devancier, ière

DEVANCIER, IÈRE

(de-van-sié, siê-r') s. m. et f.
Celui, celle qui a précédé un autre dans une carrière, un emploi. Ce peintre n'imite point ses devanciers. Je tiens cela de mon devancier.
Les armes de ses devancières [celles qui étaient en charge avant elle] se voient en beaucoup de lieux [PATRU, Plaidoyer 16]
Au plur. Aïeux. Imitez l'exemple de vos illustres devanciers.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    As us et as coustumes que si devancier l'ont gardé par devant lui [, Liv. des mét. 45]
    Toutes ces choses a usé cil Guerins et si devancier très le tens au bon roi Phelippe [, ib. 263]
    On pot sivir [suivre] les oirs du plet qui fu commenciés contre lor devanciers [BEAUMANOIR, VI, 29]
    Sire, nous nous merveillons moult que vostre volenté est tele, que vous voulez donner au roy d'Angleterre si grant partie de vostre terre que vous et vostre devancier avez conquise sus li et par leur meffait [JOINV., 292]
  • XVe s.
    Or m'est avis que c'est grand ennui de piteusement penser et aussi considerer que ces grands bourgeois et ces nobles bourgeoises et leurs beaux enfants, qui d'estoch et d'extraction avoient demeuré, et leurs devanciers, en la ville de Calais, devinrent [FROISS., I, I, 323]
    Il n'a riens de bon en la ville Dont je ne soye devanciere [que je n'aie le premier] [E. DESCH., Poésies mss. f° 378, dans LACURNE]
  • XVIe s.
    Ils [les principes d'Aristote] ne sont non plus exempts du boute-hors qu'estoient leurs devanciers [MONT., II, 330]

ÉTYMOLOGIE

  • Devancer. Dans E. Deschamps, devanciere est le nominatif dont le régime serait devanceor (devanceur) ; débris de cas qui au XVe siècle disparaissaient très rapidement.