déduit

(Mot repris de déduisez)

DÉDUIT2

(dé-dui ; le t ne se lie pas dans le parler ordinaire ; au pluriel, l's se lie : les dé-dui-z amoureux) s. m.
Terme du style badin. Divertissement, occupation agréable.
Il avait dans la terre une somme enfouie, Son cœur avec, n'ayant autre déduit Que d'y ruminer jour et nuit [LA FONT., Fabl. IV, 20]
Déduit de vénerie, de fauconnerie, tout le train et équipage qui sert à prendre le déduit de la chasse, les veneurs, les chiens, les oiseaux, les valets.
Dans le langage des poëtes érotiques, plaisir de l'amour.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Il] Donna deduiz, donna balez, Donna levriers, donna brachez [des chiens braques] [, Brut, dans LACURNE]
    Mais si je chant, li desduis en est mien [QUESNES, Romancero, p. 85]
  • XIIIe s.
    Jamais [je] ne cuit [pense] vivre fors en tourment ; Joie et deduit tout outréement [je] lais [ANONYME, dans Couci.]
    Sachiez que [elle] n'i ot guere ne joie ne deduit [, Berte, XXXVI]
    Li singes au marchant doit quatre deniers, se il pour vendre le porte ; et se li singes est à home qui l'ait acheté por son deduit, si est quites [, Liv. des mét. 287]
    Et il demenerent toute la nuit dedans le castiel grant joie et grant deduit [H. DE VALENC., XV]
    Pomes i ot et autre fruit ; Renart i va por son deduit [, Ren. 1288]
    Or oez, si ne vos anuit, Je vos conteré par deduit Comment il vindrent en avant [, ib. 26]
    Querre doit d'amors le deduit, Tant cum jonesce la deduit [, la Rose, 13683]
    Car tel joie ne tel deduit Ne vit nus hons, si cum ge cuit [je pense], Cum il avoit en ce vergier [, ib. 471]
  • XVe s.
    S'ils furent celle nuit ensemble [Charles VI et Isabelle] en grant deduit, ce pouvez-vous bien croire [FROISS., II, II, 231]
    Le roi de France, quoique il se tint à Paris ou en ses deduits [ID., II, II, 13]
    Avez donné à nostre très redoubtée dame maints diners et soupers et aultres deduits [, J. de Saintré, p. 638, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Si te promets que bien m'estoit advis, Que tout le bien du monde et le deduit N'estoit que dueil [MAROT, II, 2]
    C'estoient aultrefois mysteres [les Saintes Écritures], ce sont à present desduits et esbats [MONT., I, 398]
    Paysage, embelli de mille fontaines, bocages, prairies et autres deduits champestres [YVER, p. 523]
    Et ne vecurent guere en ce deduit amoureux, tant y a d'inconstance aux choses de ce monde [ID., p. 544]
    Dame Venus est ores mon deduit [AMYOT, Solon, 66]

ÉTYMOLOGIE

  • Déduit 1 ; provenç, desdug, desduch, desdui (voy. DÉDUIRE à l'étymologie, pour l'explication de ce sens détourné).

déduit

DÉDUIT, ITE. participe

déduit

DÉDUIT. s. m. Divertissement, occupation agréable. Il est vieux, et ne s'emploie que dans le style badin. Mener joyeux déduit.

deduit

Deduit, m. acut. C'est plaisir, esbat, passetemps, Oblectamentum, Oblectatio, comme, Le deduit de la chasse, de la volerie, de la jouste, et semblables, c'est l'esbatement qui se prend à la chasse, à la volerie, à la jouste, comme, Il ayme le deduit de la chasse, Venatione delectatur, Oblectationis quam ex venatione capit percupidus est. Il est allé à la volerie pour son deduit, Aucupio oblectamenti gratia operam dat.

déduit


*DÉDUIT, s. m. Divertissement. Vieux mot.
   Il avoit dans la terre une somme enfouie,
   Son coeur avec; n'ayant d'autre déduit
   Que d'y ruminer, jour et nuit.
       La Font.
"Il aime le jeu: c'est tout son déduit. Trév. Le Rich. Port. dit qu'il est vieux. L'Acad. ne le met pas.

Traductions

déduit

מוסק (ת), מֻסָּק