crucifié, ée

CRUCIFIÉ, ÉE

(kru-si-fi-é, ée) part. passé.
Mis en croix, soumis au supplice de la croix.
Les jésuites, quand ils se trouvent en des pays où un Dieu crucifié passe pour folie, suppriment le scandale de la croix et ne prêchent que Jésus-Christ glorieux et non pas Jésus-Christ souffrant, comme ils ont fait dans les Indes et dans la Chine [PASC., Prov. 5]
Et nous, continue l'Apôtre, nous prêchons Jésus-Christ crucifié, scandale aux Juifs (et non pas miracle), folie aux gentils (et non pas sagesse), mais qui est aux Juifs et aux gentils appelés à la connaissance de la vérité, la puissance et la sagesse de Dieu [BOSSUET, Hist. II, 11]
Ouvrez les yeux, incrédules ; n'est-il pas vrai que la rémission des péchés vous a été prêchée au nom de Jésus-Christ crucifié ? [ID., ib. II, 10]
Cette fable avait indisposé les Siamois contre la religion d'un Dieu crucifié [RAYNAL, Hist. phil. IV, 13]
Substantivement.
Ô ridicule erreur, de vanter la puissance D'un imposteur, d'un fourbe et d'un crucifié ! [ROTROU, St Gen. V, 2]
Si tu ne veux périr, charge sur toi ta croix, Suis du crucifié les douloureuses traces [CORN., Imit. II, 12]
C'est ce monde qui doit être pour vous un crucifié, c'est-à-dire un objet d'horreur [MASS., Car. Élus.]
Leur premier législateur [des chrétiens] leur a fait accroire qu'ils sont tous frères, depuis qu'ils ont renoncé à notre religion [le paganisme] et qu'adorant le crucifié, ils vivent selon ses lois : de sorte qu'ils méprisent tout et croient que tout est commun, recevant ses dogmes avec une obéissance aveugle [D'ABLANCOURT, Lucien, Mort de Peregrinus.]
Terme de dévotion. Mortifié.
Quelle vie ! une vie souffrante et crucifiée ! [FLÉCH., Dauph.]
Fig. Être crucifié avec Jésus-Christ, être entièrement mort au monde.