courroucerai
tu courrouceras
il/elle courroucera
nous courroucerons
vous courroucerez
ils/elles courrouceront
Conditionnel présent
je courroucerais
tu courroucerais
il/elle courroucerait
nous courroucerions
vous courrouceriez
ils/elles courrouceraient
Subjonctif imparfait
je courrouçasse
tu courrouçasses
il/elle courrouçât
nous courrouçassions
vous courrouçassiez
ils/elles courrouçassent
Subjonctif présent
je courrouce
tu courrouces
il/elle courrouce
nous courroucions
vous courrouciez
ils/elles courroucent
Impératif
courrouce (tu)
courrouçons (nous)
courroucez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais courroucé
tu avais courroucé
il/elle avait courroucé
nous avions courroucé
vous aviez courroucé
ils/elles avaient courroucé
Futur antérieur
j'aurai courroucé
tu auras courroucé
il/elle aura courroucé
nous aurons courroucé
vous aurez courroucé
ils/elles auront courroucé
Passé composé
j'ai courroucé
tu as courroucé
il/elle a courroucé
nous avons courroucé
vous avez courroucé
ils/elles ont courroucé
Conditionnel passé
j'aurais courroucé
tu aurais courroucé
il/elle aurait courroucé
nous aurions courroucé
vous auriez courroucé
ils/elles auraient courroucé
Passé antérieur
j'eus courroucé
tu eus courroucé
il/elle eut courroucé
nous eûmes courroucé
vous eûtes courroucé
ils/elles eurent courroucé
Subjonctif passé
j'aie courroucé
tu aies courroucé
il/elle ait courroucé
nous ayons courroucé
vous ayez courroucé
ils/elles aient courroucé
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse courroucé
tu eusses courroucé
il/elle eût courroucé
nous eussions courroucé
vous eussiez courroucé
ils/elles eussent courroucé

COURROUCER

(kou-rou-sé. Le c prend une cédille devant a et o : je courrouçais, nous courrouçons, courrouçant) v. a.
Mettre en courroux. Cette conduite courrouça son père contre lui. Fig.
Déchaîner la tempête et courroucer les flots [DELILLE, Énéide, I]
Se courroucer, v. réfl. Se mettre en courroux.
C'est ainsi qu'un chrétien se venge et se courrouce [CORN., Poly. V, 6]
C'est contre le péché que son cœur se courrouce, Et l'intérêt du ciel est tout ce qui le pousse [MOL., Tart. I, 1]
Prompt à se courroucer, enclin à contredire [VOLT., Catil. II, 3]
Rien dont le ciel pût se courroucer [MARMONT., Contes moraux, Ann. Lub.]
Fig. La mer se courrouce.

HISTORIQUE

  • Xe s.
    Si fut Jonas propheta mult correcious et mult ireist [, Fragm. de Valenc. p. 468]
  • XIe s.
    Paien s'en fuient curuçus et irez [, Ch. de Rol. CLIX]
    Si lui a dit : à tort vous curuciez [, ib. XXX]
    Ne s'en coruce giens [en rien] cil saintismes hom ; Ains priet Deu quet il le lur parduinst [pardonne] [, St Alexis, LIV]
  • XIIe s.
    Pernez discipline, que nostre sire alquune fiede [aucune fois] ne se curuist [, Liber psalm. p. 2]
    Sa lance est fraite, mout en est corociez [, Ronc. p. 65]
    Li uns vers l'autre ne se doit corochier [, ib. p. 83]
    Li Saisne s'en tournerent, n'i ot que correcier [, Sax. IV]
    Moult par fu l'empereres correciez et irais [, ib. X]
    Ainc ne trova li reis qui plus l'ait corecié [, Th. le mart. 37]
    Del saint encens porter el temple s'enhardi ; Deus s'en ert cureciez, de liepre le feri [, ib. 74]
    Lai saint iglise aveir ses decrez e ses leis ; Ele est espuse Deu, qui est sire des reis ; Il s'en corecera, se de rien la descreis [, ib. 29]
    Se comandeit nous est que nous amons nos proïmes [prochains] si com nos mismes, dont [donc] convient que nos corezons à lur visces alsi com à nos [, Job, 516]
    Et il n'en poïst estre cruciez, se il ne veïst et oïst les males oevres de ses proïmes [prochains] [, ib. 441]
  • XIIIe s.
    Devant ce que nous vous avons ci conté, vint une novele en l'ost dont li baron furent moult courecié et les autres gens, car maistres Foulques de Nulli morut [VILLEH., XLIII]
    Tant doute [elle craint] à courocier Dieu et sainte Marie, Berte, CXIX Ne sai comment ge vous le die, Car ge vous criens à correcier [, la Rose, 2905]
    Trop avoit [tristesse] son cuer correcié, Et son duel [deuil] parfont commencié [, ib. 311]
    C'est le [la] vilonie que nus puist dire, de quoi cil à qui elle est dite se courrouce plus [BEAUMANOIR, XXX, 101]
    Li hons courouchiés pert legerement son propos [ID., V, 10]
    Et ces choses fesoit il, vous ramentoi je, pource que vous vous en gardez, parquoy Dieu ne se courrousse à vous [JOINV., 293]
  • XIVe s.
    Les Stoiciens disent que un bon homme ne se doit onques troubler ne courroucier pour quelconques adversités [ORESME, Eth. 24]
    Se nous nous courçons trop fort ou trop tost, ou trop peu ou trop tart.... [ID., ib. 42]
    Et pour ce tantost l'en se aïre et couresce [ID., ib. 205]
  • XVe s.
    Car le premier vous n'estes mie Qu'ay courcié en plus grant degré [CH. D'ORL., Complainte]
    Coruciez sommes durement, De vous, chiere dame honorée, Quant ainssy estes demenée, [, Résurr. de J. C.]
    Et se courroucent quant on leur reffuse [COMM., II, 2]
    Le roy s'en courrouça à luy [s'irrita contre lui de cela], ainsi chascun se teust [ID., IV, 9]
    Je ne sçauroye dire vers qui nostre Seigneur s'est monstré plus courroucé, ou vers luy qui.... ou vers ses subgectz [ID., V, 9]
  • XVIe s.
    Comment Dieu seroit il courroucé à la plus noble de ses creatures, veu que les moindres œuvres qu'il a faites lui plaisent ? [CALVIN, Instit. 179]
    Se courroucer afin qu'on se contre-courrouce [MONT., III, 144]
    Valerius ayant entendu de quelques siens amis comme le peuple se plaignoit de cela, il ne s'opiniastra point, ny ne s'en courroucea point à eulx [AMYOT, Publ. 18]
    La mer par plusieurs jours se tint fort haulte, et fut toujours fort courroucée [ID., Timol. 27]
    Laissons aux Tarentins leurs dieux qui leur sont courroucez [ID., Marcel. 34]
    Il estoit facile à pardonner quand on l'avoit courroucé [ID., Pyrrhus, 17]
    Bien courroucé de peu pleure [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 248]
    S'il s'en courrouce, qu'il s'en deschausse [, Cymbabalum mundi, p. 104, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Wallon, corcî ; rouchi, courcher, courchier ; picard, courcher ; provenç. corrossar ; anc. catal. corrosar ; ital. corrucciare (voy. COURROUX).

courroucer

COURROUCER. v. tr. Mettre en courroux. Cette conduite courrouça son père contre lui. Dieu se courrouce contre les méchants. Il est surtout en usage dans le style soutenu. Fig., Quand la mer se courrouce, est courroucée. Ses flots courroucés.

courroucer

Courroucer, acut. Ores est neutre, comme, Il se courrouce, Excandescit ira. Et ores actif, comme en Nicole Gilles, en la vie du Roy Louys III. Hue le Grand jura qu'il courrouceroit le Roy, c'est à dire, l'en feroit marry et desplaisant. L'Italien dit aussi Corrociare, et Scorrociare, voyez Courroucé.

Courroucer fort aucun, Bilem alicui mouere vel commouere, Exacerbare, Obacerbare, Offendere alicuius animum.

Piquer et courroucer aucun, Exulcerare animum alicuius.

Je ne le veux pas courroucer, Nolo offensum.

Se courroucer, despiter et marrir de quelque chose, Aspere accipere, Indignari, Irasci.

Se courroucer aucunement et quelque peu, Subirasci.

Aisé à courroucer et despiter, Iracundus, Irritabilis, Biliosus, Stomachosus.

Il faut peu de chose à le courroucer, Facile fit illi quod doleat.

Se courroucer legierement, incontinent, ou tout à coup, Iram in promptu gerere.

Qui ne se courrouce pas aiséement, Clemens.

Se courroucer grandement et asprement, Irasci grauiter, Incendi ira, Indulgere irae, Excandescere.

Se marrir et courroucer de quelque chose fort et ferme, Dure aut grauiter aliquid accipere, Animo iniquo ferre aut pati aliquid, Non mediocriter ferre.

Se courroucer et despiter en soy-mesme, Ringi.

Se courroucer et despiter contre aucun, Se prendre à luy de quelque mesfait, Stomachari, Erumpere stomachum in aliquem, Iras in aliquem vertere.

Se courroucer contre aucun, et luy dire grosses paroles, In aliquem verbis incurrere.

Ils se courroucent contre ceux qui les admonestent, Admonitioni irascuntur.

Je suis courroucé contre toy, que tu as dit cette parole, Irascor tibi istud dictum.

¶ Se garder de se courroucer, Iracundiam vel dolorem tenere.

Il ne se courrouce point plus outre, etc. Tumultuosioribus literis hactenus excanduit.

Cecy me fait courroucer et despiter, Stomacho est mihi res ista, Stomachum facit aut mouet.

Ne debvois-tu point craindre de me courroucer? Non te pro his curasse rebus, ne quid aegre esset mihi? B. ex Terent.

Ils avoient peur que Dieu s'en courrouceast, In religionem trahebant. B. ex Liuio.

Courroucé, m. acut. Iratus, Infensus. Ainsi il se dit, Il est tout courroucé contre vous, Tibi plane iratus est. Il se prend aussi pour marry, triste, desplaisant, comme, Il est grandement courroucé, dont il n'a nuls enfants, AEgre habet se liberis carere. Car toute personne courroucée, est naturellement marrie de ce qui la meut à ire, et selon cette signification, Courroux se prend aussi pour marrisson, Moeror. Et Courroucer, pour faire desplaisant et marry aucun, comme nous avons dit en Courroucer.

¶ Estre courroucé contre quelqu'un, Animum alienum ab aliquo habere, Turgere alicui.

Il s'est courroucé, Concessit in iras.

Il est courroucé à moy, Alienior est a me.

Courroucé, Auersus, Iratus, Obiratus, Offensior.

Qui est courroucé et marry, Indignans.

Qui est fort courroucé contre aucun, Infensus.

courroucer


COURROUCER, v. a. COURROUX, s. m. [Kou-rou-cé, Kou-roû: 2e lon. au 2d. Plusieurs écrivent Couroucer, couroux avec une seule r, et l'on peut, sans grand inconvénient l'écrire de la sorte.] Courroux, colère, emportement. Voyez COLèRE. Courroucer, irriter, mettre en courroux. Le plus grand usage de ces mots est dans le style soutenu. Le courroux de Dieu, du Ciel, d' un Prince, d'un père, etc.
   C'est le courroux des Rois, qui fait armer la terre,
   C'est le courroux du Ciel, qui fait armer les Rois.
       Rousseau.
Entrer, se mettre en courroux. Éviter, apaiser, fuir le courroux; irriter, provoquer le courroux.
   On dit, figurément, le courroux du lion, du taureau, de l'éléphant, de la mer, des flots; poétiquement, le courroux de Neptune, le courroux du Ciel, l'enfer en courroux. — "C'est elle (la Providence) qui apaise les flots en courroux, et retient, ou déchaine les vents.
   Courroucer, se dit aussi au propre et au figuré. "Ses crimes ont courroucé le Ciel contre lui: le Prince est courroucé. Dieu se courrouce contre les méchans. = Quand la mer se courrouce, est courroucée. — * Se courroucer, pour se fâcher, est vieux et populaire. "Quelqu' un des assistans, à l'heure qu'on le farçoit (Socrate) et qu'on le gaudissoit, lui demanda: ne te courrouce-tu point de te voir publiquement blasoner? Amiot.
   Rem. 1°. Les anciens Poètes emploient courroux au pluriel.
   Des courroux légitimes.
       Malherbe.
  Je n'ai rien de fragile en moi,
  Que mes courroux qui sont de verre.
      Desportes.
  Plus tes courroux sont grands, plus ils sont légitimes.
      Racan.
Les Anciens aimaient les pluriels, et ils leur étaient souvent utiles. Nos Poètes ont laissé perdre le privilège de les employer au besoin.
   2°. Vaugelas n'aimait pas, être courroucé dans le propre. La Mothe le Vayer et Th. Corneille étaient d'un sentiment contraire, et ce sentiment a prévalu. En parlant de Dieu et des Princes, il vaut mieux qu'être en colère. Dieu est courroucé contre son Peuple.

Synonymes et Contraires

courroucer

verbe courroucer
Littéraire. Mettre en colère.
Traductions

courroucer

הזעים (הפעיל), הכעיס (הפעיל), זעם (פ'), הִזְעִים, הִכְעִיס