dérobé, ée

DÉROBÉ, ÉE

(dé-ro-bé, bée) part. passé.
Enlevé, soustrait. Une liasse de papiers importants dérobée sur le bureau même.
Mais quand tu récitais des faits moins glorieux, Sa foi partout offerte et reçue en tous lieux, Hélène à ses parents dans Sparte dérobée [RAC., Phèdre, I, 1]
Fig. Qui se cache, qui se dérobe.
J'examinais les contenances ; toutes marquaient une surprise honteuse, timide, dérobée [SAINT-SIMON, 60, 11]
Heures dérobées, heures qu'on soustrait au courant des occupations et que l'on consacre à quelque autre chose. Faire un travail à ses heures dérobées.
À qui on a fait un vol. Cet homme dérobé par son domestique.
Terme d'agriculture. Culture dérobée, culture des racines semées après une récolte principale faite dans l'année.
Terme de vétérinaire. Pied dérobé, pied du cheval duquel des portions de corne ont été enlevées, soit par éclat, soit par usure.
Escalier dérobé, corridor dérobé, porte dérobée, escalier, corridor, porte qui sert de dégagement secret à un appartement.
Elle mène Candide, par un escalier dérobé, dans un cabinet doré [VOLT., Candide, 7]
Fèves dérobées, fèves dont on a enlevé l'enveloppe.
À la dérobée, loc. adv. En cachette, avec mystère.
Lycurgue voulait que les nouveaux mariés ne se vissent qu'à la dérobée [D'ABLANC., Apophth. dans RICHELET]
Il ne prenait le sommeil qu'à la dérobée, changeant même souvent de lit sans garder les bienséances de son rang [ROLLIN, Hist. anc. Œuvres, t. I, p. 592, dans POUGENS]
Ils ont toujours quelques caresses à se faire à la dérobée [DIDEROT, Salon de 1767, Œuvres, t. XIV, p. 195, dans POUGENS.]