débord

DÉBORD

(dé-bor ; le d ne se lie jamais) s. m.
Terme de monnaie. La partie d'une pièce qui passe les bords du flanc. Partie d'une route qui borde le pavé. La partie de la doublure qui excède l'étoffe, en forme de passe-poil.
Se dit, dans quelques provinces, pour la crue des eaux au-dessus de leurs bords. Le débord du Beuvron.
Par extension, éruption, en parlant des humeurs, de la bile. Un débord de bile.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Ny le debord de ce dieu tortueux Qui tant de fois t'a couvert de son onde [DU BELLAY, VI, 55, verso.]
    Les quels, après s'estre enivrez, se sont battus et tuez, et, par un desbord desesperé, ont entré aux eglises et ravagé.... [CARL., VIII, 11]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et bord.

débord

DÉBORD. n. m. Action de déborder. Il a vieilli dans ce sens et ne se dit plus guère que dans les expressions Débord de bile. Débord d'humeurs.

Il se dit encore du Liséré que forme la doublure d'un vêtement; de la Partie d'une route qui longe la chaussée, qui en limite les bas- côtés; de la Circonférence externe d'une monnaie, d'une médaille.

débord


DÉBORD, s. m. DÉBORDEMENT, s. m. DÉBORDER, v. n. [Débor; le d ne se pron. jamais: débordeman, débordé; 1re é fer. 3e e muet au 2d, é fer. au 3e.] Suivant La Touche, débord est un vieux mot, qu'on disait pour débordement: Un débord d'humeurs, de bile, de pituite. Il n'est plus usité qu'en termes de monoie, pour signifier ce qui est au-delà du cordon de la légende. — On dit, dans Danet, dans les Additions au Richelet, dans le Rich. Port., et même dans le Dict. de l'Acad., que ce mot, dans le 1er sens, est en usage parmi les Médecins.
   DÉBORDEMENT, se dit, 1°. De l'action par,laquelle une rivière se déborde. Le débordement du Nil, de la Seine, du Rhône, etc. = 2°. Par extension, des humeurs: Débordement de bile. — On apèle, en ce sens, débordement de cerveau, une chute extraordinaire de pituite, qui vient des conduits salivaires, par le nez et la bouche. = 3°. Figurément, irruption d'un peuple barbâre: Le debordement des Barbâres dans l'Empire Romain.
   De quels débordemens de sang et de carnage
   La terre a-t-elle vu ses flancs plus engraissés?
       Rouss.
= 4°. Dissolution, débauche. Le débordement des moeurs. Vivre dans un grand, dans un étrange débordement.
   DÉBORDER, neutre et réciproque, a les sens de débordement, et il en a que débordement n'a point. "La rivière a débordé; elle s' est débordée. "La bile se déborde; les humeurs se sont débordées. "Quand les Barbares se débordèrent dans l'Empire avec tant de fureur. "La Poésie épique est le fruit d'une imagination forte, et une imagination forte est sujette à se déborder. Le Chev. des Sablons. "Il ne put d'abord arrêter le torrent qui se débordoit sur sa Patrie. Volt. "C'est un jeune homme fort débordé; une femme débordée: Mener une vie débordée. Il n'a ce dernier sens qu'au participe.
   DÉBORDER, actif; ôter le bord. Déborder une jupe. — Neutre; passer au-delà du bord: La doublure déborde. = En termes de Guerre: La première ligne des énemis débordait la nôtre. Là il est actif.