démonté, ée

DÉMONTÉ, ÉE

(dé-mon-té, tée) part. passé.
Qui est en bas de sa monture.
Les chevaliers bien armés ne couraient guère d'autre risque que d'être démontés [VOLT., Mœurs, 51]
Qui a perdu le cheval, qu'il montait.
La cavalerie du czar, presque toute démontée, ne pouvait plus être d'aucun secours, à moins qu'elle ne combattît à pied [ID., Russie, II, 1]
Napoléon rallie ses corps d'armée ; les revues qu'il passe dans le Kremlin sont plus fréquentes ; il réunit en bataillons tous les cavaliers démontés [SÉGUR, Hist. de Napol. VIII, 11]
Terme de chasse. Perdrix démontée, perdrix qui a une aile cassée.
Dont les pièces sont défaites, en parlant d'une machine, d'un outil. Un fusil démonté. Par extension.
Il semble que tout son corps soit démonté, et que les mouvements de ses hanches, de ses épaules et de sa tête n'aillent que par ressorts [MOL., Critique, sc. 2]
Fig.
Marque d'un cerveau démonté et d'une raison dépravée [ID., Pourc. II, 1]
Avec beaucoup de finesse et de vivacité, vous aviez beaucoup de choses d'une tête un peu démontée [FÉN., Dial. des morts mod. 4]
Terme de marine. Mer démontée, mer dont les lames ont acquis une violence extraordinaire.
Qui est hors d'état d'agir ou de répondre, déconcerté.
Tantôt j'étais sur un pied, tantôt j'inclinais la tête et ne savais plus ce que je faisais : j'étais démonté [MARIVAUX, Paysan parv. t. III, 5e part. p. 17, dans POUGENS]