déferrer

(Mot repris de déferreraient)

déferrer

v.t.
Ôter le fer fixé à un objet, aux sabots d'une bête de somme ; enlever les rails d'une voie ferrée.
Remarque: Ne pas confondre avec déférer.

DÉFERRER

(dé-fê-ré) v. a.
Ôter une ferrure, le fer appliqué sur un objet. Déferrer une caisse, un lacet. Ôter le fer du pied d'un cheval, d'un mulet.
Il donna ordre de déferrer quelques-uns des chevaux [HAMILT., Gramm. 11]
Fig. et familièrement, déconcerter, interdire. C'est un homme qu'on déferre aisément.
Il se fit une huée qui déferra le témoin [D'ABLANC., Apophth. dans RICHELET]
Terme de marine.
Laisser le fer ou les fers du navire [l'ancre ou les ancres], les abandonner ou en coupant les câbles ou en les filant par le bout [JAL, ]
V. n. Dégaîner, tirer l'épée.
Quand il faut déferrer, vous avez belle peur [HAUTEROCHE, Deuil, sc. 9]
Il n'est plus usité en ce sens. On dit dégaîner.
Se déferrer, v. réfl. Perdre son fer. Ce cheval s'est déferré. Ce lacet se déferre. Fig. Se déconcerter.
Quoi que l'on fasse enfin pour l'empêcher d'entrer, Il monte effrontément et, sans se déferrer, Entre en marquis [MONTFLEURY, Fem. juge et part. I, 2]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Sun mautalent e s'ire li reis mustre [montre] e desferre [, Th. le mart. 63]
  • XIIIe s.
    Il deit faire dire par son conseil ou seignor, se il est en fers ou en liens, que il le face desferer ou deslier [, Ass. de J. 151]
  • XIVe s.
    Mais s'il advient qu'il [mon cheval] se defferre, Dix hommes faut quant on le ferre [MACHAULT, p. 81]
  • XVe s.
    Le sire de Hangest se deferra du glaive [qui l'avait blessé], et entra dedans les fossés [FROISS., II, II, 66]
    Le roy le fist defferrer [sortir de prison] [COMM., IV, 7]
  • XVIe s.
    Ils se deferreront aussi peu aux regles de leur langage, que le meilleur maistre ez arts de France [MONT., I, 188]
    Un cheval encloué ou deferré par les chemins, ou qui se fait piquer à tous les pas, et cent mille autres malheurs qui arrivent [DESPER., Contes, LXXI]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et fer ; provenç. desferrar ; espagn. desherrar ; ital. disferrare.

déferrer

DÉFERRER. v. tr. Dégarnir une chose du fer qui y a été appliqué. Déferrer une caisse. Déferrer une porte, une roue. Ce lacet s'est déferré.

Il se dit spécialement des Bêtes de somme dont on garnit le sabot de fers. Un cheval déferré.

Il signifie, figurément et familièrement, Rendre muet, déconcerter, interdire. C'est un homme qu'on déferre malaisément, qui se déferre facilement.

déférrer


DÉFÉRRER, v. act. [1re et dern. é fer. 2e ê ouv.] Au propre, ôter le fer du pied d'un cheval, âne, mulet, etc. "On a été obligé de déferrer ce cheval des quatre pieds. — Au figuré, rendre muet, interdit, confus. "Il vouloit me déferrer, je l'ai déferré lui-même. — Il se dit sur-tout avec le pron. pers. se déferrer: "Quoi qu'on lui puisse dire, il ne se déferre pas.

Traductions

déferrer

sferrare