défendeur, eresse

DÉFENDEUR, ERESSE

(dé-fan-deur, de-rè-s') s. m. et f.
Terme de procédure. Celui, celle qui se défend contre une demande judiciaire. Défendeur est opposé à demandeur.
Vous, maître Petit-Jean, serez le demandeur ; Vous, maître l'Intimé, serez le défendeur [RAC., Plaid. II, 14]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    [Un roi] juz [juste], avocaz de sainte eglise, Defendere, garde e justise [BENOIT, II, 1659]
  • XIIIe s.
    Puis vint en Acre et ne trouva qui li deffendist ; car tout li deffendeour estoient pris et mort [, Chr. de Rains, 28]
    Se li demanderes est empeeschiez par la tricherie au deffendeeur, et li deffenderes par cele au demandeeur, que il ne vienent en jugement, li prevolz ne doit secorre à nul d'els [, Digest. f° 22]
    Et por ce doit il avoir deffendeur, car on ne set le certain jor de sa garison [BEAUMANOIR, 69]
    Et par cet establissement doit estre enseigné li demanderres et li deffendieres à soy deffendre [, Ord. des rois de Fr. t. I, p. 107]
  • XVIe s.
    C'est une très meschante place et digne d'honorer un defendeur [LANOUE, 681]
    Suivant le titre qu'elle disoit porter de defenderesse de la foy [CASTELNAU, 155]
    À toi mon defendeur, Sauveur et amandeur De ma vie mauvaise [MAROT, IV, 259]
    Mon frere sieur de Matecoulom feut convié à Rome à seconder [dans un duel] un gentilhomme qu'il ne cognoissoit guere, lequel estoit deffendeur et appellé par un aultre [MONT., III, 113]

ÉTYMOLOGIE

  • Défendre ; provenç. defendaire, defendedor ; anc. espagn. et portug. defendedor ; ital. difenditore. Dans le vieux français et le provençal, au singulier, nominatif defendere, defendaire, régime defendeor, defendedor ; au pluriel, nominatif defendeor, defendedor, régime defendeors, defendedors. Défendeur n'était pas alors borné au seul emploi comme terme de procédure, et il avait le sens de défenseur.