défunt, unte

DÉFUNT, UNTE

(dé-fun, fun-t') adj.
Mort.
Je vous le garantis défunt avant qu'il soit peu [MOL., Mar. forcé, sc 12]
.... Quand je songe à la femme Dont j'étais le mari, Dieu veuille avoir son âme, Je la crois bien défunte.... [REGNARD, Démocrite, I, 1]
Vierge défunte, une sœur grise Aux portes des cieux rencontra Une beauté leste et bien mise [BÉRANG., Deux sœurs de char.]
Fig. Qui a perdu une qualité, un titre qu'il possédait.
Donc à l'entour de cette métairie Défunt marquis [l'ex-marquis] s'en allait sans valets [LA FONT., Faucon.]
Substantivement.
De vous, qui renversez les lois de la nature, Qui, barbare, aux défunts niez la sépulture [ROTROU, Antig. V, 5]
Il [un prédicateur] a si bien établi son discours, il a donné au défunt des louanges si mesurées.... [SÉV., 137]
Depuis la mort de la défunte [DANCOURT, les Vacances, SC. 5]

REMARQUE

  • Mon père serait défunt si nous avions cru le médecin ; le pauvre défunt ; façons de parler bourgeoises, DE CAILLIÈRES, 1690. Ces locutions et autres où défunt est employé, sans mériter d'être qualifiées de bourgeoises, ont quelque chose du langage de la pratique, ou quelque chose du style familier.

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Defunt [, Perceforest, t. IV, f° 26]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, defeu, au féminin, defeue ; provenç. defunct, deffunt ; espagn. difunto ; ital. defunto ; du latin defunctus, mort, proprement qui s'est acquitté, de defungi, de de, et fungi (voy. FONCTION).