dîme

dîme

n.f. [ du lat. decima, dixième partie ]
Au Moyen Âge et sous l'Ancien Régime, fraction variable, en principe égale à un dixième, des produits de la terre et de l'élevage, versée à l'Église.

DÎME

(dî-m') s. f.
Prélèvement qui se faisait sur les Juifs du dixième des fruits de la terre pour offrir au Seigneur ou pour donner aux lévites.
Le Seigneur votre Dieu vous ayant bénis, vous ne pourrez lui apporter toutes ces dîmes ; vous vendrez tout, et en aurez de l'argent que vous porterez en votre main [SACI, Bible, Deutéronome, XIV, 24]
Ceux qui, étant de la race de Lévi, entrent dans le sacerdoce, ont droit, selon la loi, de prendre la dîme du peuple [ID., ib. Ép. aux Hébr. de St Paul, VII, 5]
Il se dit aussi d'un dixième prélevé pour tout autre objet.
Alors Abraham lui donna [à Melchisédech] la dîme de tout ce qu'il avait pris [ID., ib. Genèse, XIV, 30]
C'est à lui [Melchisédech] qu'il paye la dîme du butin qu'il avait gagné sur les rois vaincus [BOSSUET, Hist. I, 3]
Prélèvement que l'Église ou le seigneur faisait sur les récoltes, et qui en était ordinairement le dixième. Lever, payer la dîme des blés, du vin. Il y avait des dîmes qui faisaient la douzième partie, la treizième partie. Les dîmes s'affermaient.
Toute votre piété se réduit à certaines cérémonies, à certaines coutumes, à payer certaines dîmes dont la loi ne fait pas mention [BOURDAL., 5e dim. après la Pentec. Dominic. t. II, p. 441]
La dîme n'est point une propriété ; la propriété ne s'entend que de celui qui peut aliéner le fonds ; et jamais le clergé ne l'a pu [MIRABEAU, Collection, t. II, p. 11]
Grosses dîmes, dîmes qu'on levait sur les gros fruits, comme le blé et le vin. Menues dîmes, celles qui se levaient sur les menus grains et sur le menu bétail. Vertes dîmes, celles qu'on levait sur les légumes, le chanvre, etc. Dîme inféodée, dîme aliénée par l'Église et possédée par des laïques. Dîme saladine, impôt du dixième des revenus dont furent frappés ceux qui ne prirent point part à la 3e croisade. Dîmes ecclésiastiques, dîmes possédées sans aucune charge féodale. Dîmes mixtes, dîmes perçues sur les choses qui provenaient en partie des héritages et en partie de l'industrie. Fig. Lever la dîme, faire un prélèvement non permis.
D'anciens Gaulois.... Levaient la dîme sur les caves Du maître qui les opprimait [BÉRANG., Escl. gaulois.]
Dîme royale, titre d'un ouvrage de Vauban.
Son Altesse Royale ayant formé le dessein de faire dans le royaume quelques essais d'une taille proportionnelle ou dîme qu'avait proposée feu M. de Vauban et qui devait remédier aux anciens et intolérables abus de la taille arbitraire [FONTEN., Renau.]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Ne devez as prelaz defendre u comander .... ne des dismes causer [, Th. le mart. 79]
  • XIIIe s.
    Et ot li elleus [l'élu] de Biauvais la disme de par l'apostole [pape] [, Chr. de Rains, 90]
    De droit commun, toutes les dismes doivent estre à sainte Eglise [BEAUMANOIR, XI, 38]
  • XVe s.
    Qu'elles estoient tenues de rendre à Dieu disme de tous leurs biens [LOUIS XI, Nouv. XXXII]
  • XVIe s.
    Le droit de tenir dixmes en fief [dîmes inféodées] par gens purs laics [P. PITHOU, 74]
    La principale cause de la malveillance que le peuple luy portoit vint de la decime des depouilles.... il feit vœu qu'il offriroit aux dieux la dixme du butin [AMYOT, Cam. 14]
    Un veau de disme [un grand sot], [OUDIN, ]
    Peu de gloire me semble accroistre à ceulx qui seulement employent leurs yeulx.... baislent aux mouches comme veaulx de disme [RAB., Pant. Prol. du liv. III]
    Rente est plus seure que dismes [LEROUX DE LINCY, Prov. t. I, p. 24]

ÉTYMOLOGIE

  • Berry, le dîme ; provenç. desme, deime, deyme, deume, deme, s. m. et aussi decima, s. f. ; catal. delme ; espagn. diezmo et decima ; ital. decima ; du latin decimus, dixième, de decem (voy. DIX).

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DÎME. Ajoutez :
    Nom d'une petite monnaie.
    Cette nouvelle pièce [valant un franc] est surtout destinée aux États de la côte du Pacifique où circule la dîme d'argent [valant 50 centimes] [, Journ. officiel, 16 mai 1875, p. 3476, 3e col.]

dîme

DÎME. n. f. Portion des grains, des vins, des fruits, etc., qui se payait à l'Église, ou au seigneur du lieu, et qui en était ordinairement le dixième. Payer la dîme. Lever la dîme, les dîmes. Affermer les dîmes. La dîme des blés, du vin, etc.

dîme


DîME, s. f. DîMER, v. n. DîMERIE, s. f. DîMEUR, s. m. [1re lon. 2e e muet au 1er et 3e, é fer. au 2d. — L'Acad. écrit encôre, suivant l'ancien usage, dixme, dixmer, dixmeur: elle ne met point dixmerie.] Dîme, est la dixième partie, ou portion aprochante, des fruits et aûtres productions que l'on paye à l'Église, ou aux Seigneurs. Dîmer, c'est avoir droit de lever la dîme en un lieu. Dîmeur, celui qui recueuille les dîmes. En parlant de l'Église, on dit, Décimateur. "Il a la dîme de ces Terres, de ces Paroisses. "Il dîme dans tous ces Villages. "Il est Dîmeur, ou Décimateur d'un tel lieu.
   Le Rich. Port. met le dîme subst. masc., pour l'étendûe du pays sur lequel on a droit de dîmer. On dit, la dîmerie. "Ce Village est de la dîmerie d'un tel Chapitre, d'un tel Prieuré, etc. — Dans le même Dictionaire, on met dîmier, pour signifier un journalier qui compte et recueuille la dîme. C'est un mot de quelques Provinces.

Traductions

dîme

מעשר (ז), תרומת מעשר (נ), מַעֲשֵׂר

dîme

tithe

dîme

dízimo

dîme

diezmo

dîme

decima

dîme

десятина

dîme

Dziesięcina

dîme

Десятък

dîme

Desátek

dîme

tiende

dîme

십일조

dîme

tiondet

dîme

[dim] nftithe