déchoir


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déchoir

v.i. [ du lat. cadere, tomber ]
1. (Auxil. être) Tomber à un niveau inférieur à celui où l'on était : Il est déchu de son titre.
2. (Auxil. avoir) Litt. Perdre de son importance : Son autorité a déchu s'amenuiser, s'affaiblir, décliner
v.t. (Auxil. avoir)
Déposséder d'un droit, d'un privilège : Le tribunal a déchu le politicien de son droit de vote.

déchoir

(deʃwaʀ)
verbe intransitif
1. chuter à un niveau inférieur être déchu de son titre
2. perdre de sa valeur, être rabaissé En choisissant ce métier, il a déchu aux yeux de son père.

déchoir


verbe transitif
priver qqn d'un droit, d'une fonction Son employeur l'a déchu de son travail.

DÉCHOIR

(dé-choir) , je déchois, tu déchois, il déchoit, et aussi, il déchet, nous déchoyons, vous déchoyez, ils déchoient ; je déchus ; je décherrai ; je décherrais (on dit aussi, régulièrement : je déchoirai, je déchoirais) ; déchois, déchoyons ; que je déchoie, que nous déchoyfons, que je déchusse ; point de participe présent ; déchu, déchue v. n.
Tomber dans un état inférieur à celui où l'on était.
L'âge la fit déchoir, adieu tous les amants [LA FONT., Fabl. VII, 5]
Et comme celle-ci [aventure] déchet dans la peinture [perd à être peinte], La peinture déchet dans ma description [ID., Tabl.]
Du rang où notre esprit une fois s'est fait voir, Sans un fâcheux éclat nous ne saurions déchoir [BOILEAU, Épître VI]
Voilà ce qui fit déchoir un roi d'ailleurs si juste [FÉN., Tél. XI]
Ma foi, quand un ouvrage a passé l'ordinaire, Si l'on ne veut déchoir, il ne faut plus rien faire [MONTREUIL, Lettre avec des vers parodiés d'Horace]
Déchoir de, ne pas conserver.
Je vous parlerai peut-être quelque jour, mes pères, de ce mélange confus d'opinions ; et on sera surpris de voir combien vous êtes déchus du premier esprit de votre institut [PASC., Prov. 13]
[Vertu] Sans laquelle ils sont en danger de déchoir de leur justice [ID., Prière.]
La perfidie du disciple qui déchoit de son apostolat [MASS., Pass. 2]
On pouvait hardiment le contredire, on aurait pu le convaincre sans déchoir un moment de sa familiarité et de sa bienveillance [MAIRAN, Éloges, Card. de Polignac.]
Après ces arrêts, achetés à très haut prix, il n'en sera que plus sûrement déchu de l'espoir de rien sauver de ce qui lui était dû [RAYNAL, Hist. phil. V, 22]
Terme de théologie. Déchoir de l'état de grâce, perdre la grâce.
Vous imposez à vos ennemis des crimes dont vous savez qu'ils sont innocents, parce que vous croyez le pouvoir faire sans déchoir de l'état de grâce [PASC., Prov. 15]
La question est non pas de savoir si on aura un jour cette grâce, mais si on peut déchoir un seul moment après l'avoir eue [BOSSUET, Variat. XIV, § 46]
Ne permettez pas que nous venions jamais à en déchoir [BOURDAL., Annonc. de la Vierge, Myst. t. II, p. 149]
Diminuer, s'affaiblir. Son crédit commence à déchoir.
Je crois que l'école a beaucoup déchu et qu'elle déchoira davantage [DIDER., Salon de 1767, Œuvres, t. XV, p. 36, dans POUGENS]
Commencer à déchoir, avancer en âge.
Déchoir s'est dit autrefois en termes de marine pour dériver, sortir de la route.

REMARQUE

  • 1. Déchoir se conjugue avec l'auxiliaire avoir quand il exprime une action : depuis ce moment il a déchu de jour en jour ; et avec l'auxiliaire être, quand il exprime un état : il y a longtemps qu'ils sont déchus de ces privilèges.
  • 2. À la 3e personne du pluriel du présent de l'indicatif, on dit aujourd'hui déchoient seulement, bien qu'au singulier on dise encore déchet. Bossuet a dit déchéent : Ils ne déchéent pas de l'état de justification, Var. XIV, § 60.
  • 3. Les formes en e sont une intrusion de la prononciation normande entre les formes en oi.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Dient Franceis : mout dechéent li nostre [, Ch. de Rol. CXXI]
    Com decarrat ma force et ma baudur ! [, ib. CCIV]
  • XIIIe s.
    ....Si ques il avient à le [la] fois que li heritage en empirent et dequieent [BEAUMANOIR, XXII, 1]
    Ces arcevesques et ces evesques qui ci sont, m'ont chargé que je vous die que la crestienté dechiet et font entre vos mains [JOINV., 290]
    Et pour ce je vous demant S'amie prent son amant, Et il li par mariage, S'amours en va decheant [, Bibl. des Chartes, 4e série, t. V, p. 322]
  • XVe s.
    [Chacun était ému de pitié à la vue des six bourgeois de Calais agenouillés aux pieds d'Édouard] Et vraiement ce n'estoit pas merveille ; car c'est grand pitié de voir hommes descheoir et estre en tel estat et danger [FROISS., I, I, 321]
    Nonobstant ce jeune age, ne descheut pas en luy l'homme de si noble estat [, Bouciq. I, ch. 18]
  • XVIe s.
    L'homme dechet et perit, si le seigneur oste de lui sa misericorde [CALV., 93]
    Nul n'est admis à recevoir les benedictions de Dieu, sinon celui qui dechet et defaut par le sentiment de sa poureté [ID., Instit. 189]
    Ce desir tel quel, avant que se mettre en train, defaut, pour ce qu'il dechoit en vanité [ID., ib. 191]
    La nature de l'homme, combien qu'elle soit decheute de son integrité, et fort corrompue.... [ID., ib. 194]
    Il la conferme et fortifie par la vertu de son esprit, à ce qu'elle ne vacille ou dechée [ID., ib. 244]
    Si plusieurs ne descheoyent de la foy commune, Jesus Christ n'eust point dit.... [ID., ib. 429]
    Nous nions que jamais ils tombent ou dechoyent de la fiance qu'ils ont une fois conceue [ID., ib. 433]
    Elle a esté confermée par succession perpetuelle des evesques, à ce qu'elle ne descheust pas [ID., ib. 836]
    Selon que les choses deschoyent journellement de mal en pis [ID., ib. 909]
    Se voyant descheu de son esperance [MONT., I, 298]
    Il est descheu de la maistrise comme un enfant [ID., II, 80]
    Il remplist le senat, qui estoit fort descheut et diminué d'hommes [AMYOT, Publ. 20]
    comme il se fust presenté à demander l'office de tribun du peuple, il en fut debouté et en descheut par les menées de Sylla [ID., Sertor. 5]
    Aux ulceres qui ont un an ou davantage, l'os necessairement se pourrit et dechet [PARÉ, t. III, p. 645]
    Que l'on face son compte, le bien se descheoir entre les mains des fermiers [O. DE SERRES, 53]
    Secourir les vignes langoureuses, descheantes et pleurantes [ID., 199]
    Le naturel des amandes est de se descheoir [diminuer] en confissant [ID., 858]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et choir ; provenç dechazer, descazer ; espagn. decaer ; portug. decahir ; ital. decadere. Le latin n'a pas decadere.

déchoir

DÉCHOIR. (Je déchois; nous déchoyons. Je déchus. Je décherrai. Que je déchoie. Que je déchusse. Déchu.) v. intr. Tomber dans un état moins brillant, moins avantageux que celui où l'on était. Déchoir de son rang, de son poste. Il est bien déchu de son crédit, de sa faveur, de sa réputation. Il est très déchu dans l'estime du public. Depuis ce moment il a déchu de jour en jour. Déchoir de ses espérances. Ange déchu. Prince déchu.

Être déchu d'un droit, d'un privilège, etc. En être dépossédé, l'avoir perdu.

En parlant des Choses, il signifie Diminuer, s'affaiblir. Son crédit, sa fortune, sa réputation commencent à déchoir. Dans la décadence de l'Empire romain, l'éloquence elle-même commença bientôt à déchoir. Pouvoir déchu.

Commencer à déchoir, se dit aussi d'une Personne avancée en âge, lorsque les facultés du corps ou de l'esprit commencent à s'affaiblir en elle. On dit plutôt aujourd'hui DÉCLINER.

dechoir

Dechoir petit à petit, et venir en decadence, Sublabi.

Dechoir de son esperance, De spe decidere, aut Spe decidere.

Grandes choses dechéent, et se perdent par discord, Dilabuntur discordia res maximae.

Cela s'est decheu de la moitié, Dimidia ex parte consumptum est.

déchoir


DÉCHOIR, v. n. [Dé-choar; 1re é fer.] Je déchois, nous déchoyons, ils déchoient (il n'a point d'imparfait); je déchus, je suis déchu; je décherrai, je décherrais; que je déchoie; je déchusse; déchu, ûe.
   Rem. 1°. On disait aûtrefois, il déchet, au lieu de il déchoit.
   Soit Roi, soit Prince, ou Conquérant,
   On déchet bien fort en mourant.
   2°. Plusieurs Gramairiens veulent qu'on prononce, nous déchéons, vous déchéez, ils déchéent. On l'a ainsi marqué dans le Dict. Gram. Je crois pourtant que l'usage le plus autorisé est de prononcer, nous déchoyons (déchoa-ion), vous déchoyez, ils déchoient (dé-choâ.)
   DÉCHOIR, c'est aler en décadence, de mal en pis: Diminuer en biens, crédit, faveur, santé. Trév. Tomber dans un état moins bon que celui où l'on étoit. Acad. Diminuer peu à peu: venir peu à peu de mal en pis. Tomber de quelque état heureux ou glorieux. Rich. Port. La définition de l'Acad. est la plus juste et la plus précise. — Il se dit, ou avec la prép. de, pour régime: Déchoir de son rang, de son poste: "Il est bien déchu de son crédit, de sa faveur. "Ils sont déchus de leurs privilèges; ou sans régime: "Le Roi étoit tellement déchu dans l'esprit des siens, qu'il devint l'objet de leur mépris. Boss. On vit déchoir l'éloquence. "On voit le bon goût déchoir parmi nous. = Déchoir se dit quelquefois des chôses, comme on vient de le voir; mais seulement de celles qui ont raport aux persones: "Son crédit commence à déchoir.

Synonymes et Contraires

déchoir

verbe déchoir
1.  Littéraire. Tomber d'un rang supérieur.
2.  Littéraire. Perdre de sa valeur.
Traductions

déchoir

afdalen

déchoir

[deʃwaʀ]
vi
[personne] → to lower o.s., to demean o.s.
déchoir de [+ statut] → to fall from
vt
déchoir qn de [+ rang, privilège] → to strip sb of