denier

denier

n.m. [ lat. denarius, de deni, dix par dix ]
1. Anc. Monnaie d'argent de la Rome antique.
2. Anc. Monnaie française carolingienne.
Denier du culte,
don fait par les catholiques pour l'entretien du clergé.

deniers

n.m. pl.
Litt. (Avec le possessif) Argent personnel : Je l'ai payé de mes deniers.
Les deniers publics,
l'argent de l'État les finances publiques

dénier


Participe passé: dénié
Gérondif: déniant

Indicatif présent
je dénie
tu dénies
il/elle dénie
nous dénions
vous déniez
ils/elles dénient
Passé simple
je déniai
tu dénias
il/elle dénia
nous déniâmes
vous déniâtes
ils/elles dénièrent
Imparfait
je déniais
tu déniais
il/elle déniait
nous déniions
vous déniiez
ils/elles déniaient
Futur
je dénierai
tu dénieras
il/elle déniera
nous dénierons
vous dénierez
ils/elles dénieront
Conditionnel présent
je dénierais
tu dénierais
il/elle dénierait
nous dénierions
vous dénieriez
ils/elles dénieraient
Subjonctif imparfait
je déniasse
tu déniasses
il/elle déniât
nous déniassions
vous déniassiez
ils/elles déniassent
Subjonctif présent
je dénie
tu dénies
il/elle dénie
nous déniions
vous déniiez
ils/elles dénient
Impératif
dénie (tu)
dénions (nous)
déniez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais dénié
tu avais dénié
il/elle avait dénié
nous avions dénié
vous aviez dénié
ils/elles avaient dénié
Futur antérieur
j'aurai dénié
tu auras dénié
il/elle aura dénié
nous aurons dénié
vous aurez dénié
ils/elles auront dénié
Passé composé
j'ai dénié
tu as dénié
il/elle a dénié
nous avons dénié
vous avez dénié
ils/elles ont dénié
Conditionnel passé
j'aurais dénié
tu aurais dénié
il/elle aurait dénié
nous aurions dénié
vous auriez dénié
ils/elles auraient dénié
Passé antérieur
j'eus dénié
tu eus dénié
il/elle eut dénié
nous eûmes dénié
vous eûtes dénié
ils/elles eurent dénié
Subjonctif passé
j'aie dénié
tu aies dénié
il/elle ait dénié
nous ayons dénié
vous ayez dénié
ils/elles aient dénié
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse dénié
tu eusses dénié
il/elle eût dénié
nous eussions dénié
vous eussiez dénié
ils/elles eussent dénié

DENIER

(de-nié ; l'r ne se lie jamais ; au pluriel, l's se lie : des de-nié-z argentés) s. m.
Monnaie romaine d'argent, qui d'abord valut dix as et plus tard seize. Jusqu'à la fin de la République, le denier fut fixé au poids de 84 à la livre ; ce qui représente, en poids, 3 gr. 85, et en valeur, 0 fr. 82 c.
Il vend pour trente deniers celui qui devait être la rédemption du monde [BOURDAL., Myst. Passion de J. C. t. I, p. 262]
Ancienne monnaie française d'argent.
Le denier était la deux-cent-quarantième partie d'une livre d'argent [VOLT., Mœurs, 19]
Il y avait aussi des deniers d'or. Ne pas donner une chose pour denier d'or, l'estimer très haut. Sorte de monnaie de cuivre, ayant cours pour la douzième partie d'un sou, et dite aussi denier tournois, denier de prix ou de cours.
Vingt pistoles rapportent par année dix-huit livres six sous huit deniers, à ne les placer qu'au denier douze [MOL., l'Av. I, 5]
Le denier, depuis longtemps démonétisé, est devenu une simple monnaie de compte. Rendre compte à livres, sous et deniers, rendre un compte avec la dernière exactitude. Net comme un denier, très propre, sans doute à cause d'un denier récemment frappé, qui est net et brillant ; car, autrement, la circulation ternit bien vite les monnaies de cuivre.
Claire comme un bassin, nette comme un denier [RÉGNIER, Sat. X]
C'est la parfaite Deiopée, Un vrai visage de poupée ; Au reste, on ne peut le nier, Elle est nette comme un denier [SCARRON, Virg. trav. I]
Fig.
Un débiteur dont il faut exiger jusqu'au dernier denier [MASS., Carême, Élus]
.... chacun repousse Jeanne qui n'a pas un denier, [BÉRANG., Jeanne la Rousse]
Plus d'un pauvre vient implorer Le denier que je puis répandre [ID., Juif errant.]
Poétiquement, le funèbre denier, la petite pièce de monnaie que, suivant la mythologie, il fallait donner à Caron pour passer le fleuve des enfers.
Une larme.... c'est là ce funèbre denier, Ce tribut qu'à la mort tout mortel doit payer [LAMART., Harold, 49]
Le denier de la veuve, l'aumône faite par le pauvre.
Voilà d'étranges présents ; c'est le denier de la veuve [SÉV., 511]
Cette locution est fondée sur l'Évang. de saint Luc, XXI, 1 et 2 : Et comme Jésus regardait, il vit des riches qui mettaient leurs dons au tronc ; il vit aussi une pauvre veuve qui y mettait deux petites pièces de monnaie. Denier de la veuve, se dit aussi d'une chétive somme qui fait toute la ressource d'une personne.
À l'égard du contrôleur général, que Dieu absolve, il me fait aussi perdre à moi environ cinq à six cents livres, et c'est le denier de la veuve [D'ALEMB., Lett. à Voltaire, 26 oct. 1770]
Denier fort, ou fort denier, ce qu'il faut ajouter à la fraction qui excède une somme pour avoir la valeur de la plus petite monnaie au-dessus de la fraction. Le fort denier de trois francs quatre centimes est un centime [ce qui fait un sou]. Le fort denier est pour le marchand.
Denier de St Pierre, tribut qui se payait à Rome le jour de la fête de St Pierre aux Liens, et, aujourd'hui, argent recueilli parmi les catholiques pour subvenir aux besoins du pape. Nom d'un ancien droit que l'Angleterre payait au pape et qui fut établi en 740 par le roi Ina.
Denier à Dieu, contribution qui, dans l'origine, se payant sur tous les marchés et engagements, devait être employée à quelque acte de piété. Aujourd'hui, arrhes pour une location, pour un marché.
Deux cents francs un garçon, sans le denier à Dieu, sabots, blouse et chapeau pour la première année [P. L. COUR., II, 278]
Le propriétaire du lieu, Ayant eu le denier à Dieu, Crut la [Didon] tromper et ne lui vendre Qu'autant de lieu que peut comprendre La peau d'un bœuf, tant grand fût-il [SCARRON, Virg. trav. I]
Deniers d'entrée, argent donné en sus d'un marché, et qui, à la différence des arrhes et du denier à Dieu, est remis après la convention.
Une somme d'argent indéterminée.
Il fit une grande levée de deniers sur les peuples [VAUGEL., Q. C. liv. IV, dans RICHELET]
Il n'est que d'être libre et en deniers comptants [RÉGNIER, Épît. II]
Quatre ou cinq mille écus est un denier considérable et qui vaut bien la peine qu'un homme manque à sa parole [MOL., Pourc. III, 9]
Le pouvoir de faire justice acheté à deniers comptants [LA BRUY., Disc. s. Théophr.]
En termes de jurisprudence. Deniers dotaux, pupillaires. Deniers clairs et liquides, deniers qui se trouvent en nature dans une succession. Deniers à découvert, deniers qu'on exhibe en offrant le payement. Les deniers publics, les fonds appartenant à l'État, à une ville. Un comptable de deniers publics.
Je crois voir en ceci l'image d'une ville Où l'on met les deniers à la merci des gens ; Échevins, prévôts des marchands, Tout fait sa main.... [LA FONT., Fabl. VIII, 7]
À peine étiez-vous hors de l'enfance que vous conseillâtes à votre oncle Périclès d'engager la guerre pour éviter de rendre compte des deniers publics [FÉN., Dial. des morts anc. 16]
Tirer un grand denier, un bon denier de quelque chose, en tirer une grande somme d'argent. Phrase peu usitée présentement. J'y mettrais bien mon denier, se dit d'une chose dont on ferait volontiers l'acquisition si elle était à vendre. Fig. Vendre quelqu'un à beaux deniers comptants, le trahir pour de l'argent, par intérêt.
Votre procureur s'entendra avec votre partie et vous vendra à beaux deniers comptants [MOL., Scapin, II, 8]
Cette locution signifie aussi être plus fin, plus habile qu'un autre. Il le vendrait à beaux deniers comptants, il est plus adroit que lui, il obtiendrait sur lui tous les avantages qu'il voudrait. Terme d'ancienne pratique. Faire bons les deniers, garantir la somme.
La partie d'un capital ou revenu qui est prélevée au profit de quelqu'un. Le dixième denier de toute prise était dû à l'amiral, c'est-à-dire un denier sur dix, autrement dit le dixième ; le quinzième denier est un quinzième, et ainsi de suite. Cette locution n'est plus usitée. Centième denier, nom du droit de la paulette quand il fut réduit au centième du prix des offices.
Intérêt d'une somme, d'un capital. Le denier cinq, dix, vingt, l'intérêt valant le cinquième, le dixième, le vingtième du capital, c'est-à-dire 20, 10, 5 pour cent.
L'argent à tout denier se prêta sans usure [BOILEAU, Sat. XI]
Je commence par m'écrier sur le denier six ; je n'en avais point entendu parler depuis l'emprunt que fait le fils de l'avare dans la comédie de Molière ; je crois que vous avez voulu dire six et quart, qui est un denier dont j'ai entendu parler en Provence, qui va, ce me semble, au denier seize ; mais le denier six est si usuraire que je ne crois pas qu'un notaire en voulût faire un contrat ; c'est pour 10000 francs, 1666 livres 13 sous [SÉV., 605]
L'avis de M. le contrôleur général serait de placer votre argent sur la ville au denier dix-huit [MAINTENON, Lett. à M. d'Aubigné, 1er mars 1684]
Cent francs au denier cinq, combien font-ils ? - Vingt livres [BOILEAU, 8]
Les rentes qui étaient au denier dix tombèrent au denier vingt [MONTESQ., Esp. XXII, 6]
Voulez-vous prendre, au denier quatorze, cinq mille francs qu'un honnête serrurier de ma connaissance a amassés par son travail et par ses épargnes ? [LESAGE, Turcaret, III, 9]
Le denier de l'ordonnance, le denier du roi, synonyme de ce qu'on nomme aujourd'hui taux légal, c'est-à-dire le taux légal auquel s'estiment les intérêts adjugés, le placement à rente d'une somme, etc. Denier fort, intérêt excédant le taux ordinaire. Vendre une chose au denier vingt, au denier trente, au denier quarante, etc. la vendre pour un prix établi sur la supputation que cette chose rapportera le 20e, le 30e, le 40e de la valeur.
Il a acheté Barbesieux au denier seize [SÉV, ]
On dit dans un sens analogue estimer au denier trente, au denier quarante. Toutes ces locutions tombent en désuétude ; elles sont remplacées par celles-ci : 5 pour 100, 3 et demi pour 100, 2 et demi pour 100, etc.
Désignation d'une certaine part qu'on avait dans une affaire (perte ou gain), c'est-à-dire la 240e part (le denier étant la 240e partie de la livre). Deux deniers équivalent à un 120e, trois deniers à un 80e, et ainsi de suite. Il avait deux deniers dans la ferme. Sens vieilli.
10° Terme de monnayage. Denier de poids ou, absolument, denier, le tiers du gros ou la 24e partie de l'once et la 192e du marc, ce qui revient à la 785e partie du kilogramme. Le marc contient 8 onces ; l'once, 8 gros ; le gros, 3 deniers ; le denier, 24 grains ; ainsi il y a au marc 8 onces, 64 gros, 192 deniers et 4608 grains, Édit sur les monnaies, t. VI, f° 164, aux archives des finances. Denier de fin, ou, simplement, denier, chacune des parties de fin contenues dans une quantité quelconque d'argent que l'on suppose partagée en douze parties égales. L'argent pur est dit de l'argent à douze deniers. On évalue la bonté de l'argent par deniers, et celle de l'or par carats.
Les bossettes de son mors sont d'or à vingt-trois carats ; ses fers sont d'argent à onze deniers [VOLT., Zadig, 3]
Denier de fin ou de loi, le degré de pureté de l'argent. Denier de boîte, pièce d'or et d'argent que les gardes doivent prendre quand ils font la délivrance, et qui se conservent dans une boîte pour servir de règle dans la suite à la cour des monnaies. Deniers de monnayage, toutes sortes d'espèces d'or, d'argent ou de cuivre qui ont reçu la dernière façon.

PROVERBES

  • Il n'y a point d'huis qui ne lui doive denier, se dit d'un valet musard qui s'arrête souvent en chemin.
  • Cette chose vaut mieux denier qu'elle ne valait maille, se dit d'une chose qui, payée plus cher, vaut mieux qu'elle ne valait payée moins cher, c'est-à-dire d'une chose qui a été améliorée.

HISTORIQUE

  • XIe s.
    E quatre deners al ceper [geôlier] [, Lois de Guill. 4]
    Pris l'en ad or et aveir et deners [, Ch. de Rol. LXXXVIII]
    Sis bons escus un dener ne lui vaut [, ib. XI]
  • XIIe s.
    N'i perdra Charles [ce] qui vaille un seul diner [, Ronc. p. 34]
    Et si ont en nos terres pris les quatre deniers [, Sax. XVI]
    Or volt que il li rende ses acuntes pleniers De quanqu'ot en baillie, quant fu ses chanceliers, De trente mile livres de sterlins en deniers [, Th. le mart. 43]
    Tut saisi, en sa main, e terres e mustiers, E vif aveir e mort, blé, rentes e deniers [, ib. 64]
    E li deniers Saint Piere fu dunkes retenuz : Si fu al eschekier e portez e renduz [, ib. 66]
    Là fors le prinrent li felon losengier, Et nos auvec, par Dieu le droiturier, Si somes povre que n'avommes denier [, Raoul de C. 276]
  • XIIIe s.
    S'il i a nulle beste qui comence à feblir, metez les costages [dépenses] pur lui sauver ; car om dit : Beneit soit li dener qui sauve la libre [la livre], Économie rurale [, Bibl. des Chartes, 4e série, t. II, p. 368]
    Si ne se purent à celle fois acorder, por ce qu'il lor sembla qu'il n'avoient mie encore deniers assez [VILLEH., VIII]
    Et que de mes deniers chascun d'eus [je] rachetai [, Berte, VII]
    Il est acordé et ordené que nul mestres foulons ne preigne denrées d'ores avant, queles que eles soient, bones ou mauveses, pour leur salaires des dras parer, fors deniers ses [secs, argent comptant], sanz nule fraude [, Liv. des mét. 400]
    Et vont disant que povres sont, Et les grasses pitances ont, Et les grans deniers en tresor [, la Rose, 8147]
    Se vous l'avez felon trouvé ; Il iert [sera] autres au derrenier ; Ge le congnois cum ung denier [, ib. 3146]
    Et li denier qui en vienent sont au segneur [BEAUMANOIR, 43]
    Donques, pot on veir que, se denier de rente sont deu à certain jour, ou blés ou aveines, ou ce qui est deu de terme passé.... [ID., XXIII, 9]
    Noz entendons que marciés est fes si tost comme il est creantés à tenir par l'acort des parties, entre gens qui poent fere marciés, ou si tost que denier Dieu en est donés [ID., XXXIV, 60]
    Ertaut de Nogent fu li bourgeois du monde que le conte creoit le plus, et fu si riche que il fist le chastel de Nogent l'Ertaut de ses deniers [JOINV., 205]
    Ne faire marchié ne bailler denier à Dé [DU CANGE, junctura.]
  • XIVe s.
    Nulz ne faisoit les chans arer, Les blez soier, les vignes faire, Qui en donnast [quand on en donnerait] triple salaire, Non certes pour un denier vint ; Tant estoient mort [dans la peste noire].... [MACHAULT, p. 75]
  • XVe s.
    J'ai loué à mes deniers celle nef pour faire sur ce voyage ma volonté [FROISS., II, II, 220]
    Parmi ses deniers payans [par le moyen de] [ID., I, I, 264]
    Je ne donrai de vos franchises trois deniers [ID., II, II, 53]
    Un gros bourgeois qui compte ses deniers par default d'autre besongne [AL. CHARTIER, Quadriloge invectif.]
    Ne blasmez, pour ce, mon mestier ; Je gagne denier à denier ; C'est loings du tresor de Venise [CH. D'ORL., Rondeau.]
    Qui du marchié le denier à Dieu prent, Il n'y peut plus mectre rabat ne creue [ID., ib.]
    Tout marché d'amour, quoy qu'il monte, Se parfait sans deniers à Dieu [COQUILLART, p. 37]
    Ce fut pour le denier à Dieu ; Et encore si j'eusse dit, La main sur le pot, par ce dit, Mon denier me fust demouré [, Patelin, V. 392]
    Et ne perdirent pas ung denier vaillant, mais payoit chascun son escot comme s'il eust esté en Flandres [COMM., I, 5]
    Receu et nourry six ans, ayant deniers de luy pour son vivre [ID., I, 12]
    Elle est [la duché de Normandie] de grant estime, et se y leve de grans deniers [ID., I, 13]
    Le denier oublié ou mesconté, grace ne gré [LEROUX DE LINCY, Prov. t. II, p. 126]
  • XVIe s.
    Deniers refusez ne se passent pas [GABRIEL MEURIER, dans LEROUX DE LINCY, t. II, p. 125]
    Denier sur denier bastit la maison [ID., ib.]
    Il employe bien ses quatre deniers [il mange bien à proportion de ce qu'il paye] [ID., ib. p. 126]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. denei ; wallon, denidié, denigé, denier à Dieu ; provenç. dener, denier, dinier ; catal. diner ; espagn. dinero ; portug. dinheiro ; ital. denaro ; du latin denarius, de deni, dix (voy. DÉNAIRE), parce que le denier valait à l'origine dix as.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

    DENIER. Ajoutez :
    11° Évaluation du poids des fils de soie.
    Filer en neuf, en dix deniers [, Journ. offic. 24 juill. 1872, p. 5048, 1re col.]

denier

DENIER. n. m. Monnaie romaine d'argent qui, jusqu'à l'an 536 de Rome, valut dix as et plus tard seize, environ 80 centimes de notre monnaie. Judas vendit JÉSUS-CHRIST pour trente deniers.

Il s'est dit également d'une Ancienne monnaie française de cuivre, qui valait la douzième partie d'un sou tournois ou le tiers d'un liard.

Denier à Dieu, Somme qu'on donne en guise d'arrhes pour un marché verbal ou pour une location de maison ou d'appartement.

Le denier de Saint-Pierre, Tribut que l'Angleterre payait autrefois au pape, et qui n'avait été d'abord que d'un denier par maison. Il se dit aujourd'hui des Contributions volontaires recueillies parmi les catholiques pour subvenir aux besoins du Saint-Siège.

Denier du culte, en France, Contribution volontaire versée par les fidèles d'une Église pour les besoins du culte.

Il se dit aussi de Toute espèce de numéraire, de toute somme d'or ou d'argent; et alors on l'emploie surtout au pluriel. Il sera payé sur les premiers deniers de cette recette. Les deniers publics. Il a acheté cela de ses deniers, de ses propres deniers, à beaux deniers comptants.

dénier

DÉNIER. v. tr. Ne pas vouloir reconnaître un fait comme vrai. Il est principalement usité en termes de Jurisprudence. Dénier un fait. Dénier un crime. Dénier une dette. Dénier un dépôt. Au premier interrogatoire, il avait fait plusieurs aveux, plus tard il a tout dénié.

Il signifie aussi Ne pas vouloir accorder quelque chose que la bienséance, l'honnêteté, l'équité, la justice exige qu'on accorde. Ne me déniez pas votre secours. Le père ne peut dénier les aliments à son fils. On ne doit pas lui dénier cet honneur. On lui a dénié toute justice.

denier

Denier, m. acut. dissyllab. Est de deux sortes, denier tournois, dont les douze font le sol tournois: et denier Parisis, dont les douze font un sol trois deniers tournois. Vaut deux oboles, et l'obole deux pictes ou poictevines, tournois le tournois, et parisis le parisis, Denarius, Ainsi le denier parisis est de la valeur du tournois et picte. Denier aussi est une espece de poids en poids de marc, dont les trois font le gros, se divisant le denier en 24. grains, voyez Marc et Gros.

un Denier ancien vallant dix livres d'argent, Denarius.

Denier vallant quatre petis sesterces, c'est à dire trois sols six deniers, Denarius Romanus.

¶ Les deniers communs d'une ville, AErarium.

Deniers ordonnez pour le payement des gens-darmes, AErarium militare.

Deniers ordonnez pour certaines charges, Attributa pecunia, B.

Quatre cens deniers, Denarij quadringeni.

Ils se saisissent et emportent les deniers communs, Manum vectigalibus admouent.

Convertir en deniers, et iceux mettre au thresor public, In aerarium redigere.

Racheter quelque chose des deniers communs de la ville, Publice redimere.

Amasser deniers, Construere pecuniam et coaceruare.

Assembler ou lever deniers, pour la soulte de souldars, Stipendium cogere.

Assembler et lever deniers sur les villes pour faire statues, Cogere pecuniam a ciuitatibus statuarum nomine.

Baille le denier à Dieu, Cedo nummum dominicum, siue Deo sacrum, Repraesenta nummum Vertumno sacrum, B.

Lever les deniers qu'on a assis et imposez sur quelque peuple, Exigere imperatam pecuniam, Colligere stipem a castellanis.

Ceux qui retiennent les deniers, Suppressores nummorum.

Retenir les deniers, et ne les rendre point, Nummos retinere.

Rendre jusques au dernier denier, Ad assem reddere.

Payer jusques au dernier denier, Soluere ad denarium.

¶ Le denier à Dieu et arres, Arrha.

Francs deniers, Pretium pleno iure, Pretium iure optimo, B.

dénier

Dénier quelque chose, Denegare, Inficiari.

Dénier tout, ou ne rien confesser à la question ou à la gehenne, Pernegare in quaestionibus. B.

denier


DENIER, s. m. DÉNIER, v. a. [De-nié, dénié; le 1er a l'e muet à la 1re, et il n'est que de deux syllabes; l'e du 2d est fermé, et il est de trois syllabes: l'i est long devant l'e muet: Il dénîe: au futur et au conditionel, l'e est tellement muet, qu'on ne le fait nullement sentir: Il déniera, dénierait: pron. dénira, diniré, en trois syllabes.] I. Denier, est, 1°. Une petite monoie de cuivre, valant la 12e partie d'un sou. "Il y avait aûtrefois des deniers d'argent; et c'est de ces deniers dont on parle, quand on dit que le Sauveur fut vendu trente deniers. = 2°. Au pluriel, somme d'argent. Les deniers royaux, les deniers publics, les derniers d'une recette, etc. = 3°. Intérêt d'une somme principale. Le denier vingt, le cinq pour cent; le dernier vingt-cinq, le quatre pour cent. = 4°. Certaine part qu'on a dans une afaire. "Il a un denier dans les Fermes, la douzième partie d'un vingtième. = 5°. Faire les deniers bons, ou, être garant des deniers, c'est garantir le paiement de la somme qu'on est chargé de faire payer. "Ils en avoient aboné le produit, moyennant une somme, dont on faisoit les deniers bons au Prince. Moreau. = 6°. On dit proverbialement~, qu'on mettrait bien son denier à une chose, pour dire, que si elle était à vendre, on en ferait volontiers l'aquisition. — On dit aussi, d'un homme plus fin qu'un aûtre, qu'il le vendrait à beaux deniers comptans.
   II. DÉNIER, est 1°. Nier. En ce sens, il ne se dit qu'en ces phrâses: Dénier un fait, un crime, un dépôt, une dette. = 2°. Refuser ce que l'honêteté, l'équité, ne veulent pas qu'on refuse. "Ne me déniez pas votre secours: On lui a dénié toute justice. Il est plus d'usage au Palais que dans le discours ordinaire, où refuser est plus usité. — Aûtrefois on en faisait un plus grand usage. "Puis-je lui dénier quelque part dans mes discours? Bossuet. "Il pouvoit bien lui demander la mort, mais il ne la pouvoit pas espérer; et se la voyant déniée, il ne se devoit point retirer de devant elle, sans faire du moins quelque démonstration de se la vouloir donner. Acad. Sent. sur le Cid.

Traductions

denier

denier

denier

Denier

denier

denier

denier

denario

denier

denaro

denier

dinheiro

denier

denier

denier

дение

denier

denier

denier

denier

denier

denier

denier

[dənje] nm
(= monnaie) formerly, a coin of small value
deniers publics → public money
de ses propres deniers → out of one's own pocket
[bas] → denier