crotté, ée

CROTTÉ, ÉE

(kro-té, tée) part. passé.
Sali par la crotte. Un habit crotté.
Me vit en se levant si sale et si crotté [RÉGNIER, Sat. X]
Moi crotté jusqu'au cul, et mouillé jusqu'à l'os [ID., ib.]
L'amour est nu, mais il n'est pas crotté [LA FONT., Orais.]
Il était crotté jusques aux genoux [HAMILT., Gramm. 9]
Familièrement. Être crotté comme un barbet, jusqu'aux oreilles, jusqu'à l'échine, l'être beaucoup.
Tandis que Colletet, crotté jusqu'à l'échine, S'en va chercher son pain de cuisine en cuisine [BOILEAU, Sat. 1]
Il fait bien crotté dans les rues, il y a beaucoup de boue.
Fig. Qui a l'air misérable et sale. Il a l'air crotté. Il est bien crotté. Poëte crotté, un poëte misérable.
Ce ne seront point quelques poëtes crottés et mal vêtus, qui diront du bien de lui [BALZ., Avis écrit.]
Campistron était de ces poëtes crottés qui meurent de faim et qui font tout pour vivre [SAINT-SIMON, 205, 2]