déplaire

déplaire

v.t. ind.(à)
1. Être désagréable à : Cette émission nous a vraiment déplu choquer, offusquer ; agréer à, convenir à plaire, tenter
2. Causer une irritation légère à : N'arrivez pas en retard, cela lui déplaît contrarier, fâcher, irriter ; enchanter, ravir
N'en déplaise à qqn,
Sout. même si cela doit le contrarier : Je lui dirai ce que j'en pense, ne lui en déplaise.

se déplaire

v.pr.
Ne pas se trouver bien où l'on est : Ils se sont déplu dès qu'ils se sont vus.

DÉPLAIRE

(dé-plê-r') , je déplais, tu déplais, il dêplaît, nous déplaisons, vous déplaisez, ils déplaisent ; je déplaisais ; je déplus ; je déplairai ; je déplairais ; déplais, déplaisons ; que je déplaise, que nous déplaisions ; que je déplusse ; déplu ; déplaisant v. n.
Ne pas plaire, être désagréable.
Et je crois que ce nom ne vous déplaira pas [CORN., Rodog. V, 3]
De nos désirs errants rien n'arrête le cours ; Ce qui plaît aujourd'hui déplaît en peu de jours [SAINT-ÉVREMOND, dans RICHELET]
Cette action que David avait faite déplut au Seigneur [SACI, Bible, Rois, II, II, 27]
Il vous aurait déplu s'il pouvait vous déplaire [RAC., Androm. II, 1]
Je sais que tout déplaît aux yeux d'une captive [ID., Iphig. II, 1]
Je ne me suis jamais donné le soin d'examiner en moi en quoi j'avais pu lui déplaire ; mais je savais bien, moi, ce qui me déplaisait en lui [MARMONTEL, Mém. VI]
Donner du chagrin, irriter.
La délicatesse d'une conscience qui se redoute elle-même, ou l'excès d'un amour qui craint de déplaire [BOSSUET, Anne de Gonz.]
S'ils sont d'un ennemi qui cherche à vous déplaire [RAC., Androm. III, 7]
Si quelqu'un me déplaît en ce moment, c'est vous [REGNARD, Distrait, II, 6]
Qu'ai-je donc fait, Tancrède ? ai-je pu vous déplaire ? [VOLT., Tancr. IV, 5]
Impersonnellement.
Croyez qu'il me déplaît et très sensiblement, De vous devoir dédire une fois seulement [ROTROU, Antig. II, 2]
Ma mère.... empêchait ma sortie.... Dont il m'a bien déplu.... [ID., ib. II, 3]
Familièrement. Qu'il ne vous en déplaise, ou, elliptiquement, ne vous déplaise, formule qui se dit comme une sorte d'excuse : que cela ne vous déplaise pas, ne vous fâche pas.
.... Ma bru, qu'il ne vous en déplaise, Votre conduite en tout est tout à fait mauvaise [MOL., Tart. I, 1]
Nuit et jour à tout venant, Je chantais, ne vous déplaise [LA FONT., Fabl. I, 1]
Ce fut alors, dame, ne vous déplaise, Que le courroux lui montant au cerveau.... [ID., Rémois.]
Mais que fais-je donc tant, monsieur, ne vous déplaise, Pour trouver ma conduite à tel excès mauvaise ? [REGNARD, le Distrait, I, 6]
N'en déplaise à, malgré, en dépit de.
N'en déplaise aux arrêts de notre parlement [RÉGNIER, Sat. XI]
Je dirai, n'en déplaise à monsieur votre amour [MOL., Dép. am. I, 1]
Et parfois, n'en déplaise à votre austère humeur, Il est bon de cacher ce qu'on a dans le cœur [ID., Mis. I, 1]
Se déplaire, déplaire à soi-même, être mécontent de soi-même. Elle s'est déplu, aussitôt qu'elle connut ses défauts.
Pour plaire à Dieu, il faut nous déplaire à nous-mêmes ; et, pour nous déplaire à nous-mêmes, il faut nous voir [BOURDAL., Jugement dern. 1er avent, p. 86]
Ce n'est pas parce qu'on est ennemi de Dieu qu'on se déplaît, c'est parce qu'on est à charge à soi-même [MASS., Car. Passion.]
Se déplaire, déplaire l'un à l'autre. Ils se sont déplu mutuellement.
S'ennuyer, se trouver mai à son aise. Se déplaire avec quelqu'un. Je me déplais en cette ville.
Mme Levasseur parut s'y déplaire et trouver l'habitation trop seule [J. J. ROUSS., Confess. IX]
Il se dit des animaux. Les bœufs se déplaisent en cette localité. Il se dit, par extension, des plantes qui ne viennent pas bien en certains endroits. La vigne se déplaît en une telle exposition. Fig.
Mon sang se déplaît dans mes veines [ROTROU, St Gen. II, 7]

REMARQUE

  • L'Académie ne dit pas comment elle accorde, dans les temps composés de se déplaire, le participe avec le sujet ; mais au mot plaire, qui est équivalent, elle fait le participe passé toujours invariable ; on dira donc : elle s'est déplu ; ils se sont déplu ; elles se sont déplu. Cependant des grammairiens ont dit que, quand se déplaire signifie s'ennuyer de, se trouver mal à l'aise, il devient un verbe réfléchi, comparable à se taire, à s'enfuir, à s'écrier, et que dès lors le participe passé devait s'accorder avec le sujet : elles se sont déplues à la campagne ; il paraît que ces arbres se sont déplus dans ce terrain. L'assimilation de se déplaire, en ce sens, avec d'autres verbes neutres réfléchis, est plausible ; la remarque, qui doit s'étendre à se plaire et à se complaire, mérite d'être prise en considération.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Mais [ils] n'i voient riens qui fasse à desplaire [, Couci, II]
    Amours, amours, je meur, et sans droiture [justice] ; Certes ma mort vous devroit bien desplaire [, ib. p. 126]
    S'on prent, par droit, d'un larron la justice, Doit-on desplaire as loiaus, de neant ? [QUESNES, Romancero, p. 89]
    Seigneur baron, fait-il, forment vous doit desplaire De ce roi orgueilleux qui manda tel contraire [telle chose contrariante] [, Sax. XXX]
    Contredire la [une loi] deit chascuns hum qui ad fei : Car par tut desplaiseit al celestien rei [, Th. le mart. 63]
  • XIIIe s.
    Durement [cela] lui desplait et mout lui dostalente [, Berte, CXXXIV]
    Examples fu de penitance E drois mireors d'ingnorance, Si com briefment m'orrez retrere, Mès qu'il ne vous doie deplere [RUTEB., II, 157]
    Que nuls en tot le jor vos face Chose qui granment vos desplace [, Ren. 7656]
  • XIVe s.
    Qui tout desprise, à tout desplait [, Ménagier, I, 9]
  • XVe s.
    Toutesvoies ne te desplaise, je te dis que tu en fais sur tous le plus à blasmer [AL. CHARTIER, Quadrilogue invectif]
    Certez, à qui qu'il en despleust, Autre que moy pas ne l'eüst, N'est pucelle qui la resemble [, Nativ. de N. S. J. C.]
    De tout cecy despleut bien au duc Phelippe [COMM., I, 2]
    Il me desplait à dire ceste cruaulté [ID., III, 9]
  • XVIe s.
    L'un va rithmant la Fere contre affaire, Et l'autre aussi frere contre desplaire [MAROT, II, 208]
    La sagesse ne se desplaist jamais de soy [MONT., I, 12]
    Il me desplaist que Platon n'aye eu la cognoissance de ces nations [ID., I, 235]
    Ceste ordonnance despleut encore plus aux pauvres [AMYOT, Solon, 26]
    Et luy mesme se puisse à luy mesme desplaire [RONS., 191]
    Je me desplais des lieux où la jeunesse à escrimer et à luicter s'adresse ; Les arcs aysez de cormier me desplaisent [LA BOÉTIE, 327]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. desplazer ; catal. desplaurer ; espagn. desplacer ; portug. desprazer ; ital. dispiacere ; du latin displicere, de dis-, préfixe, et plicere ou placere (voy. PLAIRE). Le français déplaire suppose un verbe latin displicere (le 1er e étant un e bref), où, l'e étant devenu bref, l'accent s'est reporté sur l'antépénultième, displicere. Mais, à côté de cette irrégularité, la vraie accentuation s'est conservée dans déplaisir, qui est un infinitif pris substantivement. Desplace ou desplaze est l'ancien subjonctif de desplaire.

déplaire

DÉPLAIRE. v. intr. Être désagréable, en parlant des Personnes. Il a quelque chose qui déplaît. Cette femme n'est pas jolie, mais elle ne déplaît pas. Dès qu'ils se sont vus, ils se sont déplu souverainement. Je ne dis pas cela pour vous déplaire.

Il signifie aussi Être désagréable, en parlant des Choses. Votre procédé déplaît à tout le monde. Cela me déplaît. Impersonnellement, Il me déplaît fort d'être obligé à cela. Il lui déplaît extrêmement que les choses se soient passées de la sorte. Il ne vous déplaira pas que je m'en aille.

Ne vous déplaise, ne vous en déplaise. Façons de parler dont on se sert pour marquer qu'on ne demeure pas d'accord de ce qu'un autre dit. La chose ne se passa pas ainsi, ne vous en déplaise, ne vous déplaise. Je n'en ferai rien, ne vous déplaise. N'en déplaise à un tel, je soutiens que cette opinion est fausse.

SE DÉPLAIRE signifie spécialement Ne pas se plaire là où on se trouve. Il se déplaît dans ce lieu, il s'y déplaît à la mort. Il se déplaît partout. Les troupeaux se déplaisent dans ce lieu-là.

Fig., Ces plantes se déplaisent en cet endroit, Le sol ou l'exposition de ce lieu ne leur est pas favorable.

déplaire


DÉPLAIRE, v. n. DÉPLAISIR, s. m. [Déplère, déplèzi; 1reé fer. 2e è moy. long au 1er.] I. Déplaire c'est, 1°. Être désagréable, en parlant des chôses. Cela me déplaît, lui déplaît à la mort. On le dit quelquefois des persones, sur-tout des femmes, et même sans régime. "Elle n'est pas belle, mais elle ne déplaît pas. = 2°. Fâcher, doner du chagrin. "En cela je n'ai pas cru vous déplaire. "Votre procédé déplaît à tout le monde, choque tout le monde, est désaprouvé de tous. = 3°. Impersonel, il régit le datif des noms et la prép. de, devant les verbes, ou, que avec le subjonctif. "Il lui déplaît fort d'être obligé à cette démarche par votre faûte, et que vous l'ayiez forcé à faire une chôse qui lui coûte beaucoup. "Il me déplaît seulement que tant d'artifice et d'éloquence ne puisse me déguiser la vérité. Voit. — * Anciènement on l'employait avec le seul régime des noms. "Il lui en a toujours déplu, et à présent déplaît. Hist. de Louis XI.
   4°. Se déplaire, régit dans, ou en: Il se déplaît dans ce lieu, dans la solitude, en compagnie, etc. Il s'y ennuye, il n'y a que du chagrin, de l'ennui. = On le dit des animaux, et même des plantes, par métaphôre. "Les troupeaux se déplaisent dans ce lieu; telle plante se déplaît dans un sol humide, etc. — Mais il ne régit point les verbes: * Il se déplaît de vivre, est contre l'usage: on pourrait tout au plus dire; il lui déplaît de vivre, la vie lui est à charge. Voy. n°. 3°.
   Ne vous déplaise, ne vous en déplâise, n' en déplaise à... Façon de parler du style familier, dont on se sert pour montrer qu'on ne demeure pas d'acord de ce qu'on dit.
   Nuit et jour, à tout venant,
   Je chantois, ne vous déplaise.
       La Font.
"La chôse ne se passa pas ainsi, ne vous en déplaise. "Je vous embrasse avec une tendresse qui ne sauroit avoir d'égale, n' en déplaise à toutes les autres. Sév. "M. Rousseau (Jean-Jaques) croit être à Lacédémone: mais Genève, ne lui en déplaise, a de meilleurs garants de sa liberté, que les moeurs de ses Habitans. Marm.
   II. DÉPLAISIR, 1°. Chagrin, douleur d'esprit, afliction. "Avoir beaucoup de déplaisir de... Cela me done un grand déplaisir. C'est avec déplaisir que je me vois contraint de vous dire, etc. = 2°. Mécontentement. "Vous m'avez fait un sensible déplaisir. Causer, doner de grands déplaisirs. "Louis XIV dit, de la Reine sa femme, quand elle mourut, que c'est le premier déplaisir qu'elle lui avait causé.

Synonymes et Contraires

déplaire

verbe déplaire
1.  Ne pas plaire à quelqu'un.
Traductions

déplaire

tegenstaan, mishagen, ergeren, niet bevallendispleaseצרם את העיןmalplaĉidispiacere, ripugnaremishage (deplɛʀ)
verbe intransitif
ne pas plaire Cela me déplaît.

déplaire

[deplɛʀ] vi
déplaire à qn (= rebuter, ennuyer)
Son nouveau film me déplaît → I don't like her new film.
déplaire souverainement à qn
Cette idée lui déplaît souverainement → He doesn't like this idea one little bit.
ne pas être pour déplaire à qn (soutenu) (= contenter qn) → not to be disagreeable to sb
Cette éventualité n'est pas pour lui déplaire → This eventuality would not be disagreeable to him.
(= irriter, heurter, froisser) → to upset
Cela risque de déplaire → It could upset people.
déplaire à qn → to upset sb
de peur de déplaire aux conservateurs → for fear of upsetting the conservatives
Il cherche à nous déplaire → He's trying to annoy us.
(locution) n'en déplaise à ... → whether ... likes it or not
n'en déplaise à certains → however little some people like it
ne vous déplaise → if you please [deplɛʀ] vpr/vi
se déplaire quelque part → not to like it somewhere, to be unhappy somewhere