damoiseau

(Mot repris de damoiseaux)

damoiseau

n.m. [ lat. dominicellus, dimin. de dominus, seigneur ]
Au Moyen Âge, jeune gentilhomme.

DAMOISEAU

(da-moi-zô) s. m.
Titre donné autrefois à un jeune gentilhomme qui n'était pas encore reçu chevalier. On dit aussi damoisel.
Ils [les Vaudemont] avaient donné cette seigneurie [Commercy] en fief à des seigneurs, sous le nom de damoiseaux [SAINT-SIMON, 178, 122]
Je vous ferai voir qu'Amadis de Gaule, sous le titre de damoisel de la mer, mit fin à ses plus belles aventures, et qu'Amadis de Grèce, lorsqu'il était appelé le damoisel de l'ardente épée, occit un grand lion et délivra le roi Magadan [VOIT., Lett. 46]
Bientôt on passait à l'office de page ou de damoiseau dans le château de quelque baron [CHATEAUB., Génie, IV, V, 4]
Jeune homme empressé et galant auprès des femmes.
Je prétends qu'on soit sourde à tous les damoiseaux [MOL., le Dép. V, 9]
Et, voyant arriver chez lui le damoiseau, Prend fort honnêtement ses gants et son manteau [ID., École des femmes, I, 1]
Nous savons toute l'intrigue du rendez-vous et du damoiseau [ID., G. Dandin, III, 8]
....Je ne suis pas homme à gober le morceau, Et laisser le champ libre aux yeux d'un damoiseau [ID., Ec. des femmes, II, 1]
Voilà de mes damoiseaux fluets qui n'ont pas plus de vigueur que des poules [ID., l'Avare, I, 6]
La fleurette et ce badinage Dont un damoiseau vous combat, Ne donnent pas un équipage Comme les pistoles d'un fat [SEGRAIS, Stances à une fille qui faisait des avances à un sot pour l'épouser]
Espèce d'antilope.

HISTORIQUE

  • XIIe s.
    Lors dist au damisel : Venez avant, Tierri [, Ronc. p. 192]
    Tierris li damoisals vers le ciel esgarda [, ib.]
  • XIIIe s.
    Deus damoisiaus [il] a mors [tués] estrais [nés] de Lombardie [, Berte, II]
    Trois fil en sont remès moult bel, Qui sont moult cointe damoisel [, Ren. 12594]
    Est-ce pour ce qu'il vous reçut, Et nous et li por vous deçut, Et vous offri li damoisiaus Tantost ses chiens et ses oisiaus ? [, la Rose, 15121]
    Savez que fet li damoisiaus ; En terre rouge se toueille, Le mort fet et la sorde oreille [RUTEB., 188]
    Et Raimons de saint Gille et Robers li Mansiaus, Godefrois de Buillon, Ustasses li dansiaus, Et Bauduins ses freres qui encor est tousiaus [jeune] [, Ch. d'Ant. I, 774]
  • XVe s.
    Le sire de Cliçon avoit un fils, jeune damoisel qui s'appeloit Olivier ainsi que son pere [FROISS., I, I, 212]
  • XVIe s.
    Avez-vous donc les cœurs moins damoyseaux Qu'aspics, ne loups, et tels gentils oyseaux ? [MAROT, II, 50]
    Il s'abilla des habits d'une femme, Et d'un heros devenu damoiseau, Guidoit l'esguille et tournoit le fuseau [RONS., 117]
    Là sont d'age pareils cent jeunes jouvenceaux, Beaux, vermeils, crespelus, aux mentons damoiseaux [ID., 896]

ÉTYMOLOGIE

  • Anc. liégeois, dameheal ; provenç. donzel ; anc. catal. donzell ; espagn. doncel ; ital. donzello ; du bas-latin dominicellus, diminutif de dominus, seigneur (voy. DOM). Dans l'ancien français damoisels ou damoisaus au nominatif singulier, damoisel au régime ; damoisel au nominatif pluriel, damoisels ou damoisiaus au régime. Le mot s'était contracté en donzel, doncel, et aussi, par le changement assez fréquent de l'o en a, dancel.

damoiseau

DAMOISEAU. n. m. Jeune gentilhomme qui n'était point encore reçu chevalier, et qui aspirait à l'être.

Il se dit encore aujourd'hui, familièrement et par ironie, d'un Homme qui fait le beau, le galant auprès des femmes.

damoiseau


*DAMOISEAU, DAMOISEL, s. m. C'est ainsi qu'on apelait un jeune Gentilhomme, avant qu'il fût Chevalier. Domicellus, comme qui dirait, petit Seigneur, parvus Dominus. On troûve dans les Histoires anciènes, Damoisel Pepin, Damoisel Louis le Gros, Damoisel Richard, Prince de Galles, etc. — Aujourd'hui, Damoiseau est un homme éféminé, qui fait le beau, qui afecte trop de propreté. Voyez ACCOUTREMENT. — L'Acad. ne le met point en ce sens.

Traductions

damoiseau

Jüngling