détraquer

(Mot repris de détraquâmes)

détraquer

v.t. [ de l'anc. fr. trac, trace ]
1. Déranger le fonctionnement d'un mécanisme ; faire qu'il ne fonctionne plus : Tu as détraqué le chronomètre dérégler, endommager
2. Fam. Nuire à l'état physique ou mental de : Ce repas m'a détraqué l'estomac. Ses insomnies le détraquent.

se détraquer

v.pr.
Ne plus fonctionner ; fonctionner mal : L'imprimante s'est détraquée.
Le temps se détraque,
Fam. il se gâte ; il ne correspond plus à ce qu'il devrait être à pareille époque.

détraquer

(detʀake)
verbe transitif
1. perturber le fonctionnement de qqch détraquer un mécanisme
2. troubler, déranger qqch un repas épicé qui détraque l'estomac

DÉTRAQUER

(dé-tra-ké) v. a.
Faire perdre à un cheval ses bonnes allures. Celui qui a monté ce cheval l'a détraqué.
Par extension, déranger un mécanisme. Détraquer un tournebroche.
Je vous avoue que j'avais déjà été un peu fâché pour le duc de Bourgogne qu'il eût écrit à Mme de Maintenon contre le duc de Vendôme, et qu'il se fût amusé à détraquer une montre avant la bataille d'Oudenarde [VOLT., Lett. à Villevieille, 30 avril 1777]
Terme de chasse. Détraquer un piége, le faire partir, en en décochant la gâchette ou le triquet.
Fig. et familièrement, troubler. Cela lui a détraqué le cerveau, l'esprit.
Deux yeux, deux yeux charmants avaient, pour ma ruine, Détraqué les ressorts de toute la machine [REGNARD, Démocr. V, 5]
Se détraquer, v. réfl. Perdre ses bonnes allures. Ce cheval s'est détraqué.
Perdre la faculté de fonctionner, en parlant d'un mécanisme. Cette machine s'est détraquée. Avec ellipse du pronom se.
Je m'étais mis à étudier l'anatomie, et passant en revue la multitude et le jeu des pièces qui composent ma machine, je m'attendais à sentir détraquer tout cela vingt fois le jour [J. J. ROUSS., Conf. VI]
Fig. Sa tête se détraque.
Me faire enfermer ! voilà la machine qui se détraque, çà, çà, changeons de propos [REGNARD, le Retour imprévu, sc. 16]

HISTORIQUE

  • XVe s.
    Et conclurent ensemble d'eux detracquer et departir par divers chemins, pour eulx rendre tous auprès de Nemours, et illec attendre l'un l'autre [, Ms. relatif à Louis XI, Bibl. des Chartes, 4e série, t. I, p. 273]
  • XVIe s.
    ....d'avoir si bien et si tost remis et restabli les choses tant desesperément destraquées [O. DE SERRES, Dédic.]
    Presentez-vous toujours en l'imagination Caton, Phocion et Aristides, en la presence desquels les fols mesmes cacheroient leurs faultes, et establissez-les contreroolleurs de toutes vos intentions ; si elles se detraquent, leur reverence vous remettra en train [MONT., I, 287]
    Je veux qu'on veoye mon pas naturel et ordinaire, ainsi destracqué qu'il est ; je me laisse aller comme je me treuve [ID., II, 99]

ÉTYMOLOGIE

  • Dé.... préfixe, et traquer : proprement détourner de la trace ; Berry, detraquer, détourner de la voie.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DÉTRAQUER
    Ajoutez :
  • Fig.
    Pour fournir entièrement ma carrière, et ne me point détraquer de l'écliptique de cette instruction, que je n'aie rencontré le tropique de la vérité [NAUDÉ, Rosecroix, VI, 2]
  • REMARQUE

    • Il a été employé absolument pour dire : faire sortir d'une voie, d'une trace.
      Je vous ai dit plusieurs fois qu'il se peut bien rencontrer des occasions qui ne plaisent pas à la reine [Marie de Médicis], mais que rien ne peut détraquer du bon chemin [RICHELIEU, Lett. etc. 1619, t. VII, p. 474]

détraquer

DÉTRAQUER. v. tr. Déranger dans ses fonctions une chose organisée ou un être intelligent dans ses facultés. Détraquer un moteur, une horloge. Cette montre se détraque. Ce médicament lui a détraqué l'estomac. Une administration qui se détraque. Fam., Il a le cerveau détraqué. Sa tête se détraque. Dans ce sens familier, le participe passé s'emploie aussi comme nom. Un détraqué, une détraquée, Celui, celle qui a le cerveau dérangé.

En termes de Manège, il signifie Faire perdre à un cheval ses bonnes allures, son allure ordinaire. Celui qui a monté ce cheval l'a tout détraqué.

détraquer


DÉTRAQUER, v. a. [Détraké; 1re et dern. é fer.] 1°. Détraquer un cheval, lui faire perdre ses bones alûres. "Celui qui a monté ce cheval l'a tout détraqué. = 2°. Détraquer une machine, la dérégler. Vous avez détraqué ma montre: elle se détraque. — Par extension: "Ces alimens m' ont détraqué l'estomac. Mon estomac se détraque. = 3°. Figurément, détourner d'un train de vie réglée. "Il ne faut qu'un mauvais Religieux pour détraquer toute une Communauté. — Il a quelquefois pour second régime la prép. de. "Sa maladie l'a détraqué de ses études. Il se dit aussi avec le pronom personel. Il s'est entièrement détraqué. "Il se détraque tous les jours davantage.
   Rem. Détraquer n'est pas du beau style, et il ne figure pas bien dans une histoire sérieûse. "L'ignorance et la superstition des peuples est un ressort si comun, si grossier, si peu susceptible d'accidens, qui le détraquent, qu'il peut réussir dans les mains même les plus mal adroites. Mde de B... Hist. d'Angl.

Synonymes et Contraires

détraquer

verbe détraquer
1.  Abîmer quelque chose.
2.  Perturber quelqu'un.

détraquer (se)

verbe pronominal détraquer (se)
Traductions

détraquer

ontwrichten

détraquer

sbalestrare

détraquer

[detʀake] vt → to put out of order; [+ estomac] → to upset [detʀake] vpr/vi → to go wrong