couvrir

(Mot repris de couvrent)

couvrir

v.t. [ lat. cooperire ]
1. Mettre, placer qqch sur un objet ou une personne pour protéger ou dissimuler : Couvrir un livre. Couvrir des meubles avec des housses garnir recouvrir cacher ; dévoiler
2. Mettre qqch sur qqn pour le vêtir : Elle a chaudement couvert les enfants habiller
3. Répandre, étaler en grande quantité sur : Un blouson couvert de taches cribler, maculer
4. Être répandu sur : La neige couvre le chemin joncher, recouvrir
5. Fig. Donner qqch à profusion : On l'a couverte de cadeaux combler
6. Assurer une protection, une garantie ; prendre sous sa responsabilité : L'aviation couvre les troupes qui débarquent. En cas de dégâts des eaux, êtes-vous sûrs d'être bien couverts ? assurer, garantir
7. Comprendre, englober dans son champ d'action : Ce réseau de téléphonie mobile ne couvre pas les régions trop isolées desservir
8. Compenser, contrebalancer : Les dépenses seront largement couvertes par les bénéfices.
9. Dominer un bruit, un son, les rendre inaudibles, en parlant d'autres bruits, d'autres sons plus forts : L'orchestre couvre la voix de la chanteuse étouffer
10. En parlant d'un média, assurer le compte rendu d'un événement : Notre envoyé spécial couvre le couronnement.
11. S'accoupler à, en parlant d'un animal mâle : C'est un pur-sang qui a couvert cette jument saillir
Couvrir une distance,
la parcourir d'un bout à l'autre : Cette voiture a couvert 1 000 kilomètres en huit heures.

se couvrir

v.pr.
1. Se garnir, se remplir, être envahi de : Les prés se couvrent de fleurs se dégarnir
2. Attirer sur soi par son comportement : Elle s'est couverte de honte.
3. Se protéger, se garantir : Ils lui ont fait signer une décharge pour se couvrir en cas de difficulté.
4. (Sans compl.) Se vêtir chaudement : Couvre-toi avant de sortir se découvrir
5. (Sans compl.) S'obscurcir, en parlant du ciel, du temps : Le temps risque de se couvrir en soirée se dégager

couvrir


Participe passé: couvert
Gérondif: couvrant

Indicatif présent
je couvre
tu couvres
il/elle couvre
nous couvrons
vous couvrez
ils/elles couvrent
Passé simple
je couvris
tu couvris
il/elle couvrit
nous couvrîmes
vous couvrîtes
ils/elles couvrirent
Imparfait
je couvrais
tu couvrais
il/elle couvrait
nous couvrions
vous couvriez
ils/elles couvraient
Futur
je couvrirai
tu couvriras
il/elle couvrira
nous couvrirons
vous couvrirez
ils/elles couvriront
Conditionnel présent
je couvrirais
tu couvrirais
il/elle couvrirait
nous couvririons
vous couvririez
ils/elles couvriraient
Subjonctif imparfait
je couvrisse
tu couvrisses
il/elle couvrît
nous couvrissions
vous couvrissiez
ils/elles couvrissent
Subjonctif présent
je couvre
tu couvres
il/elle couvre
nous couvrions
vous couvriez
ils/elles couvrent
Impératif
couvre (tu)
couvrons (nous)
couvrez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais couvert
tu avais couvert
il/elle avait couvert
nous avions couvert
vous aviez couvert
ils/elles avaient couvert
Futur antérieur
j'aurai couvert
tu auras couvert
il/elle aura couvert
nous aurons couvert
vous aurez couvert
ils/elles auront couvert
Passé composé
j'ai couvert
tu as couvert
il/elle a couvert
nous avons couvert
vous avez couvert
ils/elles ont couvert
Conditionnel passé
j'aurais couvert
tu aurais couvert
il/elle aurait couvert
nous aurions couvert
vous auriez couvert
ils/elles auraient couvert
Passé antérieur
j'eus couvert
tu eus couvert
il/elle eut couvert
nous eûmes couvert
vous eûtes couvert
ils/elles eurent couvert
Subjonctif passé
j'aie couvert
tu aies couvert
il/elle ait couvert
nous ayons couvert
vous ayez couvert
ils/elles aient couvert
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse couvert
tu eusses couvert
il/elle eût couvert
nous eussions couvert
vous eussiez couvert
ils/elles eussent couvert

COUVRIR

(kou-vrir) , je couvre, nous couvrons ; je couvrais ; je couvris ; je couvrirai ; je couvrirais ; couvre, couvrons ; que je couvre, que nous couvrions ; que je couvrisse ; couvrant ; couvert v. a.
Garantir à l'aide d'une chose qu'on étend ou met sur une autre Couvrir une voiture avec la bâche.
Qu'il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu'il sache aussi qu'il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Se couvrir, couvrir à soi. Elle s'était couvert la tête de son voile.
La jeune fille se mit à pleurer en se couvrant le visage [ID., Lévite d'Éphr. ch. I]
Mettre le couvercle. Couvrir la marmite. Garnir d'un toit. Couvrir une maison en ardoises, en tuiles. Envelopper. Couvrir un livre. Couvrir un canapé de toile de Perse. Terme de jeu de dames. Couvrir une dame, mettre une dame sur celle qui est arrivée à dame. Terme de trictrac. Couvrir une dame, mettre sur une flèche une seconde dame pour empêcher que la première ne soit battue. Terme de domino. Couvrir un dé, adapter à un dé posé un autre dé qui manque à l'adversaire. Terme de jeux de carte. Couvrir une carte, mettre une carte sur une autre. Couvrir une carte, mettre de l'argent dessus. Couvrir un momon, accepter le défi d'un momon (voy. MOMON). Par exagération, couvrir d'or un tableau, un manuscrit rare, en donner un prix excessif. Terme de banque et de bourse. Donner une couverture, offrir des garanties. Couvrir le feu, mettre de la cendre dessus pour le conserver. Populairement. Couvrir la joue à quelqu'un, lui donner un soufflet.
Couvrir les pauvres, leur donner des vêtements. Couvrir quelqu'un, augmenter ses vêtements pour qu'il n'ait pas froid. Cet enfant s'enrhumera, vous ne le couvrez pas assez. Couvrir un malade, augmenter ses couvertures, pour qu'il n'ait pas froid ou pour qu'il sue.
Charger, remplir à l'extérieur. Couvrir un habit d'or. Ce cabriolet m'a couvert de boue. Les Anglais couvrirent la mer de leurs vaisseaux.
Je couvrirai plafonds, voûte, voussure Par cent magots.... [VOLT., Goût.]
Ce fut lui qui voulut que son fils, encore enfant, montât sur l'échafaud et qui lui dit : Soyez couvert de mon sang, et apprenez à mourir pour vos rois [ID., Louis XV, 25]
Couvrir les bougies, y mettre la dernière couche, en les attachant par la tête au cerceau. Couvrir les perles, enduire d'essence d'Orient l'intérieur des perles factices. Fig. Couvrir de honte. Cette action le couvrit de honte.
Il ne lui sera pas difficile de couvrir de confusion de simples particuliers comme vous et vos jésuites, qui, par un attentat criminel, usurpent l'autorité de l'Église [PASC., Prov. 12, Défense.]
Son infâme Antinoüs, dont il fit un Dieu, couvre de honte toute sa vie [de l'empereur Adrien] [BOSSUET, Hist. I, 10]
Être répandu sur, être étendu sur. Une foule nombreuse couvrait les rues et les places.
Quand de tels gens couvriront vos remparts, Je vous dirai : dormez, poëtes picards ; Devers la Somme on est en assurance ; Devers le Rhin tout va bien pour la France [LA FONT., Poésies mêlées, XLI]
Où se peuvent cacher tes saints ? Les pécheurs couvrent la terre [RAC., Athal. II, 9]
La rougeur me couvre le visage [ID., Phèd. I, 3]
Tout imita Paris [lors de la St-Barthélemy] ; la mort, sans résistance, Couvrit en un moment la face de la France [VOLT., Henr. II]
Ce sont les vignes qui couvrent principalement les campagnes voisines de la capitale [RAYNAL, Hist. phil. II, 18]
Aucun physicien ne doute aujourd'hui que la mer n'ait couvert une grande partie de la terre habitée [D'ALEMB., Abus de la crit. Œuvres, t. IV, p. 256, dans POUGENS.]
Kutusof, plus confiant dans ses canons que dans ses soldats, ne cherchait à vaincre que de loin ; ses feux couvraient tellement tout le terrain occupé par les Français, que le même boulet qui renversait un homme du premier rang allait tuer sur les dernières voitures les femmes fugitives de Moscou [SÉGUR, Hist de Nap. X, 8]
Absolument. On dit qu'une encre couvre, quand elle a une bonne teinte noire sur le papier qu'on imprime.
Interposer une chose comme défense ou rempart. Il le couvrit de son corps.
L'armée qui nous couvrait des ennemis était invincible [LA BRUY., XII]
La plus grande partie de la cavalerie, bardée de fer, couvrait le front de cette aile droite [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. X, p. 219, dans POUGENS]
Ces forces destinées à couvrir les établissements de leur nation, à détruire ceux de leur ennemi, étaient plus que suffisantes pour ce double objet [RAYNAL, Hist. phil. IV, 23]
Les montagnes de Norvège sont des boulevards admirables qui couvrent de ce vent les pays du Nord [MONTESQ., Esp. XVII, 3]
Elles couvriront les racines des ardeurs du soleil [ID., Arsace et Ism.]
En même temps que sur son flanc droit le maréchal se fait un rempart de ces malheureux, il a regagné les bords du Dniéper, dont il couvre son flanc gauche, et il marche entre deux s'avançant ainsi de bois en bois, de plis de terrain en plis de terrain, profitant de toutes les sinuosités, des moindres accidents du sol [SÉGUR, Hist. de Nap. X, 9]
Terme militaire. Couvrir un siége, empêcher que l'ennemi ne le fasse lever. Couvrir ses derrières, empêcher que l'ennemi ne puisse inquiéter l'arrière-garde ou couper les communications. Terme de marine. Un vaisseau en couvre un autre quand il se place, dans un combat, entre ce vaisseau attaqué et l'ennemi. Le pavillon couvre la marchandise, c'est-à-dire que, par exemple, un navire de commerce sous pavillon français ne peut être visité par aucun vaisseau de guerre d'une autre nation. Fig. Couvrir quelqu'un de sa protection.
Nous pourrons tous les deux, empressés à lui plaire, Couvrir de nos respects la vieillesse d'un père [DUCIS, Abuf. III, 2]
Cacher.
Le voile de la nature qui couvre Dieu [PASC., dans COUSIN]
Toutes choses couvrent quelque mystère ; toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu [ID., ib.]
Dieu ne sort du secret de la nature qui le couvre [ID., ib.]
Les affections temporelles couvrent les biens spirituels où elles conduisent ; les joies temporelles couvrent les maux éternels qu'elles causent [ID., ib.]
Vous le couvrez [le moi], vous ne l'ôtez pas pour cela [ID., ib.]
Étant jeune, j'ai su bien user des plaisirs ; Ores j'ai d'autres soins en semblables désirs ; Je veux passer mon temps et couvrir le mystère [RÉGNIER, Sat. XII]
Et ce masque trompeur de fausse hardiesse Nous déguise sa crainte et couvre sa faiblesse [CORN., Nicom. III, 4]
Qui, pour perdre quelqu'un, couvrent insolemment De l'intérêt du ciel leur fier ressentiment [MOL., Tart. I, 6]
Couvrons à l'infidèle un vif ressentiment [ID., D. Garcie, II, 4]
L'amour-propre que l'on couvre du beau nom de l'amour de la vérité [SÉV., 96]
D'un appareil d'hymen couvrant ce sacrifice [RAC., Iphig. III, 6]
Je me suis tu cinq ans ; et jusques à ce jour D'un voile d'amitié j'ai couvert mon amour [ID., Bérén. I, 2]
Elle tâchait de couvrir sous ces paroles menaçantes la joie de son cœur [FÉN., Tél. I]
Le feu qu'il porte dans son cœur est couvert sous de viles apparences [MASS., Car. Resp.]
Le ciel, qui dans mes mains a remis votre enfance, D'une profonde nuit couvre votre naissance [VOLT., Œdipe, V, 2]
Couvre plutôt ce nom d'un éternel silence [LEMERC., Idom. II, 4]
La loi était presque anéantie ; elle fut couverte par [disparut sous] l'opulence de la cité [MONTESQ., Esp. 27]
Ces exemples nous montrent combien une religion mal entendue, qui couvre du nom respectable de la divinité les plus grands crimes, est capable de faire illusion à l'esprit humain [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. V, p. 15, dans POUGENS]
Couvrant leurs intérêts de l'intérêt des cieux [VOLT., Henr. II]
Terme militaire. Couvrir sa marche, la cacher, la dérober à l'ennemi. Par extension.
Ils [les chats] savent couvrir leur marche, dissimuler leur dessein [BUFF., Chat.]
Fig. Couvrir sa marche, cacher sa conduite, ses démarches, ses vues, etc.
Tantôt couvrant sa marche et ses finesses [LA FONT., Conf.]
Couvrir son jeu, tenir les cartes que l'on a en main, de manière qu'elles ne soient pas vues des autres joueurs ; et fig. cacher ses intentions, ses actions.
Il faut avouer que M. le cardinal Mazarin joua et couvrit très bien son jeu en cette rencontre [RETZ, Mém. liv. II, p. 440, dans POUGENS]
Pallier, excuser....
Un adroit mensonge à couvrir le forfait [CORN., Héracl. II, 2]
Ciel ! faut-il que le rang dont on veut tout couvrir, De cent sots tous les jours nous oblige à souffrir ! [MOL., Fâch. I, 6]
Non, vous voulez en vain couvrir son attentat [RAC., Phèd. V, 3]
D'un voile d'équité couvrant mon injustice [ID., Andr. IV, 5]
Sa haute réputation et l'éclat de ses victoires couvrirent ces irrégularités [VERTOT, Révol. rom. XI, p. 145]
On blâme les faveurs dont vous couvrez leurs crimes [DELAV., Vêpres sicil. II, 2]
Mais quelles qualités purent jamais couvrir les vices qui le rendirent l'objet de la haine de ses sujets ? [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. V, p. 231]
L'agrément couvre tout, il rend tout légitime ; Aujourd'hui dans le monde on ne connaît qu'un crime, C'est l'ennui.... [GRESSET, Méchant, IV, 7]
Effacer, réparer, en parlant des fautes, des manquements. Une amnistie a couvert ce délit. Un mariage subséquent couvre le défaut de naissance des enfants. Terme de pratique. Couvrir la prescription, l'interrompre. Couvrir une nullité, l'écarter de manière qu'elle ne puisse plus être opposée. Couvrir un crime, s'est dit quelquefois dans un sens analogue.
Dominer, étouffer. Le bruit qui se faisait dans l'assemblée couvrait la voix de l'orateur.
Il [le poëte] n'a qu'à dire un mot pour couvrir nos voix grêles, Comme un char en passant couvre le bruit des ailes De mille moucherons [V. HUGO, F. d'aut. 11]
10° Terme de commerce. Suffire à. Le produit de la recette n'a pas couvert les frais.
11° Couvrir une enchère, enchérir au-dessus de quelqu'un.
12° En parlant des animaux, s'accoupler avec la femelle.
Lorsque les brebis étaient couvertes par les mâles [VOLT., Phil. IV, 85]
13° Se couvrir, v. réfl. Se vêtir, s'envelopper. Se couvrir d'un manteau.
La fière Fulvie Se couvre, sans rougir, d'un vil déguisement [ID., Catil. II, 1]
Mettre un vêtement qui garantisse du froid. Il fait froid, il faut se couvrir davantage. Fig. Se couvrir d'un sac mouillé, apporter de méchantes excuses. Se couvrir de diamants, s'en parer avec profusion. Fig. Se couvrir des apparences, du manteau de la vertu, cacher ses vices sous des apparences d'honnêteté.
14° Mettre sur sa tête quelque chose qui coiffe.
Venez du diadème à leurs yeux vous couvrir [RAC., Athal. IV, 5]
Absolument. Mettre son chapeau. Couvrez-vous, monsieur.
Henri IV, à l'audience qu'il donna à Dom Pèdre de Tolède, le 3 juillet 1608, dit aux maréchaux de France et aux ducs de se couvrir, voyant que cet ambassadeur entrait et s'avançait sans se découvrir [SAINT-FOIX, Ess. Paris, Œuvres, t. IV, p. 362, dans POUGENS]
Fig. Se couvrir de lauriers, remporter d'éclatantes victoires.
Assez d'autres viendront à mes ordres soumis Se couvrir des lauriers qui vous furent promis [RAC., Iphig. IV, 6]
15° Être rempli. La place se couvrit de curieux. Voyez comme son visage se couvre d'une rougeur subite. La terre se couvre de verdure.
Ses sept collines Se couvrent à vos yeux de meurtres, de ruines [VOLT., Catil. IV, 3]
Ses yeux se couvrirent à l'instant d'un épais nuage semblable à celui de la mort [FÉN., Tél. VII]
Avec ellipse du pronom se.
Le héros, à ce discours flatteur, Sentit couvrir son front d'une noble rougeur [VOLT., Henr. III]
Se couvrir du sang de quelqu'un, le tuer ou le faire tuer. Fig. Se couvrir de gloire. Se couvrir de honte. Se couvrir de boue, s'avilir par des bassesses.
L'accepter [la vie], ce serait me couvrir d'infamie [ID., Catil. V, 6]
Le ciel, le temps se couvre de nuages, ou, absolument, le ciel, le temps se couvre, des nuages s'étendent sur le ciel.
Allons, rentrons ici ; j'ai changé de pensée ; et puis le temps se couvre un peu [MOL., Sicil. 10]
Fig. L'horizon se couvre, il survient des obstacles, des circonstances difficiles.
16° Terme de guerre. Se couvrir d'un bois, d'un retranchement, d'une rivière, s'en faire un abri contre l'ennemi.
On remarquera dans le campement de Chatenoy l'éminence qu'occupa ce grand capitaine et le ruisseau dont il se couvrit sous le canon du retranchement de Selestadt [BOSSUET, Louis de Bourbon.]
Terme d'escrime. Se couvrir, tenir la pointe de l'épée de son adversaire hors de la ligne du corps. Se couvrir de son épée, manier si adroitement son épée qu'on défende contre les coups toutes les parties de son corps. Par extension, se défendre, se protéger.
Ils leur laissent à peine au bout de dix années, Pour se couvrir de nous, l'ombre des Pyrénées [CORN., Sertor. II, 1]
Ceux qui se couvraient de l'autorité de la loi civile [BOSSUET, Usure.]
En vain vous vous couvrez des vertus de vos pères [BOILEAU, Sat. V]
Absolument, au trictrac, se couvrir, placer une seconde dame sur une flèche qui n'en avait qu'une.
16° Se couvrir de, se cacher sous.
Il [Jésus] s'est encore plus caché en se couvrant de l'humanité [PASC., dans COUSIN]
Le désir de vaincre est si naturel, que, quand il se couvre du désir de faire triompher la vérité, on prend souvent l'un pour l'autre [ID., ib.]

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Qui fut cuvert d'un paile alexandrin [, Ch. de Rol. XXXIV]
    Cuvert en sont li val et les montagnes [, ib. LXXXIV]
  • XIIe s.
    Et son cheval [il] fait enseler et covrir [, Ronc. p. 55]
    Al segnor chi covre le ciel de nues e aprested à la terre pluvie [, Liber psalm. p. 227]
    Ou cil qui aint [aime] du cuer à son pooir Et ne s'en sait mie très bien couvrir [cacher] [, Couci, X]
    [Au temps] Que bois et prés sont de mainte semblance, Vert et vermeil, couvert d'erbe et de flor [, ib. XVI]
    Ä icel jour [vous] serez tuit mal bailli, Se sa pitié [de Dieu] ne cuevre sa puissance [QUESNES, Romancero, p. 97]
    E covrit confusiun la meie face [, Liber psalm. p. 88]
    Reis esteit, e evesques voleit estre altresi ; Deus s'en est coreciez, de liepre le covri [, Th. le mart. 75]
    E tutes lur funteines estuperez ; et tuz lur champs de pierres cuverez [, Rois, 353]
  • XIIIe s.
    [Rue qui] ne fust toute couverte de dras très richement [, Berte, IX]
    Au lit au roi Pepin [elle] fait sa fille couvrir [mettre sous les couvertures] [, ib. XII]
    [Il] n'i ot fors [que] buissonciaus où du vent [elle] s'est couverte [, ib. XXX]
    Comment le peuvent-il avoir ainsi couvert [caché le meurtre] ? [, ib. XCIII]
    Et la damoisiele fu renvoiie dechà mer, et arriva en Pontiu ; et là, couvri son grant pieché, et ne s'osoit demonstrer au roi Felippe son frere [, Chr. de Rains, p. 13]
    compainz, compainz, ce doivent querre Cil qui sunt en aperte guerre ; Mès MaleBouche est trop couvers, Il n'est mie anemis ouvers [, la Rose, 7859]
    En ung destor fu li cuivers [perfide] D'erbes et de fuelles couvers, Por ceus espier et sorprendre Qu'il voit as roses la main tendre [, ib. 2841]
    La joie del retor lui cuevre Le pensé dont il est en doute [, Lai de l'ombre]
    Sens est perdus qui est couvers [caché] [, Lai d'Ignaur]
    Mais la fame si bien se cuevre, Ne ja n'i sera descouverte, Devant qu'ele soit espousée [, la Rose, 8712]
    Coment et de quei les chevaus deivent estre covers [, Ass. de J. I, 165]
    Et après, quant li commun veut avoir conte, il se queuvrent qu'il ont conté li uns à l'autre [BEAUMANOIR, L, 7]
    Quant [je] voi ces oisiaus esjoïr Por la douçor de la saison, Lors [je] chant por ma dolor covrir [, Hist. litt. t. XXIII, p. 749]
    Pour couvrir sa desloyauté, et pour geter le blasme sur le calife de la prise de la ville [JOINV., 278]
    Et quant ce vient après la Saint Remy, les sept rivieres s'espandent par le païs et cuevrent les terres pleinnes [les plaines] [ID., 219]
    Toute sa gent qui estoient mal armées, il les envoia par une valée couverte [ID., 271]
  • XIVe s.
    Le gouvernement des princes françois [titre d'un livre], couvert de cuir blanc à queue [DE LABORDE, Émaux, p. 232]
  • XVe s.
    Et jà estoient les tables couvertes en la chambre mesme ; adonc demanda il l'eau pour laver [FROISS., III, IV, 23]
    Par ma foi, respondirent aucuns, sire, malement pouvons-nous savoir, car les Anglois sont couverts quelle chose ils feront ni où ils se trairont [FROISS., II, III, 34]
    Ils [les brigands] espioient une bonne ville ou un bon chastel ; et puis s'assembloient vingt ou trente brigands, et s'en aloient tant de jour que de nuit, par voies couvertes, que ils entroient en celle ville droit sur le point du jour [ID., I, I, 324]
    Il doubtoit plus la guerre couverte que la guerre ouverte [, Bouciq. III, ch. 18]
    Les raisons que sçauroye alleguer en ceste matiere ne sçauroyent couvrir la faute de foy et d'honneur que le duc commist [COMM., V, 6]
    Beau souper fut en haste couvert et servi [LOUIS XI, Nouv. I]
    Lors, un d'entre eux couvrit la table et mit le banquet dessus [ID., ib. XXIX.]
    Elles se bouterent en une chambre au plus près où elles avoient fait couvrir chacune son lit, [ID., ib. XX]
    Bien viengne le roi Perceforest qui a garanty et couvert le mauvais pays de ceste forest [, Perceforest, t. I, f° 29]
  • XVIe s.
    Haine esmeut contention, mais charité couvre toutes iniquitez [CALVIN, Instit. 519]
    Couvert de sang et de playes [MONT., I, 4]
    Se couvrir des maulx et inconvenients qui nous menacent [ID., I, 48]
    Aller la teste couverte [ID., I, 259]
    Ils alloient à la guerre obscurement couverts et sans atour imperial [ID., I, 354]
    Il ne leur avoit jamais dit de qui ilz estoient filz, sinon en parolles couvertes [AMYOT, Rom. 10]
    Il y proceda par voye couverte [ID., Lyc. 13]
    Ilz faisoient couvrir leurs chiennes et leurs juments par les plus beaux chiens et les meilleurs estalons qu'ilz pouvoient recouvrer [ID., ib. 30]
    Ilz se cachoient durant le jour en quelques lieux couverts, là où ilz se reposoient [ID., ib. 58]
    L'on dit que les perdrix s'engressent à couvrir leurs femelles [AMYOT, Solon, 38]
    Je couvray tous les lopins desdits pots desdites drogues couchées avec le pinceau [PALISSY, 319]
    Monsieur, cependant qu'on couvrira pour vous donner un mauvais soupper, voulez-vous faire un tour d'allée ? [D'AUB., Faen. I, 5]
    Il valoit mieux confesser une faute en grammaire, que de la couvrir par des blasphemes [ID., ib. II, 1]
    Un gentil-homme bien couvert s'arresta devant la boutique d'un orphevre [ID., ib. IV, 7]
    Un cabinet de livres couverts bien proprement [ID., Vie, V]
    D'Aubigné s'estoit jetté au devant de lui pour le couvrir de son corps et empecher qu'il ne lui mesavint [ID., ib. XLII]
    Cosseins arresta ceux qui estoient sortis, avec nombre de noblesse et gens couverts [ID., Hist. II, 46]
    L'air nebuleux, couvert et humide [PARÉ, VI, 23]
    Voire s'en treuve [des vins] de si tardifs, que jamais ne peuvent venir rouges ne couvers [chargés, colorés], quoiqu'on les tienne un mois dans la cuve [O. DE SERRES, 215]
    Ô que mal-aisement l'ambition se couvre ! [RONS., 975]
    Le feu plus couvert est le plus ardent [COTGRAVE, ]
    Retournerent en la salle où l'on commençoit desjà à couvrir [à servir], et se mirent à table [, Nuits de Straparole, t. II, p. 14, dans LACURNE]
    Couvrir la joue [souffleter] [OUDIN, Dict.]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, covrir ; bourgnig. côvre ; picard, coeuvrir ; saintong. chuvrir ; wallon, covrî ; rouchi, couver ; provenç. cobrir, cubrir ; espagn. cubrir ; ital. coprire ; du latin cooperire, de co, pour cum, et operire, couvrir.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    COUVRIR. Ajoutez :
    18° Semer.
    Quel grain veux-tu répandre dans ces lieux ? Le manant dit : Monseigneur, pour le mieux, Je crois qu'il faut les couvrir de touselle, Car c'est un grain qui vient fort aisément [LA FONT., Papefig.]

couvrir

COUVRIR. v. a. (Je couvre, tu couvres, il couvre; nous couvrons, vous couvrez, ils couvrent. Je couvrais. Je couvris. J'ai couvert. Je couvrirai. Couvre. Que je couvre. Que je couvrisse. Couvrant.) Mettre une chose sur une autre pour la cacher, la conserver, l'orner, etc. Couvrir une statue, un tableau. Couvrir une maison. Couvrir de terre les racines d'un arbre. Couvrir un plat. Couvrir un pot. Couvrir de chaume, de tuile, d'ardoise. Couvrir une charrette, un bateau, etc. Ce parapluie est assez grand pour couvrir trois personnes. Couvrir d'or, d'argent. Couvrir de cuir une malle, un coffre. Couvrir un livre de parchemin, de vélin, de veau. Couvrir des chaises de toile, de serge, etc. Se couvrir la tête, le visage. On le dit aussi Des choses avec lesquelles on en couvre d'autres. Le voile qui couvre ce tableau, cette statue. On enleva la terre qui couvrait le cercueil. Il s'emploie souvent avec le pronom personnel. Se couvrir d'un manteau.

Couvrir un malade, Augmenter le nombre des couvertures, pour le garantir du froid, ou pour lui procurer une sueur.

Couvrir le feu, Mettre de la cendre dessus pour le conserver.

Couvrir une carte, Mettre une carte sur une autre; ou Mettre de l'argent sur sa carte.

Fig. et par exagérat., Couvrir d'or un domaine, un tableau, En offrir un prix excessif.

Pop., Couvrir la joue à quelqu'un, Lui donner un soufflet. S'il me soutient cela, je lui couvrirai la joue.

Prov. et fig., Se couvrir d'un sac mouillé, Se servir d'une excuse vaine, qui aggrave la faute plutôt que de la diminuer.

couvrir

COUVRIR signifie aussi, Revêtir. Couvrir les pauvres. Les vêtements qui le couvrent. On l'emploie également, dans ce sens, avec le pronom personnel. Se couvrir d'un habillement modeste. Cette femme est si pauvre, qu'elle n'a pas de quoi se couvrir. Il faut avoir soin de se bien couvrir en hiver.

couvrir

COUVRIR avec le pronom personnel, signifie aussi, Mettre son chapeau sur sa tête. Il se couvrit le premier. Couvrez-vous, monsieur. Un ambassadeur, un grand d'Espagne se couvre, a le droit de se couvrir devant le roi.

couvrir

COUVRIR signifie encore, Mettre une chose en grande quantité sur une autre. Couvrir un habit d'or, d'argent, de clinquant, de broderie. Couvrir la mer de vaisseaux. Couvrir la campagne de soldats, de morts. Couvrir une table de louis d'or. Couvrir une table de mets. Il vint un boulet de canon qui le couvrit de terre. Ce cabriolet m'a couvert de boue. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Se couvrir de diamants, de pierreries.

Il se dit aussi figurément, dans le sens qui précède. Son discours fut couvert d'applaudissements. Il fut couvert de risées, de huées. Couvrir quelqu'un de honte, d'opprobre, d'infamie. Je le couvrirai de confusion. Cette action le couvrit de gloire. On l'emploie souvent avec le pronom personnel. Se couvrir d'opprobre, d'infamie. Se couvrir de crimes. Se couvrir de gloire.

Fig., Se couvrir de lauriers, Remporter des victoires, une grande victoire.

Fig., Se couvrir de bous, S'avilir par des actions basses, infâmes, tomber dans le dernier mépris.

Fig., Se couvrir du sang de quelqu'un, Tuer ou faire tuer quelqu'un. Cette phrase ne se dit que D'une action criminelle.

couvrir

COUVRIR se dit pareillement Des choses qui s'étendent, qui se répandent sur d'autres. Les eaux débordées couvrirent en un moment toute la campagne. Une rougeur subite couvrit son visage. D'épaisses ténèbres couvrirent ses yeux. Ces ruines couvrent un espace de plusieurs lieues. Une foule immense couvrait la place publique. Enlevez la poussière qui couvre ce tableau. La pâleur qui couvrait son visage. Une lèpre hideuse couvrait tout son corps. On l'emploie également avec le pronom personnel, dans le sens passif. La terre se couvre de verdure. Son front se couvrit d'une aimable rougeur. Mes yeux se couvrirent d'un nuage.

Le ciel, le temps se couvre, l'horizon se couvre, Il se brouille, s'obscurcit par des nuages. Le temps commence à se couvrir.

Fig., L'horizon se couvre, Il survient des obstacles; des événements sinistres se préparent.

couvrir

COUVRIR signifie en outre figurément, Cacher, dissimuler. Il sait bien couvrir ses desseins. Il couvre bien son jeu. Il sait bien couvrir ses défauts. Il couvre sa passion. Cette modestie apparente couvre une grande vanité. On l'emploie aussi avec le pronom personnel. Le vice cherche quelquefois à se couvrir des apparences de la vertu.

En termes de Guerre, Couvrir sa marche, Cacher sa marche, la dérober à l'ennemi. Un bon général doit savoir couvrir sa marche.

Fig., Couvrir sa marche, Cacher ses desseins, aller adroitement à ses fins.

couvrir

COUVRIR signifie également, Excuser, faire pardonner, pallier. On pourrait couvrir sa faute, en disant que... Quelques beautés ne sauraient couvrir les nombreux défauts de cet ouvrage. On dit dans un sens analogue, avec le pronom personnel, Se couvrir d'un prétexte.

Ce crime a été couvert par l'amnistie, On ne peut plus en poursuivre l'auteur, parce qu'il a été amnistié.

couvrir

COUVRIR signifie encore, Garantir, mettre à l'abri. Couvrir de gabions ceux qui travaillent à une tranchée. Il s'élança, et le couvrit de son corps. On l'emploie aussi, dans ce sens, avec le pronom personnel. Se couvrir de son bouclier.

Il se dit quelquefois figurément. Couvrir quelqu'un de sa protection, de sa faveur. Se couvrir d'un grand nom, d'un vain titre. Le pavillon couvre la marchandise.

Par extension, Se couvrir de son épée, Se servir assez adroitement de son épée pour mettre à couvert et défendre à la fois toutes les parties de son corps.

Absol., au Trictrac, Se couvrir, Placer une seconde dame sur une flèche qui n'en avait qu'une.

couvrir

COUVRIR signifie particulièrement, en termes de Guerre, Protéger, défendre. La citadelle couvre la ville. Un corps de trente mille hommes couvrait nos frontières de ce côté.

Avec le pron. person., Se couvrir d'un bois, d'une colline, d'une éminence, d'un marais, etc., Se poster près d'un bois, d'un marais, etc., en sorte qu'on ne puisse être attaqué que difficilement de ce côté-là.

Couvrir un siége, Empêcher que l'ennemi ne vienne mettre obstacle à la continuation d'un siége.

couvrir

COUVRIR se dit aussi D'un son ou d'un bruit qui en domine un autre, et ne permet pas de l'entendre ou de le distinguer. Le bruit qui se faisait dans l'assemblée couvrit entièrement la voix de l'orateur. L'orchestre couvre la voix des chanteurs. Le fracas du tonnerre couvrait le bruit de la cataracte.

couvrir

COUVRIR se dit quelquefois, au figuré, De ce qui indemnise des frais, des dépenses qu'on a faites dans quelque entreprise. Le produit de la recette est à peine suffisant pour couvrir les frais.

En Jurispr., Couvrir la prescription, L'interrompre. On dit aussi, Couvrir la péremption, couvrir une fin de non-recevoir, une nullité, Faire qu'elle ne puisse plus être opposée. On a dit quelquefois, dans un sens analogue, Couvrir un crime.

Couvrir une enchère, Enchérir au-dessus de quelqu'un.

couvrir

COUVRIR se dit encore Des animaux qui s'accouplent avec leurs femelles. C'est un cheval anglais qui a couvert cette jument, cette cavale. Cette chienne a été couverte d'un épagneul, par un épagneul. Il faut faire couvrir cette jument.

couvrir

Couvrir, Il vient de Cooperire p verso in v, Amicire, Operire, Integere, Insternere, Contegere, Obnubere, Obducere, Obtegere, Praetexere, Tegere, Velare, Il se prent aussi pro rem habere, coire, inire, Et ce parlant des bestes seulement et communément des chiens, Car parlant des autres bestes on n'en use pas communément, ains de Aligner pour le loup, De saillir, pour les grosses bestes comme taureaux chevaux et autres.

Couvrir et cacher, Praeuelare, Superuestire.

Achever de couvrir, Pertegere.

Couvrir de poix, poisser, Postes pice induere.

Couvrir un champ de vignes, Vestire vineis agrum.

Couvrir de terre, Contumulare.

Couvrir de terre, ou d'autre chose, Obruere.

Couvrir de terre tout entour, Circumobruere.

Couvrir la terre, ou autre chose, Consternere.

On couvre toute la terre de dards, Sternitur omne solum iaculis.

Couvrir par dessus, Superintegere.

Couvrir tout à l'entour, Circuntegere, Circunuestire.

Couvrir du tout et quasi enterrer, Adobruere.

Couvrir tellement que ce soit comme une crouste, Incrustare.

Couvrir les fosses qu'on ne les apperçoive, Obcaecare fossas.

Couvrir quelque chose pour luy faire ombre, Adumbrare.

Se targer et couvrir de quelque chose, Praetendere aliquid.

Couvrir comme d'un linge, Conuelare.

Cacher et couvrir quelque vice, Obuoluere vitium, Tegere ac velare.

Couvrir la couleur naïfve d'autre couleur, Fucare.

Garnir et couvrir le parterre de quelque chose molle sur quoy on se couche, Substernere.

¶ Cela qui couvre les os des noix, noisilles, et semblables, Panicula, paniculae.

Tout ce qui sert à couvrir, cacher et envelopper quelque chose, Inuolucrum, Segestre.

Couvert, Opertus, Coopertus, Tectus, Velatus.

Estre à couvert, In operto esse.

Couvert en terre, Coopertus in terra.

Quelque peu couvert de nuées, Subnubilus.

Couverts et chargez de pillage, Operti praeda.

Feu couvert et qui ne luist point, Ignis sopitus.

Qui n'est point couvert ne defendu, Improtectus.

On le sert à couvert, Omnia ei opertanea struuntur et apponuntur fercula, B.

Tout estoit couvert de neige, Nix omnia constrauerat, B.

couvrir


COUVRIR, v. a. [Kou-vri.] Je coûvre, je couvris, j'ai couvert, je couvrirai, couvrirais; que je coûvre, je couvrisse, etc. Les autres temps n'ont point de dificultés. Couvrir, c'est, 1°. mettre une chôse sur une aûtre pour la cacher, la conserver, l'orner, etc. Il a la prép. de pour 2d régime. Couvrir une maison de chaûme, de tuile, d'ardoise; couvrir un habit d'or, d'argent; un livre de parchemin, de velin, de veau. Se couvrir de son manteau. — Figurément, couvrir de honte, d'oprobre, d' ignominie: "Il s'est couvert de gloire et d'honeur. "Couvrez-moi de votre protection. "On couvre de la fierté, des défauts et des faiblesses que la fierté trahit et manifeste elle-même. Massillon. = Il s'emploie aussi avec le seul régime direct (l'acusatif.) Couvrir une statûe, une maison, bien couvrir un malade; couvrir le feu, etc. = 2°. Mettre en grande quantité sur.... Couvrir la campagne de morts, la table de pistoles; "Un boulet de canon le couvrit de terre: il était couvert de sang et de poussière. = 3°. Cacher, dissimuler. "Couvrir son jeu, ses desseins. Couvrir sa faûte, se couvrir d'un prétexte, d'une excûse: comment pourra-t-il couvrir une telle démarche? De quel prétexte, de quelle excûse pourra-t-il couvrir un procédé si odieux? = En termes de guerre, couvrir (cacher) sa marche. Au figuré, cacher ses desseins, aler adroitement à ses fins. "Il sait couvrir sa marche. = 4°. Il se dit des animaux, qui s'acouplent avec les femelles. "Il faut faire couvrir cette cavale. "Cette chiène a été couverte d'un épagneul, ou encôre mieux par un épagneul. = 5°. Se couvrir, mettre son chapeau sur sa tête. Couvrez-vous, Monsieur. "Il se coûvre devant le Roi. = On dit, que le ciel, que le temps se coûvre, pour dire, qu'il se brouille, qu'il s'obscurcit par des nuages; et qu'il est couvert, quand il est brouillé et obscur. = 6°~. Couvrir une carte, mettre de l'argent dessus. Couvrir une enchérir, enrichir au-dessus de quelqu'un. = 7°. Être couvert, régit la prép. de. "Il est couvert de plaies, de honte, de gloire. Elle étoit toute couverte d'or et d'argent. Voyez COUVERT.
   On dit, proverbialement, qu'un homme se tient clos et couvert, pour dire, qu'il ne se hasarde guère, ou qu'il se comunique à peu de gens.

Synonymes et Contraires

couvrir

verbe couvrir
1.  Placer une chose sur une autre.
2.  Répandre en grande quantité sur.
3.  Mettre des vêtements à.
habiller -littéraire: revêtir, vêtir.
5.  Cacher quelque chose.
6.  Soutenir quelqu'un.
7.  Être répandu sur.

couvrir (se)

verbe pronominal couvrir (se)
Traductions

couvrir

bedecken, decken, zudecken, belegen, einhüllen, verhüllencover, coat, litter, roof, smotherbedekken, dekken, bestrijken, overstemmen, beleggen, toedekken, (af-, afleggen [afstand], be-, beschermen, beschutten, dekken [dieren], dekken [kosten, kaften [boek], kleden, met een laag bedekken, omvatten, over-, overladen (met), overschreeuwen, overstromen, risico's], toe)dekken, uitvoerig berichten (over), verbergen, verhullen, verslaan, bestuiven, goedmakenהלביש (הפעיל), הליט (הפעיל), העטה (הפעיל), חיפה (פיעל), טח (פ'), כיסה (פיעל), סיקר (פיעל), סכך (פ'), ספן (פ'), עטף (פ'), ציפה (פיעל), ריפד (פיעל), עָטַף, הֵלִיט, הֶעֱטָה, טַח, חִפָּה, סָפַן, סִקֵּר, צִפָּה, כִּסָּהcubrirmeliputκαλύπτω, σκεπάζωcobrirпокрыть, накрыватьcoprireيُغَطيpřikrýtdækkepeittääpokriti se覆う덮다dekkepokryćtäckaคลุมörtmekche phủ覆盖 (kuvʀiʀ)
verbe transitif
1. mettre qqch sur qqch couvrir une voiture d'une bâche couvrir un mur de peinture
2. être sur qqch La neige couvre le sol.
3. empêcher d'entendre Le bruit de la rue couvre sa voix.
4. faire un trajet couvrir mille kilomètres
5. payer couvrir des frais

couvrir

[kuvʀiʀ] vt
(avec un revêtement, une fermeture, une protection) → to cover
(= recouvrir) couvrir qch de [+ signes] → to cover sth with
couvrir qch de peinture → to paint sth
(= dominer, étouffer) [+ voix, pas] → to drown out
[+ erreur] → to cover up; [+ collègue, coupable] → to cover for
[+ frais] → to cover
[assurance] [+ accident, éventualité, assuré] → to cover
[journaliste] [+ événement] → to cover
(ZOOLOGIE) (= s'accoupler à) → to cover [kuvʀiʀ]
vpr/vi
[ciel] → to cloud over
Le ciel se couvre → The sky's clouding over.
(= s'habiller) → to wrap up
Couvre-toi bien: il fait très froid dehors → Wrap up well: it's very cold outside.
(= remettre son chapeau) → to put one's hat back on
se couvrir de [+ fleurs, boutons] → to become covered in
vpr/réfl
(par une assurance) → to cover o.s.
(avec un alibi) → to cover o.s.