déjeuner ou déjeuné

DÉJEUNER ou DÉJEUNÉ2

(dé-jeu-né) s. m.
Le repas du matin.
.... Qu'un ample déjeuné Longtemps nous tienne à table et s'unisse au dîné [BOILEAU, Lutr. IV]
Déjeuner à la fourchette, déjeuner où l'on mange de la viande et où l'on boit du vin. Société du déjeuner, société de gens de lettres qui s'était formée sous le premier empire. Fig. Il n'y en a pas pour un déjeuner, se dit de toute chose qui ne durera pas, ne résistera pas, ne tiendra pas. Il n'en a pas pour un déjeuner, se dit d'un prodigue disposé à manger rapidement son avoir. C'est un déjeuner de soleil, se dit d'une étoffe dont la couleur, peu solide, ne tiendra pas contre l'action décolorante du soleil.
Les mets qui composent ce repas. Déjeuner froid, chaud, léger, solide.
Déjeuner-dîner, grand déjeuner qui se fait plus tard que le déjeuner ordinaire.
Le lendemain elle me donna un grand déjeuner-dîner [SÉV., 430]
Petit plateau garni d'un sucrier, d'une tasse, etc. Un déjeuner de porcelaine.

PROVERBE

    Déjeuné de clercs, dîné de procureurs, collation de commères et soupé de marchands.

HISTORIQUE

  • XIVe s.
    [Ils] Avoient pain et vin aporté en present, Dont conroié se sont à ce desjunement [, Guesclin. 18395]
    Tantost après le desjeun qui fut moult bref [FROISS., II, II, 41]
  • XVIe s.
    Dedens trois jours, je feray deffermer un coffre, où vous pourrez trouver vingt mille frans.... Hé Dieu, ce dist Bertrand, ce n'est que un desjuner [, Mém. s. du Guesclin. ch. 33]
    De tout ce grand appareil danois, il n'y en eut que pour un dejeuner [YVER, p. 619]
    Les Espagnols, qui s'estimoient plus braves guerriers, pensoient que ce ne seroit que pour un desjuné [CHOLIÈRES, Contes, Matin. 1]

ÉTYMOLOGIE

  • Déjeuner 1.