cuisinier, ière

CUISINIER, IÈRE

(kui-zi-nié, niê-r) s. m. et f.
Celui, celle dont la fonction est de faire la cuisine. Un bon cuisinier. Une mauvaise cuisinière.
Que de son cuisinier il s'est fait un mérite, Et que c'est à sa table à qui l'on rend visite [MOL., Mis. III, 5]
Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup, Prit pour oison le cygne, et, le tenant au cou, Il allait l'égorger, puis le mettre en potage [LA FONT., Fabl. III, 12]
Un bon cuisinier coûtait quatre talents [MONTESQ., Esp. VII, 2]
Après m'avoir dit en passant que Cadmus, l'aïeul de Bacchus, le fondateur de Thèbes, commença par être cuisinier du roi de Sidon [BARTHÉL., Anach. ch. 25]
Fig.
La gaieté, les travaux rustiques, les folâtres jeux sont les premiers cuisiniers du monde [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Personne qui sait faire la cuisine.
Le Parfait Cuisinier, la Cuisinière bourgeoise, livres où l'on traite de la cuisine.
Mithoecus qui nous a donné le Cuisinier sicilien [BARTHÉL., Anach. ch. 25]
Le Cuisinier français, qui n'est pas un bon livre, Nous donne quelquefois des maximes à suivre : J'emprunterai de lui ce refrain bien connu : Servez chaud.... [BERCHOUX, Gastron. III]

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Que se aucune personne est devant estal ou fenestre de cuisinier pour marchander ou achater des dits cuisiniers, que si aucuns des autres cuisiniers l'appele devant que l'on soit partiz de son gré de l'estal ou fenestre, si soit en la peine de cinq sols [, Liv. des mét. 137]
  • XVIe s.
    Ainsi tu attraperois quelque benefice, que tu ferois tenir par quelque cuisinier de prestre et tu prendrois le revenu [PALISSY, 81]
    Il donna la maison d'un citoyen de Magnesie à un cuisinier, pour autant qu'il avoit bien appareillé un soupper [AMYOT, Anton. 27]
    Style de ramoneur de cheminée ou de cuisinier [RAB., p. 109, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Cuisine ; saintong. cheunier ; bourguig. cusenei ; provenç. cosiner ; espagn. cocinero ; portug. cozinheiro ; ital. cuciniere.