dépouillé, ée

DÉPOUILLÉ, ÉE

(dé-pou-llé, llée, ll mouillées, et non dé-pou-yé) part. passé.
À qui la peau a été enlevée. Le bœuf tué et dépouillé.
Par extension. Les arbres dépouillés de leur feuillage.
Fig. Privé de.
La voilà telle que la mort nous l'a faite ; encore ce reste tel quel va-t-il disparaître ; nous l'allons voir dépouillée même de cette triste décoration [BOSSUET, Duch. d'Orl.]
Pensez-vous qu'il y ait quelqu'un au monde qui puisse, à mon goût, surpasser Mme de Grignan, en me supposant même dépouillée de tout l'intérêt que j'y prends ? [SÉV., 44]
Absolument. Qui a perdu ses biens, ses possessions.
Les Portugais, dépouillés partout, se maintenaient encore avec quelque éclat dans cette partie de l'Inde [RAYNAL, Hist. phil. II, 17]
Substantivement.
Le dépouillé du jour devenait le spoliateur du lendemain [AM. THIERRY, cité dans le Dict. de POITEVIN.]
Le roi dépouillé, sorte de jeu des enfants. Jouer au roi dépouillé, ôter pièce à pièce les habits de celui qu'on a fait roi dans ce jeu ; et, figurément, enlever à quelqu'un ce qu'il possède, le ruiner.
Comme si notre jeu fût au roi dépouillé [RÉGNIER, Sat. X]