crédit

(Mot repris de crédits)

crédit

n.m. [ lat. creditum, de credere, croire ]
1. Prêt consenti par une personne, par une banque ; délai de paiement accordé à qqn : Crédit à court terme, à long terme. Je ne peux plus faire de grandes dépenses car j'ai déjà deux crédits qui courent emprunt
2. Ensemble des sommes allouées sur un budget : La mairie a voté des crédits pour construire une crèche.
3. Partie d'un compte bancaire qui mentionne les sommes dues à qqn ou ses versements (par opp. à débit) : Veuillez porter ce chèque à mon crédit avoir
4. Litt. Confiance qu'inspire qqn ou qqch : Je n'accorde aucun crédit à ces promesses faites dans l'euphorie du succès je n'y crois pas du tout ; valeur influence considération, faveur, réputation ; défaveur, mépris
À crédit,
avec un paiement différé : Acheter des meubles à crédit.
Carte de crédit,
carte qui permet à son détenteur d'effectuer des retraits d'argent dans une billeterie et de régler des factures sur simple signature.
Crédit municipal,
caisse municipale de crédit pratiquant le prêt sur gage à taux modérés, autref. appelée mont-de-piété.
Faire crédit à qqn,
lui accorder un délai de paiement.

CRÉDIT

(kré-di ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : les cré-di-z ouverts) s. m.
Confiance en la solvabilité. Le crédit est l'âme du commerce.
Notre trio [de marchands] poussa maint regret inutile, Ou plutôt il n'en poussa point ; Le plus petit marchand est savant sur ce point : Pour sauver son crédit, il faut cacher sa perte [LA FONT., Fabl. XII, 7]
Les Allemands que le fidèle Sancy avait levés sur son propre crédit [ANQUET., Ligue, III, 84]
L'on sait qu'une personne qui a du crédit emprunte à meilleur marché qu'une personne qui n'en a pas [J. B. SAY, Traité, 1841, p. 388]
Faculté d'obtenir des prêts ; disposition des détenteurs de capitaux à en faire l'avance à ceux qui les demandent. Le crédit règne dans un pays lorsque les prêts y sont abondants et faciles. Un particulier a du crédit lorsqu'il emprunte facilement les fonds dont il a besoin. Crédit personnel, celui qui dépend du caractère personnel et des facultés de l'emprunteur. Crédit réel, celui qui repose sur des sûretés spéciales. Crédit hypothécaire. Crédit agricole, industriel, commercial, celui qui procure des avances à l'agriculture, à l'industrie, au commerce. Crédit foncier, territorial, celui qui prête à la propriété foncière. Société générale du crédit mobilier, société destinée à faire des prêts sur dépôts de valeurs mobilières, actions, coupons de rentes, etc. Crédit public, confiance dont jouit un gouvernement pour le payement des intérêts de sa dette, pour les emprunts à faire, etc.
La France et l'Espagne ont leurs trésors ; l'Angleterre, un grand crédit national [RAYNAL, Hist. phil. XVIII, 50]
L'usage du crédit public, quoique ruineux pour tous les États, ne l'est pas pour tous au même point [ID., ib. XIX, 11]
Le crédit public, comme le crédit personnel, consiste dans la persuasion où est le public, que le débiteur, qui est l'État, s'acquittera fidèlement des engagements qu'il a contractés envers ses créanciers [J. B. SAY, Cours, t. II, p. 443, 1840]
Prêter son crédit à quelqu'un, engager sa signature, s'obliger pour faire emprunter à quelqu'un une somme. Crédit est mort, on ne prête plus, c'est-à-dire on ne vend que contre argent. Fig.
Notre siècle vit sur le crédit du siècle de Louis XIV [VOLT., Lett. à Mme Dubocage, 3 sept. 1758]
Terme que le créancier accorde à son débiteur. Accorder un long crédit. Acheter, vendre des marchandises à crédit, c'est-à-dire sans payement immédiat.
Mais nous avons là vingt bouteilles, Et le traiteur nous fait crédit [BÉRANG., Fortune.]
On achète des étoffes à crédit [PASC., Prov. 8]
Je lui ferai crédit de trois mois [SÉV., 74]
Votre plaisir serait-il qu'à crédit J'en puisse avoir, non pas pour grosse somme ? [LA FONT., Comment l'espr.]
Les sauvages, pendant l'été, mettent leurs chiens en pension, à crédit, chez des gardiens [CHATEAUB., Amér. 275]
Mon hôte à crédit me traite ; J'ai bonne chère et vin vieux [BÉRANG., Homme rangé.]
Familièrement. Faire crédit de la main à la bourse, ou depuis la main jusqu'à la bourse, ne livrer sa marchandise que contre payement. Fig. Faire crédit d'une chose, en dispenser.
Je fais crédit à mon fils de cette reconnaissance [SÉV., dans le Dict. de BESCHERELLE.]
Fig. À crédit, inutilement, sans fondement.
C'est jouer en amour un mauvais personnage Et se rendre après tout misérable à crédit [MOL., le Dép. I, 2]
Mais les gens de mon air, marquis, ne sont pas faits Pour aimer à crédit et faire tous les frais [ID., Mis. III, 1]
Qui peut trouver moyen d'être fait de la sorte Ne soupire guère à crédit [ID., Psyché, III, 1]
Cela se dit à crédit et sans démonstration [GUI PATIN, Lettres, 727]
Elle a pris à crédit un pain sur la fournée, se dit d'une fille devenue grosse avant le mariage.
Somme mise à la disposition de quelqu'un dans une banque, chez un commerçant. Ouvrir un crédit à quelqu'un, et aussi faire un crédit à quelqu'un, l'autoriser à toucher à une caisse, jusqu'à concurrence d'une somme déterminée, et aussi s'obliger à prêter sur demande à la personne désignée une somme à des conditions déterminées. Avoir un crédit chez un banquier, être autorisé à toucher chez lui une certaine somme. Lettre de crédit, lettre dont le porteur peut toucher de l'argent chez ceux à qui elle est adressée. Terme d'administration. Somme allouée, pour tel usage déterminé, par voie de budget. Crédit ordinaire, supplémentaire, extraordinaire, etc.
La page droite d'un livre de compte qui s'intitule avoir, et où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un, ce qu'on a reçu de quelqu'un par opposition à débit, partie d'un compte où l'on porte ce qui a été fourni à quelqu'un ou payé à quelqu'un. Tout compte courant est tenu par crédit et par débit. Portez cet article à mon crédit. Avoir crédit en banque, être inscrit comme créancier sur les livres de la banque. Crédit se dit aussi pour signifier la note de ce qu'un marchand doit faire entrer à son profit dans le tableau d'un compte, et encore la note de tous les articles qui doivent être portés en recette sur un compte.
Terme de commerce et de banque. Confiance dont jouissent certains effets sur la place. Les billets de cette compagnie prennent crédit.
Considération, influence dont jouit une personne.
Elle aura du crédit en l'empire d'amour [RÉGNIER, Sat. VII]
La fameuse Macette, à la cour si connue, Qui s'est aux lieux d'honneur en crédit maintenue [ID., Sat. XII]
Quelque peu de crédit que chez vous il obtienne [CORN., Poly. I, 3]
Et vous pensez par là leur ôter tout crédit [ID., Nicom. III, 5]
Mais pour peu qu'il m'aimât, du moins il m'aurait dit Que je garde en son âme encor quelque crédit [ID., Tite et Bérén. II, 7]
Certes, vous m'allez mettre en crédit par la ville [ID., le Ment. III, 5]
[Il] Passe pour homme illustre et se met en crédit [ID., ib. I, 6]
Si mon crédit peut obtenir sa grâce [ROTROU, Bélis. I, 2]
Ah ! ma sœur ! si sur vous je puis avoir crédit [MOL., le Dép. II, 3]
Rome où Diana [un casuiste] est en si grand crédit [PASC., Prov. 6]
Par le crédit qu'ils ont dans le monde [ID., ib. 15]
Si j'avais du crédit en France [ID., ib. 2]
Sauver la vérité sans perdre notre crédit [ID., ib.]
Les jésuites ont assez bonne opinion d'eux-mêmes, pour croire qu'il est utile et comme nécessaire au bien de la religion, que leur crédit s'étende partout et qu'ils gouvernent toutes les consciences [ID., ib. 5]
Ils s'acquirent un grand crédit par la pureté de leur doctrine [BOSSUET, Hist. II, 5]
M. Colbert commença à prendre auprès du roi le crédit qui le rendit depuis le premier homme de l'État [LA FAYETTE, Henriette d'Anglet. Œuvres, t. III, p. 112, dans POUGENS.]
Pour se mettre en crédit auprès du roi [HAMILT., Gramm. 8]
Par l'entremise de quelque personne d'autorité et de crédit sur son esprit [FLÉCH., Serm. I, 295]
Je vois mes honneurs croître et tomber mon crédit [RAC., Brit. I, 1]
Princesse, en leur faveur employez mon crédit [ID., Esth. III, 5]
Son adroite vertu ménage son crédit [ID., Brit. IV, 4]
... à peine elle vous vit Que votre exil d'abord signala son crédit [ID., Phèd. I, 1]
Ils ne souhaitent point de voir les méchants en crédit [FÉN., Tél. VIII]
Un amant mort pour nous nous mettrait en crédit [REGNARD, Joueur, II, 11]
Le crédit impérieux qui voudrait envahir avec orgueil et violence des honneurs destinés à la réunion du mérite et des vertus [D'ALEMB., Éloges, Lang. de Gergy.]
Alvarez aurait-il assez peu de crédit ? [VOLT., Alz. IV, 3]
Ce crédit si vanté doit-il durer toujours ? [ID., Tancr. I, 4]
Autorité dont jouit une chose. Mettre une nouvelle, une opinion en crédit, la répandre, lui donner de l'autorité ; lui donner du crédit, la confirmer.
Quand cette femme aurait dit vrai Dans une chambre tapissée, On s'en serait moqué ; la vogue était passée Au galetas ; il avait le crédit [LA FONT., Fabl. VII, 15]
Et voir si ce n'est point une vaine chimère Qui sur ses sens troublés ait su prendre crédit [MOL., Amph. III, 1]
La fable en son nom la demande ; Vous savez quel crédit ce mensonge a sur nous [LA FONT., Fabl. VII, dédic.]
Tant d'autres histoires qui ont eu crédit au monde [PASC., Juifs, 5]
C'est de la prose rimée qu'Horace a mise en crédit [SÉV., 293]
Votre rang ne donnait-il pas du crédit à vos passions et à vos exemples ? [MASS., Myst. Misér.]
Créance, confiance.
Je crois sur sa parole et lui dois tout crédit [CORN., Sert. II, 4]
Donnez-vous à l'erreur encor quelque crédit ? [ID., Héracl. IV, 4]
N'écoute pas tout ce qu'on dit, Et souviens-toi qu'une âme forte Donne malaisément crédit à ces bruits indiscrets où la foule s'emporte [ID., Imit. I, 4]
Quand son instruction est salutaire et bonne, Donne-lui prompt crédit, Et, sans examiner quel maître te la donne, Songe à ce qu'il te dit [ID., ib. I, 5]
Des gens à qui l'on peut donner quelque crédit [MOL., Éc. des maris, II, 3]

SYNONYME

  • CRÉDIT, FAVEUR. Le crédit est, proprement et étymologiquement, la confiance qu'inspire notre solvabilité, et qui fait qu'on nous prêtera de l'argent et, figurément, qu'on aura pour nos avis ou nos demandes une déférence méritée par notre caractère, par notre position, par notre talent, etc. Au contraire la faveur est toute gratuite ; c'est un sentiment favorable qu'on a pour nous. On dit la faveur du prince, le crédit d'un ministre. Le crédit de Sully triompha souvent de la faveur des maîtresses.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Deux chevaliers qui avoient grant credit avecques ledit conte de Charolois [COMM., I, 2]
    Ceux qui gouvernoient ledit roy appellerent en cour, en authorité et à credit, ledit duc de Lorraine, pour en avoir part et aide [ID., VII, 1]
  • XVIe s.
    Qui pour acquerir le nom de sçavans, traduisent à credit les langues, dont jamais ils n'ont entendu les premiers elements [DU BELLAY, I, 9, recto.]
    Qu'on aille donc maintenant baiser les reliques au credit de si lourds menteurs [CALV., Instit. 151]
    Les oracles avoient commencé à perdre leur crédit [MONT., I, 42]
    Qu'il ne loge rien en sa teste par simple auctorité et à credit [ID., I, 162]
    Et craignoient tous, à credit, un que personne n'avoit veu [LA BOÉTIE, 56]
    Et si on considere combien la pluspart des hommes sont aujourd'hui mal montez et mal dextres à la lance, on aura honte de les mettre en un corps simple, qui est autant que se faire battre à credit [LANOUE, 293]
    Quand ces paradoxes auront esté bien examinez, aucuns leur donneront paravanture autant de credit qu'à l'opinion vulgaire [ID., 307]
    En ce pays-là le charroy n'a point de credit, et n'y en peult-on mener [CARL., X, 24]
    Nous croyons, jugeons, agissons, vivons, et mourons à credit, selon que l'usage public nous apprend [CHARRON, Sagesse, I, 17]
    Homme et femme conjoincts par mariage sont uns et communs en biens, meubles, debtes et credits faits tant devant leur mariage que durant [, Coust. génér. t. I, p. 919]
    Toutes leurs debtes et credites [, ib. t. II, p. 260]
    Je m'adresseray à ceux qui n'en parlent point à credit, ains semblent avoir de quoy payer [H. EST., Apol. d'Hérod. Préface]
    Servir Dieu à credit et par procureur [COTGRAVE, ]
    Assez a qui bon credit a [ID., ]

ÉTYMOLOGIE

  • Ital. credito, du latin credere, croire (voy. CROIRE).

crédit

CRÉDIT. n. m. Réputation d'être solvable et de bien payer, qui fait que l'on trouve aisément à emprunter. Il n'a point d'argent comptant, mais il a du crédit. S'il avait besoin de cent mille francs, il les trouverait sur son crédit. Il maintient bien, il conserve bien son crédit. Cette affaire compromet son crédit, a ruiné son crédit. Le crédit public.

Prêter son crédit, Prêter son nom et fournir son obligation pour un emprunt qui doit profiter à un autre.

Lettre de crédit. Voyez LETTRE.

Ouvrir un crédit, faire un crédit à quelqu'un, L'autoriser à prendre à une caisse jusqu'à concurrence d'une certaine somme, ou même tout l'argent dont il aura besoin. On lui a fait, on lui a ouvert un crédit de cent mille francs sur le trésor public. Il m'a ouvert chez son banquier un crédit illimité. On dit dans le même sens Avoir un crédit ouvert chez un banquier, un crédit de tant sur tel banquier.

Faire crédit, donner à crédit, Donner des marchandises, des denrées, sans en exiger sur l'heure le paiement. On dit aussi dans le même sens Prendre des marchandises à crédit. Vendre, acheter à crédit.

Prov. et pop., Crédit est mort, les mauvais payeurs l'ont tué, On ne veut plus prêter ; il faut payer comptant.

Il signifie, en termes d'Administration Somme allouée sur le budget, pour un usage déterminé. Crédit ordinaire. Crédit supplémentaire. Le crédit demandé pour cette dépense a été voté par la Chambre.

Il se dit aussi de Sociétés de prêt sur meubles ou immeubles. Établissement de crédit. Crédit mobilier. Crédit foncier. Crédit agricole. Crédit national.

En termes de Comptabilité, il désigne, par opposition à Débit, la Partie d'un compte où l'on écrit ce qui est dû à quelqu'un ou ce qu'on a reçu de quelqu'un. Tout compte courant est tenu par débit et par crédit. Porter un article, une somme au crédit d'un compte. La colonne du crédit.

Il signifie au figuré Autorité, influence, considération. Il est en crédit, en grand crédit. Avoir du crédit auprès de quelqu'un. Cela l'a mis en crédit, lui a acquis du crédit. Il y a employé tout son crédit. Il a perdu beaucoup de son crédit, tout son crédit. Se servir, user de son crédit. Abuser de son crédit. User son crédit. User du crédit de quelqu'un. Mettre son crédit au service de quelqu'un.

Avoir du crédit sur quelqu'un, sur l'esprit de quelqu'un, Avoir du pouvoir sur son esprit.

Il se dit encore de la Confiance qu'on inspire. Cet historien n'a point de crédit. Fig., Mettre une opinion en crédit. Cette théorie a trouvé crédit dans de nombreux milieux. Cette nouvelle prend, acquiert beaucoup de crédit.

Fig., Faire crédit à quelqu'un, Lui faire confiance, lui donner le temps de montrer ce qu'il est capable de faire. Ce jeune homme ne fait que débuter : il faut lui faire crédit.

credit

Le Credit, ou croyance et estime qu'on a d'aucun, Fides.

Le credit et faveur qu'a aucun, Gratia, Authoritas.

Un credit et foy d'aucun qui est en grand bransle, et en danger d'estre perdu, Affecta fides.

Acquerir credit par quelque fait, Colligere gratiam ex labore aliquo.

Acquerir credit et bon gré de l'amitié de beaucoup de gens, Gratiam colligere ex labore aliquo.

Estre en credit, In authoritate esse, Gratia flagrare. B.

Estre hors de credit, Frigere. B.

Qui est en credit, et a la faveur d'aucun, Gratiosus.

Avoir grand credit envers aucun, Gratiam alicuius tenere, Apud aliquem plurimum posse, Priores partes habere apud aliquem, Valere gratia apud aliquem, Esse in gratia cum aliquo.

Avoir bon credit, et bonne reputation, Estre bien estimé, Authoritate valere. B.

N'avoir pas bon credit, N'estre pas bien estimé, Authoritate egere, Non optime audire, Opinione laborare, Nihil dignitati atque opinioni alicuius tribuere. B.

Selon qu'il avoit credit et estoit authorisé, Vt in quoque erat authoritatis plurimum.

Il monstra qu'il l'aimoit tant, et qu'il avoit tant de credit envers luy, que etc. Tanti eius apud se gratiam esse ostendit vti, et Reip. iniuriam, etc.

Ay-je si peu de credit envers toy? Itane paruam mihi fidem esse apud te?

J'entens bien que je n'ay pas grand credit envers toy? Paruam esse apud te mihi fidem esse intelligo.

Il a plus de credit envers toy, que n'ont les autres, Est primus apud te.

Laisse luy avoir le grand credit envers moy, etc. Sine illum priores hosce aliquot dies apud me habere.

Entretenir son credit, Fidem suam tueri.

Garde que credit n'ait lieu, Caue quicquam habeat momenti gratia.

Abbatre le credit d'aucun, Conuellere gratiam alicuius.

Empirer le credit qu'on a envers aucun, Exulcerare gratiam alicuius.

Chasser credit, Fidem de foro tollere.

Perdre son credit, Fidem consumere, Perdere, Labefacere, Labefactare.

J'ay perdu mon credit en la maison et envers m'amie, Neque domi, neque apud amicam mihi iam quicquam creditur.

J'ay perdu mon credit, et ma renommee, Deseruit me fides, et fama.

Il a perdu son credit, De gradu potentiae deiectus est. B.

Ils ont perdu leur credit, Fides nuper deficere eos coepit.

Le credit est perdu, Concedit fides, Exoleuit fauor.

Quand aucun perd son credit, Lapsus fidei.

¶ Quand on tasche de venir en credit, et d'avoir la bonne grace de chacun, Ambitio, Aucupatio gratiae.

Gens qui n'ont point de faveur ou de credit envers les juges, Homines parum in foro gratiosi.

¶ Respondre par credit, vel non, Intentioni articulosae aduersarij iureiurando responsitare, fatendo, inficiando, addubitando, Per assensionem atque dissensionem singillatim cum iureiurando respondere, Thematibus aduersariis iureiurando respondere singula concedentem, vel inficientem. B.

Il sembloit que nous avions regaigné le credit du Senat, Videbatur nobis reconciliata voluntas senatus esse.

Un credit ou creance, Une debte qu'on nous doit, Creditum huius crediti.

Prendre argent à credit, Mutuas pecunias sumere.

crédit


CRÉDIT, s. masc. [Krédi; 1re é fermé.] 1°. Réputation de solvabilité et d'exactitude à payer. "Ce Négociant a beaucoup de crédit, il troûveroit un million sur son crédit. — De là, Lètre de crédit, dont le porteur peut toucher de l'argent de ceux à qui elle est adressée. "Je lui ai doné une lettre de crédit sur un tel. — Faire crédit à quelqu'un, ou doner une marchandise à crédit, doner des denrées, des marchandises, sans exiger sur l'heûre le payement. "Vendre, acheter, prendre à crédit.
   À~ crédit, adv. 1°. Inutilement, sans profit. "Vous travaillez, vous vous tuez à crédit: persone ne vous en sait gré. = Sans preuve, sans fondement: vous avancez cela à crédit.
   Rem. On dit, figurément (st. famil.) Faire crédit à quelqu'un de quelque chôse, l' en dispenser. "Mon fils devroit baiser les pâs que je fais tous les jours dans cette allée; mais comme elle contient douze cens pas, je lui fais crédit de cette reconnoissance Sév.
   Le stile chez les uns tient toujours lieu d'esprit,
   Pourvu qu'on paye en mots, du reste ils font crédit.
       Du Resnel.
On dit, proverbialement, faire crédit de la main jusqu'à la bourse, pour dire, ne faire aucun crédit.
   2°. Crédit, autorité, pouvoir, considération. "Avoir du crédit, un grand crédit, être en crédit à la Cour, dans sa compagnie, auprès des Ministres, etc. Avoir du crédit sur l'esprit de quelqu' un.
   Rem. Dans cet emploi, il a un sens passif. Il ne se dit point de celui qui estime, qui considère, qui a de la confiance; mais de celui qui est estimé, considéré; en qui l'on a de la confiance. Aûtrefois on ne faisait pas cette distinction. "J'ai été bien trompé en ce Cardinal, et j'ai bien diminué du crédit, respect et amour que j'avois pour lui. Journ. de St. Amour. Il devait dire: qu' il avait diminué de respect et d'amour pour ce Cardinal, et que ce Cardinal avait beaucoup perdu de son crédit auprès de lui. Ou, s'il voulait se servir du verbe avoir, il falait employer le mot de confiance, qui est actif. "J'ai bien diminué de la confiance que j'avois en lui. — "Les hommes changent aisément de parti dans les guerres civiles, sur-tout quand leur crédit est fondé sur une autorité héréditaire et indépendante. Hist. d'Angl. Là, crédit est un anglicisme: credit or trust, confiance, assurance.

Synonymes et Contraires

crédit

nom masculin crédit
1.  Littéraire. Estime dont jouit quelqu'un.
défaveur, défiance, discrédit -littéraire: déconsidération, disgrâce.
2.  Somme reçue.
Traductions

crédit

credit, prestige, reputeאשראי (ז), הקפה (נ), זיכוי (ז), קרדיט (ז) [אשראי], אַשְׁרַאי, הַקָּפָהcreditzijde, tegoed, krediet, aanzien, geloofwaardigheid, invloed, krediet(wezen), kredietbank, vertrouwen, goedKredit, Borgπίστωσηкредитcredito, accredito, prestitoاِئْتِمَانúvěrkreditcréditoluottokredit信用販売신용kredittkredytcréditokreditการซื้อเชื่อkreditín dụng贷款信用 (kʀedi)
nom masculin
1. argent prêté à qqn prendre un crédit sur quinze ans
2. carte avec laquelle on peut payer
3. accepter que qqn paye plus tard
4. sans payer tout de suite acheter à crédit
5. somme d'argent pour qqch obtenir des crédits pour la réalisation d'un projet
6. bonne impression que l'on fait aux autres avoir du crédit auprès de qqn

crédit

[kʀedi]
nm
(FINANCE, COMMERCE)credit
acheter à crédit → to buy on credit
faire crédit à qn → to give sb credit
(= confiance) accorder du crédit à [+ histoire, thèse, discours, prédictions] → to give credence to; [+ personne, journal, gouvernement] → to have faith in
jouir d'un grand crédit auprès de → to be held in high esteem by crédits
nmpl (budget)funds