coutume

coutume

n.f. [ lat. consuetudo ]
Habitude, usage propre aux mœurs d'un groupe, d'un peuple : Nous avons découvert les coutumes de la région tradition
Avoir coutume de (+ inf.),
faire de manière habituelle : Elle avait coutume de faire une promenade avant de se coucher elle avait l'habitude de
Faire la coutume,
en Nouvelle-Calédonie, offrir un cadeau de bienvenue.
Plus, moins, autant que de coutume,
plus, moins, autant qu'il est d'usage, que d'ordinaire : Il mange plus que de coutume.

COUTUME

(kou-tu-m') s. f.
Manière à laquelle la plupart se conforment. Cela est passé en coutume.
Cette vieille coutume en ces lieux établie [CORN., Cid, IV, 5]
La coutume ne doit être suivie que parce qu'elle est coutume, et non parce qu'elle soit raisonnable [PASC., Vrai bien, 9]
Aigris par la nécessité, emportés par les coutumes [MASS., Car. Prière, I]
Les coutumes d'un peuple esclave sont une partie de sa servitude ; celles d'un peuple libre sont une partie de sa liberté [MONTESQ., Esp. XIX, 27]
Si ce n'est pas la religion, ce sont les coutumes qu'on y vénère au lieu des lois [ID., ib. II, 4]
La coutume, la loi plia mes premiers ans à la religion des heureux Musulmans [VOLT., Zaïre, I, 1]
Ces raisons ne furent jamais senties dans une cour où la coutume était la loi suprême [RAYNAL, Hist. phil. VIII, 29]
La coutume a sur les hommes une force qui n'a nullement besoin d'être appuyée de la raison [FONTEN., Oracles, I, 7]
Terme de jurisprudence féodale. Législation introduite par l'usage seul en certaines provinces, par opposition à droit écrit. La coutume de Normandie, de Bretagne.
Le roi Pepin ordonna que partout où il n'y aurait point de loi, on suivrait la coutume, mais que la coutume ne serait pas préférée à la loi [MONTESQ., Esp. XXVIII, 13]
Bientôt les coutumes détruisirent les lois [ID., ib. 12]
Recueil de droit coutumier particulier à un pays.
La coutume porte que.... Sans cesse feuilletant les lois et la coutume [BOILEAU, Lutr. V]
Cet avocat qui vient enseigner la coutume de Paris à St-Pétersbourg [VOLT., Lett. à Cath. 143]
Faire une coutume générale de toutes les coutumes particulières serait une chose inconsidérée, même dans ce temps-ci où les princes ne trouvent partout que de l'obéissance [MONTESQ., Esp. XXVIII, 37]
Il s'est dit de certains péages et impôts. Payer la coutume. Terme de pêche. Poissons de coutume, redevance qu'on donne avant la vente au propriétaire du bateau ou au maître pêcheur.
Manière ordinaire d'agir, de se comporter, de parler, etc.
Si c'est par instinct de nature Ou par coutume de m'aimer [CORN., Héracl. V, 1]
Sa coutume l'emporte et non pas la raison [ID., Cinna, II, 1]
Contre sa coutume il ne peut me déplaire [ID., Hor. I, 3]
Je n'en ferai pas ma coutume [SÉV., 24]
Vous savez sa coutume, et sous quelles tendresses Sa haine sait cacher ses trompeuses adresses [RAC., Mithr. I, 5]
Le sénat aima mieux armer, contre sa coutume, 8000 esclaves que.... [BOSSUET, Hist. III, 6]
Et tout ce qu'en semblable cas On est en coutume de dire [LA FONT., Fiancée.]
Avoir la coutume, faire comme chose déterminée par une coutume.
Les Anglais ont la coutume de finir presque tous les actes par une comparaison [VOLT., Lett. à M. Maffei en tête de Mérope.]
Avoir coutume, faire d'ordinaire.
Les gens qui ont coutume d'exagérer perdent bientôt toute créance [L'ABBÉ RÉGNIER, dans BOUHOURS, Nouv. rem.]
Une dame de la première qualité se défit de tous les vains ornements dont elle avait coutume de se parer [BOUHOURS, Nouv. rem.]
De coutume, loc. adv. À l'ordinaire. Il en use comme de coutume. Il se porte mieux que de coutume.
Et qu'étant loin de moi, quelque ombre d'amertume Vous fit trouver les jours plus longs que de coutume [RAC., Théb. II, 1]
Avoir de coutume, locution vieillie pour avoir coutume.
Pour vous ôter l'envie de nous faire courir toutes les nuits comme vous aviez de coutume [MOL., Scapin, II, 5]
Plus librement que je n'ai de coutume [DESC., Ép.]
Fig. En parlant des choses. Ce pommier a coutume de donner du fruit. Cette cheminée a coutume de fumer.

PROVERBES

  • C'est la coutume de Lorris, les battus payent l'amende, se dit quand un homme qui a sujet de se plaindre est encore condamné.
  • Une fois n'est pas coutume.

SYNONYME

  • 1° COUTUME, HABITUDE. Coutume est objectif, c'est-à-dire indique une manière d'être générale à laquelle nous nous conformons. Au contraire, habitude est subjectif, c'est-à-dire indique une manière d'être qui nous est personnelle et qui détermine nos actions. L'habitude devient un besoin ; mais la coutume ne le devient jamais. Cependant on dira également : j'ai la coutume ou j'ai l'habitude de prendre du café, avec cette nuance cependant que avoir la coutume exprime seulement le fait que je prends ordinairement du café, tandis que avoir l'habitude exprime qu'un certain besoin s'y joint.
  • 2° J'AI COUTUME, J'AI LA COUTUME. J'ai coutume de fumer, veut dire je fume d'ordinaire ; j'ai la coutume de fumer, veut dire que cela est entré dans mes coutumes. C'est cette nuance délicate il est vrai mais réelle qui fait que avoir coutume peut se dire des choses, tandis que avoir la coutume ne peut pas s'en dire. La rivière a coutume de déborder à cette époque de l'année ; mais elle n'en a pas la coutume.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Ço'st la custume en.... [, Lois de Guill. 4]
    Sa coustume est qu'il parole à leisir [, Ch. de Rol. X]
  • XIIe s.
    Il vous a de chevage la costume requise [, Sax. XXIII]
    Custume n'est pas dreiz, bien le poez veeir ; Kar chascuns riches hum, qui ne volt nul cremeir [craindre], Alieve sur sa gent custume à sun voleir [, Th. le mart. 92]
  • XIIIe s.
    [Il y] Avoit une coustume ens au Tyois païs [, Berte, V]
    Mainte male coustume [impôt] i ot ele establie [, ib. LX]
    Dessur les marcheans [elle] fist coustume [impôt] asseïr [, ib. LXIII]
    Chascun jour [il] l'avoit [cela] à coustume [, Lai d'Ignaur]
    Ceste floiche ot fiere coustume, Douçor i ot et amertume [, la Rose, 1883]
    Nous disons qu'il soit mis en trois pures defautes, toz sans les jors qu'il puet contremander et essonier par coustume [BEAUMANOIR, 48]
    La difference qui est entre coustume et uzage, si est que toutes coustumes font à tenir [ID., XXIV, 3]
    Loys rois dit que costume doit valoir loi ; quant aucune doutance est de la loi, ele doit avoir l'autorité des choses qui toz jors sunt jugies [, Liv. de just. 7]
  • XIVe s.
    Des choses justes, aucunes en y a qui semblent estre justes seulement par loy ou par coustumes et non pas par nature [ORESME, Eth. 111]
    Ainsi comme au pays est de coustume [DU CANGE, avantagium.]
    Oÿe la complainte qui nous a esté faite par la coustume [corps de métier] des tisserans [DU CANGE, consuetudo.]
    Cognoistre et determiner sommierement selon la coustume de la mer [ID., ib.]
  • XVe s.
    Un usage est en Angleterre, et aussi est-il en plusieurs pays, que les nobles ont grands franchises sur leur hommes et les tiennent en servage ; c'est à dire que ils doivent de droit et par coustume labourer [FROISS., II, II, 106]
    Ils avoient et ont de coustume encores d'aller.... [COMM., II, 3]
    Coustume rend maistre et devient nature [, Roman du Jouvencel, f° 80, dans LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 488]
  • XVIe s.
    La force de la coustume [habitude] [MONT., I, 105]
    Ce que disent quelques coutumes : quand argent faut, finaison nulle [LOYSEL, 592]
    Entre enfans, n'y a qu'un droit d'ainesse.... Toutefois, s'il y a diverses successions, coutumes ou bailliages, il prendra droit d'ainesse en chacune d'icelles [ID., 631]
    Une fois n'est pas coutume [ne suffit pas pour prouver la coutume] [ID., 780]
    Il sortit de son logis, et s'en alla sur la place promener avec ses amis comme il avoit de coustume [AMYOT, Aratus, 7]
    Us et coustumes [ID., Numa, 20]
    Coustume est ce qui a esté gardé d'ancienneté [, Anc. coust. de Normandie, f° 21, dans LACURNE]
    Qui croiroit combien est grande et imperieuse l'authorité de la coustume, qui la dit estre une autre nature, ne l'a pas assez exprimé ; car elle fait plus que nature, elle combat nature [CHARRON, Sagesse, p. 336, dans LACURNE]
    Gasteau et mauvaise coustume se doivent rompre [COTGRAVE, ]
    Le loup alla à Rome, et y laissa de son poil, mais rien de ses coustumes [ID., ]
    Les bonnes coustumes sont à garder, et les mauvaises à laisser [LEROUX DE LINCY, t. II, p. 332]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, cotume, couteume ; provenç. costum, s. m. et costuma, cosdumna, s. f. ; espagn. costumbre, s. f. ; portug. costume, s. m. ; ital. costume, s. m. et costuma, s. f. ; bas-lat. coustuma, dans un texte du commencement du VIIIe siècle. Il y a des distinctions à faire dans ces mots romans. Diez fait remarquer que les masculins ne peuvent venir directement de consuetudinem, et qu'il faut supposer que le suffixe s'est transformé en umen : consuetumen. Quant aux féminins en e : coutume et costumbre, ils viennent de consuetudinem, comme amertume, de amaritudinem. Enfin les féminins en a répondent à un pluriel neutre consuetumina (ces neutres pluriels deviennent souvent des noms féminins dans les langues romanes).

coutume

COUTUME. n. f. Façon d'agir établie par l'usage, habitude contractée par un individu dans ses manières, dans ses discours, dans ses actions. Il a coutume d'agir ainsi. J'ai coutume de venir à telle époque. On dit plutôt HABITUDE quand il s'agit d'un Individu.

Prov., Une fois n'est pas coutume, On peut faire exceptionnellement une chose qu'on aurait tort de faire habituellement.

COUTUME s'emploie le plus souvent dans un sens collectif et se dit de Ce qu'on pratique ordinairement en de certains pays et en de certaines choses. Vieille, ancienne coutume. C'est la coutume de tel pays, de telle ville, de solenniser telle fête, de faire telle cérémonie, telle réjouissance, etc. Cette coutume s'est introduite s'est conservée, s'est perdue, abolie. Cela est passé en coutume.

Il désigne dans un sens spécial Certains droits locaux qui, s'étant établis par l'usage et par la commune pratique d'une ville, ou d'une province, ou d'une région, y tiennent lieu et y ont force de loi. Une législation uniforme a remplacé les anciennes coutumes. Coutume générale d'une province. Coutume de Normandie, de Champagne. Coutume locale. Rédiger par écrit une coutume. Ce n'est pas un pays de droit écrit, c'est un pays de coutume. Les us et coutumes. Voyez US.

Il signifie par extension Codification du droit créé par l'usage dans certains pays. Il a commenté la Coutume du Nivernais. Vous trouverez cela dans la Coutume de Bretagne.

DE COUTUME, loc. adv. À l'ordinaire. Il en use comme de coutume. Il est plus gai que de coutume. Il se porte mieux que de coutume. Il s'est levé plus tard que de coutume.

coutume


COUTUME, s. f. 1°. Habitude contractée dans les moeurs, manières, discours, actions. "Bone ou mauvaise coutume. "Il a la mauvaise contume de faire des grimaces. "Cela lui a tourné en coutume. = Figurément, ce qui arrive souvent aux chôses inanimées. "Cette cheminée a coutume de fumer. Bouhours veut qu'on dise, avoir acoutumé, quand il s'agit des chôses. Voyez ACCOUTUMER. = 2°. Usage. "Vieille coutume. "C'est la coutume d'un tel pays de faire telle chôse. — Ou droit municipal. "La Coutume de Paris, de Normandie, de Champagne. "Ce que nous observons, quoique non rédigé par écrit, nous l'apelons usage; et lorsque cet usage a été rédigé par écrit, on l'apèle Coutume. Voy. USAGE. = 3°. Certains droits ou impôts, qui se payent en quelques passages, à l'entrée de certaines Villes. "Coutume de Baïone, de Bordeaux. "Cette marchandise doit la coutume: payer la coutume.
   Rem. 1°. Coutume a ordinairement un sens actif, mais quelquefois aussi il exprime un sens pasif. Selon ma coutume, signifie le plus souvent, ce que je fais ordinairement; mais il peut aussi signifier, ce que je soufre, ce qui m'arrive d'ordinaire. "Dans ce transport de douleur, dit Philoctète, je tombe soudainement, selon ma coutume, dans un assoupissement profond. Télém.
   2°. On disait autrefois avoir de coutume. "Le désert où Médée a de coutume de se retirer. Corn. "On a de coutume de leur aplaudir dans toutes leurs imaginations. Mallebr. "Ces invectives atroces dont les Grecs avoient de coutume de se traiter les uns les aûtres, etc. P. Rapin. On dit aujourd'hui, avoir coutume de, etc.
3°. De coutume, adv. À~ l'acoutumée. "Il en use comme de coutume; il est plus gai que de coutume.
   Le Proverbe dit: "Une fois n'est pas coutume. — Il ne faut pas perdre les bones coutumes.

Synonymes et Contraires

coutume

nom féminin coutume
Manière d'agir propre à un groupe.
Traductions

coutume

Brauch, Gewohnheit, Sitte, Usus, Angewohnheit, Gebrauch, Gepflogenheitcustom, habit, mores, way, fashion, practice, usage, wontgebruik, gewoonte, usance, zedeהרגל (ז), מנהג (ז), נוהג (ז), סרך (ז), הֶרְגֵּל, מִנְהָג, נֹהַגgebruik, gewoontecostumzvyk, zvyklostsædvane, vane, skikkutimo, morocostumbre, hábito, usotapaadat istiadat, vanicostume, abitudine, consuetudinemosbruk, vane, sedvanezwyczajcostume, hábito, usoobiceivana, seddesturiâdet, adetέθιμοобычайعُرْفobičaj風習관습ขนบธรรมเนียมphong tục习惯 (kutym)
nom féminin
1. manière de vivre d'un groupe de personnes les coutumes d'un pays
2. faire qqch très souvent suivi de l'inf. Il a coutume de faire la sieste.

coutume

[kutym] nf
(= tradition) → custom
(autres locutions) plus que de coutume → more than usual, more than customary
comme de coutume → as usual