dégradé, ée

DÉGRADÉ, ÉE1

(dé-gra-dé, dée) part. passé de dégrader 1
Qui a perdu d'une manière infamante son grade, son rang. Un officier dégradé.
Qui a perdu son rang, sa dignité.
Trois princes dégradés en un même mois en marquent le commencement [BOSSUET, Hist. II, 4]
Le sanhédrin étant dégradé, les membres de ce grand corps n'étaient plus considérés comme juges [ID., ib. II, 10]
C'est là que les plus grands rois n'ont plus de rang que par leurs vertus, et que, dégradés à jamais par les mains de la mort, ils viennent subir sans cour et sans suite le jugement de tous les peuples et de tous les siècles [ID., Duch. d'Orl.]
Fig. Avili. Un homme dégradé.
Nous avons vu l'âme raisonnable dégradée par le péché [BOSSUET, Conn. de Dieu, V, 1]
L'élévation des préceptes dégradée par la bassesse des exemples [que l'on donne] [GRESSET, Disc. de réception à l'Acad.]
Qui a éprouvé une détérioration matérielle.
Mur dégradé et couvert de plantes parasites [DIDEROT, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 410, dans POUGENS.]

DÉGRADÉ, ÉE2

(dé-gra-dé, dée) part. passé de dégrader 2
Terme de physique et de peinture. Diminué progressivement, en parlant de la lumière.
On aurait pu chercher de combien l'intensité de la lumière d'un objet que le mouvement rend continuellement visible, se trouve dégradée [CONDORCET, d'Arci.]
La Magdeleine, belle perspective, lumière bien dégradée, grande précision [DIDEROT, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 281, dans POUGENS.]