dérompre

DÉROMPRE

(dé-ron-pr') v. a.
Ancien terme de guerre. Dérompre harnois, rompre l'armure d'un chevalier.
Ils [Grammont et son ami Matta] valaient bien ces deux frères [Amadis et Galaor] ; car, s'ils ne savaient pas autrement pourfendre géants, dérompre harnois et porter en croupe belles demoiselles, sans leur parler de rien, ils savaient jouer, et les autres n'y connaissaient rien [HAMILT., Gramm. 4]
Terme de fauconnerie. L'oiseau de proie dérompt un oiseau, lorsqu'il le heurte si rudement qu'il rompt son vol, l'étourdit et le fait tomber.
Terme de papeterie. Couper les chiffons pourris avant de les porter dans les piles à effilocher.
Terme d'agriculture. Dérompre un pré, le transformer en une autre culture.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    Nen ai tel gent qui la sue derumpe [, Ch. de Rol. II]
  • XIIe s.
    La soe broigne [cuirasse] desrote et dessartie [, Roncisv. I, 58]
  • XIIIe s.
    Sa cage [il] a derompue et toute depecie [, Berte, II]
    Maint haubert derompu, mainte teste tranchie [, ib. CXLIV]
    Quant il orent por lor pechié Li bois deront et despecié.... [, Ren. 19806]
    Et quant elle [la nef] vint en la haute mer, elle ne pot soufrir les cops des ondes, ainçois se desrompi [JOINV., 284]
  • XVe s.
    Une bande de quelques hommes d'armes desrompus [COMM., VIII, 6]
  • XVIe s.
    Pour desrompre la violence des eaux, on a mis grande quantité de bois debout, au devant des dits pilliers [PALISSY, 173]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et rompre ; provenç. desrompre, disrompre ; ital. disrompere.