défi

(Mot repris de défis)

défi

n.m. [ de défier ]
1. Déclaration faite pour provoquer qqn, en le prétendant incapable de faire une chose : Acceptant ou relevant le défi, il s'est lancé à l'assaut de la falaise provocation
2. Refus de se soumettre : Il a pris un air de défi bravade, insolence
3. Problème que pose une situation et qui oblige à s'adapter pour le surmonter : Le défi de la mondialisation.
Mettre qqn au défi de (+ inf.),
l'inciter, en le provoquant, à faire qqch ; dire qu'il n'est pas capable de le faire.

DÉFI

(dé-fi) s. m.
Provocation à un combat singulier. Porter un défi.
Et depuis le défi que mes traits t'ont porté, Chaque instant qui se perd marque ta lâcheté [ROTROU, Antig. II, 1]
Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ; Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi [LA FONT., Fabl. VII, 10]
Mars enfin comble nos misères ; Des rois nous payons les défis [BÉRANG., Nature.]
Toute provocation. Accepter, relever un défi.
... Vous en avez menti, Répond le campagnard, et, sans plus de langage, Lui jette pour défi son assiette au visage [BOILEAU, Sat. III]
Déclaration provocatrice, par laquelle on exprime à quelqu'un qu'on le juge hors d'état de faire quelque chose. On le mit au défi de passer la rivière à la nage.
Il a fallu que les moindres apparences de crime vous aient manqué contre lui, puisque vous n'avez point répondu à un tel défi [PASC., Prov. 15]
Se porter défi, en parlant des choses, se valoir, être de même grosseur, grandeur, etc. Béranger a dit dans le même sens se porter un défi :
Et je m'assieds entre Des grands dont le ventre Se porte un défi, [BÉRANG., Cocagne]
Dans cette phrase il faudrait les ventres, puisque se porter défi ou un défi est ici réciproque. Cependant la pluralité étant déjà marquée par des grands, on ne doit voir là qu'une licence poétique.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    .... Alors je vous affy Que j'heu bien peur et ung très grant deffy De perdre honneur par ma grant nonchallance [FAIFEU, p. 15, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Se battre en deffy [BRANT., Cap. fr. t. I, p. 84, dans LACURNE]

ÉTYMOLOGIE

  • Voy. DÉFIER. Défi est un mot récent ; on ne trouve dans les anciens textes que defiement ou defiance.

défi

DÉFI. n. m. Action de défier. Un cartel de défi. Envoyer un défi à quelqu'un. Porter un défi. Un insolent défi. Accepter le défi. Fig., Cette opinion, cette décision, cette mesure est un défi au bon sens.

Mettre quelqu'un au défi de faire une chose, L'en défier, lui déclarer qu'on regarde comme impossible qu'il la fasse. Je vous mets au défi de le prouver.

défi


DÉFI, s. m. DÉFIER, v. a. [1re é fer 3e é fer au 2d.] 1°. Défi est une provocation et défier, c'est provoquer au combat. Envoyer un défi; il lui fit un défi, il l'envoya défier. "Il venoit devant Verneuil le défier à un combat singulier. Moreau. — Par extension, il se dit de toute autre sorte de provocations. "Ils se sont défiés au trictrac, au piquet; à boire, à qui courra le mieux, etc. Je le défie de me surprendre. "Je vous défie de deviner qui m'a parlé. Il ne pourra me surprendre; vous ne pourrez deviner. — Je vous en défie; je vous défie de le faire; vous n'oseriez, ou vous vous en répentiriez. — Le Proverbe dit: Il ne faut jamais défier un fou.
   2°. Se défier a deux aûtres sens. Ne pas se fier, suspecter. "C'est un homme dont il faut se défier. "Je me défie de ses caresses. — Se défier de ses forces, de son esprit; n'y avoir pas trop de confiance. = Se douter, prévoir. "Je ne me serois jamais défié que vous dussiez me jouer un pareil tour.
   Rem. 1°. Anciènement on écrivait deffi, deffier. On le trouve ainsi ortographié dans l'ancien Trévoux, dans Boileau, Mde. Dacier et autres Auteurs de leur temps.
   2°. Défier est beau au figuré: Défier les dangers, la mort; les afronter, les braver. ne pas les craindre.
   Braver mille morts toujours prêtes,
   Et dans les feux et les tempêtes,
   Défier les fureurs de Mars.       Rousseau.
Défier. Faire un défi: au figuré. "Voyez à présent comme elle est pâle et triste, elle dont le teint pouvoit défier toutes les fleurs du printemps. Marm.
   Rem. 3°. Se défier régit quelquefois la conj. que et le subj. avec la partic. négative ne. On doit toujours se défier qu'ils ne viènent à nous manquer. Le Dict. de Trév. condamne ce régime; mais se défier, ayant à peu près le sens de craindre, doit avoir, ce semble, les mêmes régimes que ce verbe. Ainsi, comme on dirait, "on doit craindre qu'ils ne viennent, pour quoi ne pas dire aussi: on doit se défier qu'ils ne viennent. — L'Ab. Prévot retranche la négative ne: "Se défiant que ce fût des Portugais, il ne s'aprocha qu'autant qu'il falloit pour les observer. Je dirais: se défiant que ce ne fût; comme on dit, craignant que ce ne fût, etc. — Au contraire, quand se défier est employé avec la négative, on la suprime devant le verbe régi, comme on le pratique avec le verbe craindre. "Je ne me serois jamais défié que vous dussiez me manquer au besoin. Acad.

Synonymes et Contraires

défi

nom masculin défi
Traductions

défi

challenge, dare, defianceאתגר (ז), גראי (ז), התגרות (נ), מעשה להכעיס (ז), ניגוח (ז), קריאת תגר (נ), אֶתְגָּר, הִתְגָּרוּתuitdaging, trotseringdesafioHerausforderungπρόκλησηricusare, disfida, sfidaвызовتـَحَدٍّnáročný úkoludfordringdesafíohaasteizazov挑戦도전utfordringwyzwanieutmaningการท้าทายzorluksự thách thức挑战предизвикателство挑戰 (defi)
nom masculin
fait de dire à qqn qu'on le croit incapablede faire qqch lancer un défi à qqn mettre qqn au défi de faire qqch
essayer de faire qqch

défi

[defi] nm
(= provocation, tâche difficile) → challenge
mettre qn au défi de faire qch → to challenge sb to do sth
relever un défi → to take up a challenge, to accept a challenge
(= bravade) → defiance
d'un air de défi → defiantly
sur un ton de défi → defiantly