damnation

(Mot repris de damnations)

damnation

[ danasjɔ̃] n.f.
Dans le christianisme, condamnation aux peines éternelles de l'enfer.

DAMNATION

(dâ-na-sion ; en vers, de quatre syllabes) s. f.
Condamnation.
En matière de crime, il n'y a nulle justice, nulle damnation parfaite, sans défense contradictoire [PELLISSON, II, 187]
Vieux en ce sens.
Condamnation aux peines de l'enfer après la mort et dans une autre vie.
Il serait en état de damnation [PASC., Prov. 6]
Que, bien loin de former en secret des désirs de leur salut [des jansénistes], vous avez fait en public des vœux pour leur damnation [ID., ib. 11]
Des gens qui sont en état de damnation [BOSSUET, Var. X]
La certitude de votre damnation a pour fondement la plus commune de toutes les règles [MASS., Car. Fausse confiance.]
Que tout homme soit obligé de la suivre sous peine de damnation [J. J. ROUSS., Ém. IV]
Aucun n'a vu de si funestes suites de ses péchés que celles qu'ils [Adam et ève] ont vues de leur désobéissance, puisque tous les maux qui sont arrivés à tous les hommes ensemble, tous les péchés qui se sont commis dans le monde, et la damnation de ce nombre innombrable de réprouvés sont des suites de leur crime [NICOLE, Ess. de mor. 2e traité, ch. 5]
Sorte d'imprécation arrachée par la colère ou le désespoir que l'on prononce contre soi ou les autres. Mort et damnation ! Enfer et damnation ! Jurer sur sa damnation, jurer en disant qu'on veut être damné si....
Il promit plus que Léandre ne voulut, et jura sur sa damnation éternelle de tenir tout ce qu'il promettait [SCARRON, Rom. com. 2e part. ch. 9]

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Li multitudine de la mercit c'on lor a mostreit lor turne, à la parsomme, en accomblement de droituriere dampnasion [ST BERNARD, 559]
    Maintes fois est nostre œuvre occaisons de dampnation, et si quidons [pensons] ke ele seit creissemens de vertu [, Job, 469]
  • XIIIe s.
    Il [les Juifs] ne peurent droiture avoir, Ne droiture ne achoison, Par quoy [Jésus] fust en dampnation [, St-Graal, V. 403]
    Tu tenis la moie main destre, ne me consentis mie du tout choir en dampnation [, Psautier, f° 87]
    Diex i sofri pour nous mortel damnation, Quant Judas, ses disciples, i fist la traïson [, Ch. d'Ant. I, 842]
    Et lor promet, en ses idées, Des euvres qu'il auront ovrées, Sauvement ou dampnacion [, la Rose, 17685]
  • XVe s.
    Ne nulle part ne porcion N'y aura, et, pour mieulx valoir, Le jure en ma dampnacion [CH. D'ORL., Ball. 79]
    Ages de plour, d'envie et de tourment, Temps de langour et de dampnacion [E. DESCH., Du temps present.]

ÉTYMOLOGIE

  • Provenç. dampnatio ; anc. espagn. dañacion, damnacion ; portug. damnação ; ital. dannazione ; du latin damnationem, de damnare (voy. DAMNER). Dans l'ancien français on disait beaucoup plus souvent dampnement ou damnement que damnation. On remarquera le p parasite qui s'était introduit dans ce mot, comme dans dompter, du latin domare.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DAMNATION. Ajoutez :
    Damnations, nom donné par les ouvriers aux amendes, défenses, interdictions, qu'ils prononcent soit les uns contre les autres, soit contre les chefs d'atelier et entrepreneurs, [, Code pénal, art. 416]

damnation

DAMNATION. n. f. Action de damner, de se damner, ou Punition des damnés. La damnation éternelle. Sous peine de damnation.

damnation

Damnation, Damnatio.

damnation


DAMNATION, s. f. [Dânacion, en vers ci-on; 1re lon. On ne prononce point l'm.] La damnation éternelle: sur peine de damnation.

Traductions

damnation

damnation

damnation

damno

damnation

dannazione