décharge

décharge

n.f.
1. Projectile ou ensemble de projectiles tiré par une ou plusieurs armes à feu : Les gardes ont été abattus d'une décharge de mitraillette rafale, salve
2. Lieu où l'on dépose les décombres et les déchets.
3. Dans la langue juridique, acte par lequel on libère qqn d'une obligation, d'une responsabilité : Vous devez signer une décharge pour pouvoir sortir de l'hôpital.
4. Au Québec, cours d'eau dans lequel s'écoule le trop-plein d'un lac ; lieu où s'effectue ce déversement.
À sa décharge,
pour atténuer sa responsabilité.
Décharge électrique,
phénomène qui se produit quand un conducteur électrique perd sa charge.
Témoin à décharge,
dans la langue juridique, personne qui témoigne en faveur d'un suspect.

DÉCHARGE

(dé-char-j') s. f.
Action de décharger des marchandises, des ballots, etc. placés sur une voiture, un bateau, une bête de somme. Faire la décharge des marchandises, des balles, des colis.
Action de diminuer la charge, le faix. La décharge d'un plancher. Terme d'architecture. Pièce de bois posée obliquement dans une cloison ou dans un cintre pour diminuer la charge du point d'appui. Terme de serrurerie. Barre de fer posée obliquement dans l'assemblage d'une grille, ou placée carrément dans son châssis.
Action de tirer à la fois plusieurs armes à feu. Décharge de mousqueterie, d'artillerie.
Pendant qu'avec un air assuré il s'avance pour recevoir la parole de ces braves gens, ceux-ci, toujours en garde, craignent la surprise de quelque nouvelle attaque ; leur effroyable décharge met les nôtres en furie [BOSSUET, Louis de Bourbon]
L'infanterie espagnole qui s'ouvrait pour laisser partir la décharge de 18 canons [VOLT., Louis XIV, 3]
[Les soldats] ébranlent la solitude par de pesantes décharges [CHATEAUB., Natch. I, 98]
Cependant l'empereur écoute encore ; le bruit augmente : Est-ce donc une bataille ? s'écrie-t-il ; chaque décharge le déchire, car il ne s'agissait plus pour lui de conquérir, mais de conserver [SÉGUR, Hist. de Nap. IX, 2]
Familièrement. Une décharge de coups de bâton, une bastonnade.
Ouverture par laquelle on donne issue aux eaux d'un étang, d'un bassin. Pratiquer une décharge. Tuyau de décharge, tuyau par lequel s'écoulent les eaux d'un bassin, d'un canal.
Réservoir destiné à recevoir le trop-plein d'une rivière, d'une fontaine, d'une citerne.
Les lacs avaient leurs décharges préparées [BOSSUET, Hist. III, 3]
Fig. Décharge d'humeurs, écoulement des humeurs du corps. Terme de fauconnerie. Évacuation d'un héron qui, fuyant, vomit pour s'alléger.
Lieu d'une maison où l'on serre ce qui n'est pas d'un usage ordinaire. Nous avons près du cellier une décharge très spacieuse.
Rien ne convenait mieux à M. le duc que d'avoir la maison de la Touanne pour en faire une décharge à son château de St-Maur, quand il y était avec Mme la duchesse et bien du monde [SAINT-SIMON, 99, 54]
On dit dans le même sens : pièce de décharge.
Déblais extraits d'un puits ou d'une tranchée. Terme de construction. Lieu où l'on décharge les décombres. Trou dans lequel on met les déblais provenus du ratissage d'un jardin. Décharge publique, lieu où tout le monde peut porter des déblais.
Terme de jurisprudence. Acte de quittance en libération d'une dette. Obtenir quittance et décharge. Je vous donne décharge de ce que vous me deviez.
[Fouquet] a dit des merveilles, et comme le chancelier lui disait : " Avez-vous eu votre décharge de l'emploi de cette somme ? " Il a dit : " Oui, monsieur, mais ç'a été conjointement avec d'autres affaires, " qu'il a marquées et qui viendront en leur temps. " Mais, a dit M. le chancelier, quand vous avez eu vos décharges, vous n'aviez pas encore fait la dépense ? - Il est vrai, a-t-il dit, mais les sommes étaient destinées, " [SÉV., à Pompone, 28 nov. 1664]
Terme de commerce. Porter une somme en décharge, l'inscrire comme reçue. Payer tant à la décharge de quelqu'un, à la décharge d'un compte, payer sur ce qui est dû par quelqu'un, sur ce qui est porté en compte.
On impute à un débiteur le payement que sa caution fait à sa décharge [BOSSUET, Var. 12]
Terme d'orfévre. Poinçon qui, appliqué sur une pièce d'argenterie, montre que les droits ont été acquittés.
Soulagement, allégement. C'est une décharge considérable pour l'État.
Le roi notre maître pourrait en partie payer secrètement la solde, à la décharge de S. M. Catholique, si l'Espagne n'en pouvait porter la dépense [FÉN., t. XXII, p. 480]
Il ne faut pas pour cela demander votre décharge [demander d'être déchargé de vos fonctions] [BOSSUET, Lettr. abb. 91]
C'est autre chose de parler de ses peines par pure décharge [ID., Lettr. Corn. 106]
Il faut craindre de faire de la confession une décharge de cœur sans se corriger [FÉN., t. XVII, p. 533]
Ces maux présents sont à la décharge de l'avenir [J. J. ROUSS., Ém. II]
La décharge de la conscience, l'acquit, le soulagement de la conscience. Je dois avouer pour la décharge de ma conscience que....
10° Terme de jurisprudence criminelle. Témoignages, preuves favorables à un accusé. Il n'a rien dit à la décharge de l'accusé. Témoins à décharge.
Pour s'écrier d'un triste et pitoyable accent : Qu'on sauve Bélisaire et qu'il est innocent, Qu'elle doit sa décharge au remords qui la presse [ROTROU, Bélis. V, 7]
11° Terme d'imprimerie. Feuille de papier qu'on presse sur une forme pour en sécher les caractères.

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    De leur excrements mesmes et de leur descharge nous tirons nos plus riches ornements et parfums [MONT., II, 204]
    Je suis le but, la descharge commune De tous les coups de ton bras furieux [LA BOÉTIE, 517]
    ... Aultres douze, qui dudit lieu, portoient leur descharge [la charge apportée par les douze premiers chevaux] à Bouloigne [CARL., III, 28]
    Solon appella l'abolition des debtes, seisachtheion, qui vault autant à dire comme descharge [AMYOT, Solon, 23]
    Sylla respondit pour sa descharge, que.... [ID., Sylla, 51]
    Concluoit que cela se devroit faire pour la descharge de la conscience du magistrat et des gens d'eglise [NOEL DU FAIL, Contes d'Eutrap. ch. IX]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. DÉCHARGER.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DÉCHARGE. Ajoutez :
    12° Terme de contributions directes. Action de retirer à un contribuable une imposition, quand il a été imposé pour un bien qu'il n'a pas.
    13° Terme de turf. Allégement, en faveur d'un cheval, d'une partie du poids exigé des autres chevaux.

décharge

DÉCHARGE. n. f. Action par laquelle on ôte d'une voiture, d'un chariot, les ballots, les marchandises et autres objets dont ils sont chargés. Assister à la décharge d'un ballot. Les voituriers sont obligés de faire la décharge de leurs marchandises en tel endroit.

Il se dit aussi en parlant des Bateaux, des charrettes, des bêtes de somme sur lesquels des marchandises sont chargées. Se trouver à la décharge d'un wagon, d'un paquebot.

Il se dit, en termes d'Architecture, d'une Construction faite pour soulager quelque partie d'un édifice du poids qui est au-dessus.

Il se dit encore, surtout en termes de Jurisprudence, d'un Acte par lequel on déclare une personne quitte ou libérée d'une dette, d'un dépôt, etc. Décharge bonne et valable. On ne saurait lui rien demander, il a sa décharge. On lui a donné une décharge de tout. Demander, obtenir décharge. Donner quittance et décharge. Payer tant à la décharge de quelqu'un, à la décharge d'un compte, Payer tant en déduction de ce que doit quelqu'un, de ce qui est porté sur un compte. On dit aussi Porter une somme en décharge, Indiquer sur le registre, sur le compte, qu'elle a été acquittée.

Il signifie, en Matière criminelle, Justification, avantage qui résulte pour l'accusé des circonstances ou des dépositions favorables. Informer à charge et à décharge. Ils ont tous parlé à votre décharge. La déposition des témoins est à la décharge de l'accusé. Entendre les témoins à charge et à décharge.

Il signifie encore, dans un sens plus général, Soulagement. C'est une décharge considérable pour l'État. Je vous en avertis pour la décharge de ma conscience.

Il se dit aussi du Fait de plusieurs armes à feu qui tirent à la fois. Une décharge d'artillerie. Après avoir essuyé la première décharge des ennemis, on attaqua à la baïonnette. Ils firent d'abord une terrible décharge. La décharge d'une batterie, d'une mitrailleuse, etc. Le bruit d'une décharge.

La décharge électrique d'une pile, d'une batterie électrique, Explosion de l'électricité accumulée à la surface d'une machine, d'une batterie électrique.

Par extension et fam., Une décharge de coups de bâton, Une bastonnade.

Il signifie en outre Écoulement des eaux d'un bassin, d'un canal, etc. Tuyau de décharge. La décharge des eaux surabondantes. Par analogie, Décharge de ventre, Évacuation abondante qui débarrasse l'intestin.

Il se dit également de l'Ouverture qui donne issue aux eaux d'un étang, d'une fontaine, etc., soit pour les empêcher de déborder, soit pour qu'elles s'écoulent entièrement. Décharge de fond. Décharge de superficie. Pratiquer une décharge. La fontaine a sa décharge à deux pas de là.

Il se dit encore d'un Réservoir ou bassin qui reçoit le trop-plein d'une rivière, d'un lac, d'une fontaine, etc. Établir une décharge.

Il s'est dit aussi du Lieu où, dans une maison, on serrait ce qui n'était pas d'un usage ordinaire, ou ce qui aurait causé de l'embarras. On dit aujourd'hui DÉBARRAS.

Décharge publique, Lieu où l'on dépose les débris provenant de démolitions, de matériaux inutiles, etc.

décharge


DÉCHARGE, s. f. DÉCHARGEMENT, s. m. DÉCHARGER, v. a. [1re é fer. 3e e muet aux 2 1ers, é fer. au 3e En, dans le 2d a le son d'an: Déchargeman.] I. Décharge est, 1°. l'action par laquelle on décharge des hardes, des ballots, des marchandises. Il ne se dit que des Messagers, Voituriers, Charretiers. "Se trouver à la décharge d'un ballot. "Ils sont obligés de faire la décharge de leurs marchandises en tel endroit. = 2°. L'action de décharger les armes à feu. "La décharge de la mousqueterie, du canon. "Ils firent une furieûse décharge. — On dit, en ce sens: une décharge de coups de bâton. = 3°. Acte, par lequel on décharge quelqu' un d'une chôse dont il était chargé. "Décharge bonne et valable. "Ce reçu est nécessaire pour ma décharge. = 4°. Ce que les témoins disent pour décharger un acusé. Informer à charge et à décharge. "Tous les témoins ont parlé à sa décharge. = 4°. L'endroit par lequel l'eau d'une fontaine, d'un canal se décharge. = 5°. Lieu, dans une maison, où l'on serre bien des chôses, qui ne sont pas d'un usage ordinaire. = 6°. Soulagement: "Les Couvens sont une décharge pour les familles. — La décharge, ou l'aquit de la conscience. "Je vous en avertis pour la décharge de ma conscience.
   II. DÉCHARGEMENT, est l'action de décharger. Il se dit sur-tout des vaisseaux et des marchandises, dont ils étaient chargés. Ainsi, décharge se dira des voitûres de terre, et déchargement, de celles de mer. "Le déchargement de ce vaisseau a duré vingt jours. "Veillez au déchargement des marchandises, pour qu' on ne vole rien, on ne gâte rien.
   Chargement, a un sens tantôt actif, tantôt passif. Il se dit de l'action de charger un vaisseau, et des marchandises qui y ont été chargées. — Déchargement, n'a qu'un sens actif, soit qu'on parle du vaisseau, ou des marchandises. Il ne signifie que l'action de décharger.
   III. DÉCHARGER, c'est 1°. Ôter le fardeau du lieu où il était. Décharger une charrette, un crocheteur, des marchandises, des ballots. — Figurément (st. famil.), décharger son estomac, son ventre, par quelque évacuation. — Et dans un style plus noble, décharger son coeur, découvrir à un ami les sujets de douleur ou de plaintes que l'on a. Décharger sa conscience, satisfaire à quelque chôse à laquelle on se croit, ou l'on est obligé. "Je dis cela pour décharger ma conscience. "Je m'en décharge, et je vous en charge. — Décharger sa colère sur quelqu'un, s'emporter contre lui, ou lui faire de la peine, souvent sans sujet, quand on est en colère d'âilleurs. — On dit proverbialement, décharger sa colère sur les mets, sur les plats, bien manger. Décharger le plancher, sortir, se retirer, style badin. = 2°. Délivrer d'une comission, d'une afaire, etc. Il régit de: Il m' a déchargé, ou,  je suis déchargé, ou, je me suis déchargé de cet embârras, de cette afaire désagréable. — Se décharger, a quelquefois trois régimes: se, régime direct; de, et à: "Je me suis déchargé de ce soin sur mon frère. = Décharger une arme à feu, la tirer. — Décharger un coup de poing, de bâton, de sabre, etc., le doner de toute sa force. = 4°. Tenir, déclarer quitte; délivrer d'une redevance, d'une demande, d'une dette, etc. "On l'a déchargé de l'assignation: il s' est fait décharger de la tutelle: il a été déchargé, par Arrêt, de la demande intentée contre lui. Cette Province a été déchargée d'une partie des impositions, etc. — Décharger un registre, y mettre la quittance de ce qu'on a reçu. — Décharger un acusé, dire des chôses qui vont à le justifier. — 5°. Se décharger, se dit d'une rivière qui entre, ou qui se jette dans une aûtre: "La Saone se décharge dans le Rhône, et le Rhône dans la mer.

Synonymes et Contraires

décharge

nom féminin décharge
1.  Coups tirés par une arme.
2.  Allégement d'une charge financière.
4.  Acte par lequel on tient quitte.
Traductions

décharge

הפטר (ז), משפך (ז), שפך (ז), מִטְמָנָהschok, ontslag, storting, stortplaats, afladen, afwatering, belt, boezem, lossen, opluchting, overloopbekken, pak, salvo, spui, stut, vaalt, vrijspraak, vrijwaringlandfill, tip, discharge, dump, garbage, rubbishdiscarica, scarica, scarico, scossa, sparoEntlastung放電decharge방전ansvarsfrihet (deʃaʀʒ)
nom féminin
1. lieu où l'on met les déchets
2. électricité passage du courant électrique recevoir une décharge

décharge

[deʃaʀʒ] nf
(= dépôt d'ordures) → dump, rubbish dump (Grande-Bretagne), garbage dump (USA)
(électrique)electrical discharge
(= salve) → volley of shots
(DROIT) à la décharge de → in defence of