déploré, ée

DÉPLORÉ, ÉE

(dé-plo-ré, rée) part. passé.
Sur quoi on a pleuré. Des malheurs longtemps déplorés.
Désespéré, dont on désespère.
Tu remettras en assurance Leur salut qui fut déploré [MALH., III, 2]
Nous nous assurons en quelque chose de divin qui accompagne votre personne, et qui porterait bonheur à des affaires encore plus déplorées que les nôtres [BALZ., Disc. à la rég.]
Plus que ne m'a permis un sort si déploré [CORN., D. Sanch. III, 1]
Ce qu'il [Lauzun] a per du est sans prix ; mais les bonnes grâces du roi, qu'il a conservées, sont sans prix aussi, et sa fortune ne paraît pas déplorée [SÉV., 11]
Il a rétabli sa poitrine entièrement déplorée [ID., 404]
Sa santé est tellement déplorée depuis quelque temps [ID., 562]
L'embarras devint grand : notre affaire se regardait comme déplorée [SAINT-SIMON, 18, 215]
Votre sort est comme déploré aux yeux de Dieu [MASS., Car. Parole.]
Il n'est presque point de pécheur, quelque déplorée que soit sa vie, qui.... [ID., ib. Samar.]
Les pécheurs les plus déplorés trouvent encore en eux des sentiments de justice [ID., ib. Resp. hum.]
Ses miséricordes pour les âmes les plus déplorées [ID., ib. Conf.]

REMARQUE

  • Déploré, dans le sens de désespéré, est un latinisme, et présentement peu usité ; mais il l'a été beaucoup au XVIIe siècle ; et, en l'employant bien, on pourrait encore s'en servir ; il faudrait surtout se régler sur les exemples de Massillon.