devoir

(Mot repris de devants)
Recherches associées à devants: prendre les devants

1. devoir

v.t. [ lat. debere ]
1. Être tenu de payer, de restituer, de fournir : Il lui doit 200 euros. Elle m'a gravé un CD, je lui en dois un vierge.
2. Avoir une obligation à l'égard de qqn par la loi, la morale, les convenances : Vous lui devez le respect. Je te dois une explication.
3. Être redevable de ; avoir pour origine : L'auteur doit son succès à cet éditeur. Elle doit son surnom à cette particularité physique tenir de
4. (Suivi de l'inf.) Indique l'obligation, la nécessité : Il doit payer ses impôts avant mardi. Tu dois prendre ce médicament pour guérir.
5. (Suivi de l'inf.) Indique la probabilité, la supposition : Elle a dû avoir peur.
6. (Suivi de l'inf.) Indique une possibilité portant sur le futur, une intention : Nous devons y aller demain.

se devoir

v.pr.
1. Être tenu de se consacrer à qqn, à qqch : Le maire se doit à ses administrés.
2. (de) (Suivi de l'inf.) Être moralement tenu de : Je me dois d'assister à ses obsèques.
Comme il se doit,
comme c'est l'usage : Comme il se doit, la famille marchait en tête ; comme on pouvait le prévoir : Comme il se doit, elle est en retard.

2. devoir

n.m. [ de 1. devoir ]
1. Ce à quoi on est obligé par la loi, la morale : Le professeur a fait son devoir en prévenant l'assistante sociale.
2. Travail écrit que doit faire un élève, un étudiant : Le devoir d'histoire comporte trois questions.
Se mettre en devoir de (+ inf.),
se préparer, se mettre à : Elle s'est mise en devoir de ranger la bibliothèque.

devoirs

n.m. pl.
Sout. Marques de respect ou de politesse ; hommages : Présenter ses devoirs à la maîtresse de maison.
Les derniers devoirs,
les honneurs funèbres : Rendre les derniers devoirs à un parent.

devoir


Participe passé:
Gérondif: devant

Indicatif présent
je dois
tu dois
il/elle doit
nous devons
vous devez
ils/elles doivent
Passé simple
je dus
tu dus
il/elle dut
nous dûmes
vous dûtes
ils/elles durent
Imparfait
je devais
tu devais
il/elle devait
nous devions
vous deviez
ils/elles devaient
Futur
je devrai
tu devras
il/elle devra
nous devrons
vous devrez
ils/elles devront
Conditionnel présent
je devrais
tu devrais
il/elle devrait
nous devrions
vous devriez
ils/elles devraient
Subjonctif imparfait
je dusse
tu dusses
il/elle dût
nous dussions
vous dussiez
ils/elles dussent
Subjonctif présent
je doive
tu doives
il/elle doive
nous devions
vous deviez
ils/elles doivent
Impératif
dois (tu)
devons (nous)
devez (vous)
Plus-que-parfait
j'avais dû
tu avais dû
il/elle avait dû
nous avions dû
vous aviez dû
ils/elles avaient dû
Futur antérieur
j'aurai dû
tu auras dû
il/elle aura dû
nous aurons dû
vous aurez dû
ils/elles auront dû
Passé composé
j'ai dû
tu as dû
il/elle a dû
nous avons dû
vous avez dû
ils/elles ont dû
Conditionnel passé
j'aurais dû
tu aurais dû
il/elle aurait dû
nous aurions dû
vous auriez dû
ils/elles auraient dû
Passé antérieur
j'eus dû
tu eus dû
il/elle eut dû
nous eûmes dû
vous eûtes dû
ils/elles eurent dû
Subjonctif passé
j'aie dû
tu aies dû
il/elle ait dû
nous ayons dû
vous ayez dû
ils/elles aient dû
Subjonctif plus-que-parfait
j'eusse dû
tu eusses dû
il/elle eût dû
nous eussions dû
vous eussiez dû
ils/elles eussent dû

DEVOIR1

(de-voir) , je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent ; je devais ; je dus ; je devrai ; je devrais ; que je doive, que tu doives, qu'il doive, que nous devions, que vous deviez, qu'ils doivent ; que je dusse ; devant, dû, due v. a.
Avoir à payer une somme d'argent, ou à fournir toute autre valeur. Il doit plus qu'il ne possède. Devoir de l'argent, plusieurs journées de travail.
Je dois quatre cents francs à mon marchand de vin, Un fripon qui demeure au cabaret voisin [REGNARD, le Légat. IV, 6]
Devoir plus d'argent qu'on n'est gros, être très endetté. Devoir du retour, devoir quelque argent en sus, après avoir fait un troc ; et fig.
Et d'autant que l'honneur m'est plus cher que la vie, D'autant plus maintenant je te dois de retour [CORN., Cid, III, 6]
Absolument. Il doit de tous côtés.
Brid'oison : Mais si tu dois et que tu ne payes pas...? - Figaro : Alors, monsieur voit bien que c'est comme si je ne devais pas [BEAUMARCHAIS, Mariage, III, 13]
Devoir à Dieu et à diable, à Dieu et au monde, au tiers et au quart, devoir de l'argent à un très grand nombre de personnes. Fig. Devoir tribut, être obligé de se conformer à.
Aux usages reçus il faut qu'on s'accommode ; Une femme surtout doit tribut à la mode [BOILEAU, Sat. X]
Fig. et familièrement. Il m'en doit, ou je lui en dois, il m'a offensé et je m'en vengerai.
C'était moi ; je t'en devais, il y a bien longtemps [BARON, Homme à bonnes fort. V, 8]
N'en devoir rien, n'en devoir guère, ne pas céder à, ne pas être inférieur.
Sans répandre leur sang comme Pyrame et Thisbé, ils ne leur en durent guère en tendresse impétueuse [SCARRON, Rom. com. II, ch. 19]
Si votre majesté Est curieuse de beauté, Qu'elle fasse venir mon frère : Aux plus charmants il n'en doit guère [LA FONT., Joc.]
J'ai vu les beautés de la Seine, ses bords n'en doivent rien à ceux de la Loire [SÉV., 547]
Ironiquement. Il ne lui en doit guère, il ne vaut pas mieux que lui.
D'Arlincourt est venu à la cour et a dit : Voilà mon Solitaire et mes autres romans qui n'en doivent guère au Christianisme de Chateaubriand [P. L. COUR., II, 261]
Ils ne s'en doivent guère, se dit de gens qui ont des torts réciproques ou qui ne valent pas mieux l'un que l'autre en certaines choses.
....Je crois, à parler à sentiments ouverts, Que nous ne nous en devons guères [MOL., Amph. Prologue.]
Thésée : Ne parlons plus d'amours ; sur ce chapitre honteux, nous ne nous en devons rien [l'un à l'autre, moi et Hercule] [FÉN., t. XIX, p. 129]
Terme de comptabilité. Doit, par opposition à avoir, partie d'un compte établissant ce qu'une personne doit et ce qu'elle a reçu. Tenir ses comptes par doit et par avoir.
Être redevable à, avoir obtenu par. Je lui dois tout. Je lui dois la place que j'occupe.
On n'aime point à voir ceux à qui l'on doit tant ; Tout ce qu'il a fait parle au moment qu'il m'approche, Et sa seule présence est un secret reproche [CORN., Nicom. II, 1]
L'un imite Sophocle, l'autre doit plus à Euripide [LA BRUY., I]
Si Menzikoff fit cette manœuvre de lui-même, la Russie lui dut son salut ; si le czar l'ordonna, il était un digne adversaire de Charles XII [VOLT., Charles XII, 4]
Les chrétiens vous devraient une tête si chère [ID., Zaïre, II, 2]
L'un tient de moi la vie, à l'autre je la dois [ID., Alz. III, 5]
Si Racine doit à Tacite la belle scène entre Agrippine et son fils, Corneille doit à Sénèque celle d'Auguste et de Cinna [DIDER., Règne de Claude et Néron, II, 51]
Devoir, avec de et un verbe à l'infinitif, même sens.
Nous servions dans le même régiment, dont je vous dois d'être major [BEAUMARCH., Mère coup. I, 8]
Devoir se dit aussi quelquefois en mauvaise part. Je lui dois tous mes maux. Être redevable à des choses, avoir obtenu par des choses.
Fais devoir à ton roi son salut à ta perte [fais que ton roi doive son salut à ta mort] [CORN., Cid, III, 6]
Il y a de certains grands sentiments, de certaines actions nobles et élevées, que nous devons moins à la force de notre esprit qu'à la bonté de notre naturel [LA BRUY., IV]
Devrai-je au dépit qui le presse Ce que j'aurais voulu devoir à sa tendresse ? [VOLT., Brutus, III, 4]
Les nations avaient déjà donné à Pierre Alexiovitz le nom de grand, qu'une défaite ne pouvait lui faire perdre, parce qu'il ne le devait pas à des victoires [ID., Charles XII, 4]
En parlant de ce qui a obtenu quelque chose par une certaine circonstance. Cette colline doit son nom à tel événement.
Être tenu, obligé envers. Il ne doit compte de ses actions à personne.
Ne me dites plus rien ; pour vous j'ai tout perdu ; Ce que je vous devais, je vous l'ai bien rendu [CORN., Cid, III, 6]
Je vous devrai beaucoup pour un si bon office [ID., Hor. IV, 2]
Vous qui devez respect au moindre des Romains [ID., Pomp. III, 2]
Si vous lui devez tant, ne me devez-vous rien ? [ID., Sertor. II, 2]
Il est temps de montrer cette ardeur et ce zèle Qu'au fond de votre cœur mes soins ont cultivés, Et de payer à Dieu ce que vous lui devez [RAC., Athal. IV, 2]
Nous avons beaucoup moins de peine à faire plus que nous ne devons qu'à faire ce que nous devons [BOURDAL., Sévérité évang. 2e avent, p. 448]
Pardonne-moi, mon fils, si je trouble ton récit par les larmes que je dois à ton père [FÉN., Tél. X]
En un mot il [Dieu] doit à toutes ses perfections la punition du péché [MASS., Car. Pass.]
Que pouviez-vous ? hélas ! - J'ai fait ce que j'ai dû [VOLT., Orphel. V, 1]
Absolument.
Je dois à ma maîtresse aussi bien qu'à mon père [CORN., Cid, I, 10]
Ressouvenez-vous que, hors d'ici, je ne dois plus qu'à mon honneur [MOL., Don Juan, III, 5]
Se devoir à soi-même, être tenu en vertu de sa propre considération.
Je sais ce que je suis et ce que je me dois [CORN., Don Sanche, I, 1]
Dieu se devait à lui-même de rendre son image heureuse [BOSSUET, Hist. II, 1]
Je vous dois cet avis, votre intérêt me commande de vous donner cet avis.
Devoir, suivi d'un verbe à l'infinitif, exprime qu'une chose arrivera infailliblement. Tous les hommes doivent mourir. Il exprime une obligation morale. Un bon fils doit respecter son père.
Si la bonne foi était exilée du reste de la terre, elle devrait se retrouver dans le cœur des rois [, Parole du roi Jean]
Il marque qu'il y a une sorte de justice ou de raison à ce qu'une chose soit. On devrait planter des arbres le long de cette route.
J'ai dû continuer, j'ai dû dans tout le reste.... Que sais-je enfin ? j'ai dû vous être moins funeste, J'ai dû craindre du roi les dons empoisonnés [RAC., Mithr. IV, 2]
Le zèle de Joad n'a point dû vous surprendre [ID., Athal. II, 4]
À de moindres fureurs je n'ai pas dû m'attendre ; Voilà, voilà les cris que je craignais d'entendre [ID., ib. IV, 5]
Un jour seul perdu devrait donc nous laisser des regrets, mille fois plus vifs et plus cuisants qu'une grande fortune manquée [MASS., Car. Temps.]
À ces biens fugitifs votre amour doit survivre [C. DELAV., Paria, II, 5]
On s'en sert pour marquer l'intention. Je dois aller demain à la campagne. Il marque aussi un futur indéterminé. Il doit partir demain. Il devait sortir hier. Nous devons chanter ce soir. Il doit y avoir demain une assemblée des actionnaires. Je dois prochainement recevoir de l'argent. Devoir exprime quelquefois une supposition. C'est lui qui doit avoir fait cela, on suppose que c'est lui qui a fait cela.
Les deux accusateurs que lui-même a produits, Que pour l'assassiner je dois avoir séduits [CORN., Nicom. III, 8]
Il indique en d'autres cas une simple croyance.
Et Léonce doit être incapable de crime Puisqu'il a mérité l'honneur de ton estime [ROTROU, Bélis, I, 6]
Un voile ténébreux Nous dérobe le jour qui doit nous rendre heureux [L. RAC., la Grâce, ch. I]
Ces faits-là doivent être communs, je pense qu'ils sont communs.
Des actes d'une nature si sublime doivent être rares [RAYNAL, Hist. phil. XI, 22]
L'imparfait du subjonctif, placé en tête de la phrase, s'emploie dans le sens de quand même. Dussé-je être blâmé [quand même je serais blâmé], je vous soutiendrai. Dusses-tu y perdre de l'argent, il faut entrer dans cette affaire. Dût cela mal tourner, nous ne vous quitterons pas. Dussions - nous échouer, dussiez - vous échouer, dussent-ils échouer, nous essayerons.
Dût le peuple en fureur pour ses maîtres nouveaux De mon sang odieux arroser leurs tombeaux, Dût le Parthe vengeur me trouver sans défense, Dût le ciel égaler le supplice à l'offense, Trône, à t'abandonner je ne puis consentir [CORN., Rodog. V, 1]
Crois-moi, dût Auzanet t'assurer du succès, Abbé, n'entreprends point même un juste procès [BOILEAU, Ép. II]
Dût tout cet appareil retomber sur ma tête [RAC., Iphig. III, 5]
Dût Mme d'Acigné m'accuser d'être injuste, ou M. de Richelieu d'être ingrate [MAINTENON, Lett. au card. de Noailles, 10 août 1701]
Se devoir, v. réfl. Être dû, être obligatoire. Cela se doit.
Être obligé de se consacrer à.
Le sage s'accommode aux changements divers, Et l'homme généreux se doit à l'univers [BRÉBEUF, Phars. II]
Sa mort vous laisse un fils à qui vous vous devez [RAC., Phèd. I, 5]
Un roi se doit à tous les hommes qu'il gouverne [FÉN., Tél. IX]
Mon âme tout entière Se doit aux grands objets de ma vaste carrière [VOLT., Orphel. II, 6]

PROVERBES

  • Fais ce que dois, advienne que pourra, se dit de celui qui accomplit son devoir, sans se laisser ébranler par la pensée de ce qui peut en arriver.
  • Quand on doit, il faut payer ou agréer, c'est-à-dire il faut donner à son créancier de l'argent ou du moins de bonnes paroles.
  • Qui nous doit, nous demande, c'est-à-dire celui dont nous avons sujet de nous plaindre nous accuse.
  • Il croit toujours qu'on lui en doit de reste, il n'est jamais content de ce qu'on fait pour lui [, Dict. de l'Académie]
  • Il semble que Dieu lui en doive de reste, se dit d'un homme qui fait mal ou grossièrement son devoir.
  • Qui a terme ne doit rien, c'est-à-dire qu'on ne peut rien lui demander jusqu'au terme.
  • Qui doit a tort, signifie qu'il faut payer ou être condamné aux dépens.
  • Va où tu peux, mourir où tu dois, se dit à celui qu'on abandonne à son sort.

REMARQUE

  • 1. Les poëtes du XVIIe siècle et même du XVIIIe ont écrit je doi sans s :
    La mort a respecté ces jours que je te doi, Pour me donner le temps de m'acquitter vers toi [VOLT., Alz. II, 2]
    C'est un archaïsme, dans l'ancien français, la 1re personne n'ayant pas la lettre s, qui était réservée à la 2e personne (comme en latin) ; ce qui était mieux. L'usage irrégulier a prévalu ; mais on peut du moins conser ver aux poëtes la faculté d'employer cet archaïsme.
  • 2. Vous devriez était de deux syllabes :
    Mais vous devriez, ma fille, en l'âge où je vous voy.... [RÉGNIER, Sat. XII]
    C'est ainsi qu'on faisait de deux syllabes sanglier. C'était aussi un archaïsme, tout à fait tombé en désuétude.
  • 3. Marg. Buffet, Observ. p. 138 (en 1668), dit que quelques-uns prononcent : je dais de l'argent ; il dait beaucoup ; et qu'il faut prononcer : je dois, il doit. C'était la prononciation normande qui n'était pas encore complétement exclue.

HISTORIQUE

  • IXe s.
    Si cum om per dreit son fradre [frère] salvar dist [doit] [, Serment]
  • Xe s.
    Chi [qui] sil [ainsi le] feent [font] cum faire lo deent [doivent] [, Fragm. de Valenc. p. 469]
  • XIe s.
    Si hom occit altre, et il seit conusaunt [connaissant], et il deive faire les amendes.... [, Lois de Guill. 8]
    Deüz servises et mout grant amistez [, Ch. de Rol. III]
    En France ad Ais s'en deit bien repairer [, ib.]
    [Dieu] Le glorius que deüsse [je dusse] aorer [, ib. IX]
    Quant [il] le dut prendre, si lui cheït à terre [, ib. XX]
    Li siens orgueilz le devreit bien confondre [, ib. XXVIII]
    Qui ce jugeat [décida] que doüssiez aller [, ib. XXVI]
  • XIIe s.
    Bien deüst estre escoutez et oïs [, Ronc. p. 24]
    S'en [quand même] devroie estre occis [, ib.]
    Jamais n'iert [ne sera] jor, ne me doiez [que vous ne me deviez] amer [, ib. p. 30]
    Bien l'avez fait, mout [je] vous en doi amer [, ib. p. 33]
    Oncle Girart, quant [je] me dui [dus] esveiller [, ib. p. 164]
    Ma bataille [j']offre, cui qu'en doie peser [à qui qu'il en doive peser, être désagréable] [, ib. p. 191]
    Mais à dame de valor Doit on penser nuit et jor [, Couci, I]
    Ore est bien raison et heure Que [je] m'i doie retorner [, ib. IV]
    De mil souspirs que je lui doi par dete [, ib. VI]
    Mais en cel point que dui [je dus] avoir mon don [, ib.]
    Jà nel [ne le] deüst ne sofrir ne voloir La douce riens, qui tant est bien aprise [, ib. XVII]
    Onques vers li [elle] [je] n'oi [n'eus] faus cuer ne volage ; Si m'en devroit pour tant mieuz avenir [, ib. XI]
    Chascuns quatre deniers ainsi comparer dot [dut payer] [, Sax. XVII]
    Maintenir le devons ; ce [je] temoigne et connois [, ib. XVIII]
    Se [nous] lui devons chevage, coustume ne tonlieu [impôt] [, ib. XXIV]
    Ici de Charlemaine [je] me doi ore bien taire [, ib. XXX]
  • XIIIe s.
    Il voloit aler avec eus por ce qu'il sembloient bien gent qui grant terre doient conquerre [VILLEH., LX]
    À l'aïe de Dieu fu desconfis li empereres Marchufles, et il meïsmes i dut estre pris [, ib. XCIX]
    Dame, ce dist Pepins, on ne doit pas douter.... [, Berte, III]
    [Il] Assemble ses barons en qui se dut fier [, ib.]
    Li jors que ele dut sa voie avoir emprise [, ib. VI]
    L'en doit bien reculer pour le plus loin saillir [, ib. XII]
    Il semble à sa maniere qu'ele doie desver [être folle] [, ib. XVII]
    Ma volenté ferez, quoi qu'il doie couster [, ib. CXII]
    Miex me venist estre alé pendre Au jor que ge dui fame prendre, Quant si cointe fame acointai [, la Rose, 8878]
    Sa mere que envieillir [il] voit, Et son pere qui moult devoit [qui avait des dettes] [, Bl. et Jeh. 71]
    Et je ne cuit que le defendant puisse chose dire par quoi la court dée esgarder que il ne li dée respondre à cel claim qu'il lors fist.... [, Ass. de J. I, p. 84]
    Et ce qu'on dist que voirs est [est vrai] que li sires doit autant foi et loialté à son home come li hons fet à son segneur, ce doit estre entendu en tant comme cascuns est tenus li uns vers l'autre [BEAUMANOIR, LVIII, 25]
    Sire, je oi [j'eus] le ceval et dui ces vingt livres ; mais j'en ai fet plain paiement [ID., IX, 5]
  • XIVe s.
    Onneur crie partout et vuet : Fay que doys, aveingne que puet [MACHAUT, p. 112]
    Et aussi nous voulons estre beneurés et disons que devons vouloir avoir felicité, mais nous ne disons pas que nous la doions eslire [ORESME, Eth. 64]
    Tant lui est deu plus de honneur se elle est bonne [ID., ib. 47]
  • XVe s.
    Et que voulez-vous, dit le roi, que je fasse ? Il n'est chose que je ne doive faire pour nous sauver [FROISS., III, IV, 76]
    Seigneurs, vous n'estes mie en arroy ni en ordonnance, que le roi doye maintenant parler à vous [ID., II, II, 110]
    Et puis chevaucherent tout souef jusques adonc qu'ils vinrent au logis du duc. Quand ils durent approcher, ils ferirent chevaux des esperons tous d'une randon et se planterent en l'ost du duc [ID., I, I, 111]
    Je ne pense pas avoir dit ne fait chose dont me doyez savoir mal gré [LOUIS XI, Nouv. XXIV]
    Vous en deveriez estre content [ID., ib. XXXVIII]
    Vous n'estes pas telle que vous deussiez estre [ID., ib. LXVIII]
  • XVIe s.
    Là elle veoit une lumiere telle, Que, pour la veoir, mourir devrions vouloir [MAROT, III, 301]
    Laquelle en beauté et bonne grace ne devoit rien à son mari [MARG., Nouv. II]
    Le jour mesme qu'elle [la sentence] debvoit estre prononcée [MONT., I, 40]
    Il debvoit plus à la fortune qu'à sa diligence [ID., I, 41]
    La peur emporta nostre jugement hors de sa deue assiette [ID., I, 61]
    Tout cela tesmoigne qu'ils ne nous debvoient rien en clarté d'esprit naturelle et en pertinence [ID., IV, 17]
    Le roy s'en meit en si grande cholere contre luy, que l'on pensoit qu'il ne luy deust jamais pardonner [AMYOT, Thém. 53]
    Bon citoyen et faisant le deu de son office [ID., Flamin. 37]
    Voici le destroit où les poures consciences sont merveilleusement vexées et affligées, quand elles voyent que ceste contrition deue [pleine, entière] leur est imposée [CALV., Instit. 486]

ÉTYMOLOGIE

  • Bourguig. devoi ; provenç. dever ; catal. deurer ; espagn. deber ; ital. devere ; du latin debere, que les étymologistes regardent comme composé de de habere, ne pas avoir, avoir perdu la possession.

DEVOIR2

(de-voir) s. m.
Ce qu'on doit faire, ce à quoi l'on est obligé par la loi ou par la morale, par son état ou les bienséances.
Elle [Chimène] est dans le devoir ; tous deux [prétendants] sont dignes d'elle ; Tous deux formés d'un sang noble, vaillant, fidèle [CORN., Cid, I, 1]
Je sais ta passion et suis ravi de voir Que tous les mouvements cèdent à ton devoir [ID., ib. II, 2]
Tous ces devoirs forcés où tout le cœur s'oppose, N'acquièrent à l'esprit ni liberté ni paix [ID., Imit. I, 9]
L'amour n'est qu'un plaisir, l'honneur est un devoir [ID., Cid, III, 6]
Un pas hors du devoir nous peut mener bien loin [ID., Suréna, IV, 3]
Je suis encor Sévère, et tout ce grand pouvoir Ne peut rien sur ma gloire et rien sur mon devoir [ID., Poly. IV, 6]
À suivre mon devoir, je suis déterminée [MOL., Sgan. 18]
C'est l'honneur qui les doit [les femmes] tenir dans le devoir [ID., Éc. des maris, I, 2]
Le bon esprit nous découvre notre devoir [LA BRUY, II]
Je conçois vos douleurs ; mais un devoir austère, Quand mon père a parlé, m'ordonne de me taire [RAC., Andr. III, 4]
Contemplez mon devoir dans toute sa rigueur [ID., Bérén. IV, 5]
Tu n'as manqué à aucun devoir envers les hommes ? [FÉN., Tél. XVIII]
Quoique la philosophie, dit Cicéron, soit un pays où il n'y a point de terres incultes ni de landes, et qu'elle soit fertile et abondante d'un bout à l'autre, elle n'a point de contrée plus riche que celle qui traite des devoirs [ROLLIN, Hist. anc. liv. XXVI, 2e part. ch. II, art. 2]
Le devoir peut être défini l'obligation rigoureuse de faire ce qui convient à la société [RAYNAL, Hist. phil. XIX, 14]
Mon devoir me suffit, tout le reste n'est rien [VOLT., M. de Cés. III, 2]
Laisse-moi les honneurs du devoir qui me lie [ID., Alz. IV, 4]
Tremblez en contemplant tout le devoir des rois [ID., Brutus, III, 6]
Si les femmes que tu gardes voulaient sortir de leur devoir, tu leur en ferais perdre l'espérance [MONTESQ., Lett. pers. 11]
Si nous voulons entrer là-dessus en jugement avec nous-mêmes et considérer sérieusement nos devoirs [BOURD., Domin. octave de l'Ascension, Dominic. t. II, p. 237]
Devoir conjugal, la conjonction charnelle due entre mari et femme. Il est du devoir, le devoir oblige à. Il est de mon devoir de vous donner cet avis.
Il est du devoir des défenseurs de la vérité de.... [PASC., Prov. 11]
Faire son devoir, agir comme on doit agir.
Qui sert bien son roi ne fait que son devoir [CORN., Cid, II, 1]
Je ferai seulement le devoir d'un sujet [ID., ib. IV, 3]
Je pense continuellement à vous ; c'est ce que les dévots appellent une pensée habituelle ; c'est ce qu'il faudrait avoir pour Dieu si l'on faisait son devoir [SÉV., 15]
Il était trop honnête homme pour ne faire pas toujours son devoir [ID., 211]
Quoi qu'en pense le libertinage, il y a toujours un avantage infini à faire son devoir [BOURD., Pensées, t. I, p. 403]
Vous savez que, dans les grands malheurs, ne faire que son devoir, ce n'est pas le faire [MAINTENON, Lettre au duc de Noailles, 22 juin 1709]
Mais j'ai fait le devoir d'un ami, d'un chrétien [C. DELAV., Paria, III, 2]
En parlant d'un régiment, d'un soldat, faire son devoir, combattre vaillamment. En un autre sens, faire son devoir, se bien acquitter, parler, agir.
La langue du cocher a bien fait son devoir [CORN., Ment. I, 4]
Il faisait parfaitement son devoir auprès de Mlle de St-Germain [HAMILT., Gramm. 4]
Chacun fit son devoir de dire à l'affligée.... [LA FONT., Matr.]
Ils avaient lu qu'en amour on soupire ; Ils tâchaient donc d'en faire leur devoir [ID., Rém.]
Être, rentrer dans son devoir, dans la soumission, le respect, l'obéissance où l'on doit se tenir.
On oublie aisément les fautes des enfants lorsqu'ils rentrent dans le devoir [MOL., l'Av. IV, 5]
Il fait rentrer son fils dans le devoir [BOSSUET, Thom. 2]
Fuyons.... Mais si l'ingrat rentrait dans son devoir [RAC., Andr. II, 1]
[Les gardes du sérail] Sortis de leur devoir, n'osèrent y rentrer [ID., Baj. I, 1]
En un sens un peu différent. Être dans son devoir, se mettre dans son devoir, se tenir dans l'état où l'on doit être devant les personnes à qui l'on veut témoigner du respect. Ramener, ranger quelqu'un à son devoir, tenir dans le devoir, obliger à faire ce qui doit être fait.
Le général ne put tenir dans le devoir ses soldats [BOSSUET, Hist. I, 9]
Des enfants qu'il remet dans leur devoir par le châtiment [ID., ib. II, 4]
Elles tenaient dans le devoir les villes voisines [ID., ib. III, 6]
Le jeune Louis.... prend les villes, ramène les provinces au devoir [MASS., Panég. St Louis.]
Se ranger à son devoir, faire ce qu'on doit faire. Je lui apprendrai son devoir, je le rangerai à ce qu'il doit.
En devoir de, prêt à. Il était déjà en devoir de vous aller trouver.
Nous étions à table, plusieurs, joyeux, en devoir de bien faire [P. L. COUR., Pamphlet des pamphlets.]
Se mettre en devoir de faire une chose, la commencer ou s'y préparer.
Il se mit en devoir d'arrêter son maître [D'ABLANCOURT, Lucien, t. II, Amitié, dans RICHELET]
À moins qu'elle ne se mît en devoir d'obtenir un congé [BOSSUET, Lett. abb. 2]
L'homme doit se mettre en devoir de se convertir [ID., Avert. 2]
On se mit en devoir de déménager les meubles [J. J. ROUSS., Conf. III]
Être à son devoir, être à son poste.
M. de Marsillac est déjà retourné à son devoir [SÉV., 415]
Le chevalier est à son devoir [ID., 417]
Jaloux, désespéré, j'ose, pour vous revoir, Abandonner des lieux commis à mon devoir [CRÉBILLON, Rhad. I, 2]
Terme de féodalité. Devoirs seigneuriaux, droits que le vassal devait à son seigneur.
Par extension du sens féodal. Devoir, et, plus souvent, au pluriel, devoirs, marques de civilité, de politesse. Rendre ses devoirs à quelqu'un, lui présenter ses hommages, lui faire une visite de politesse.
Le rang de l'offensé, la grandeur de l'offense Demandent des devoirs et des soumissions Qui passent le commun des satisfactions [CORN., Cid, II, 1]
Il peut aller, s'il veut, dessus son monument Recevoir ses devoirs et son remercîment [ID., Pomp. I, 3]
Agréer ses devoirs et le revoir encore [ROTROU, Vencesl. II, 5]
Rendre des devoirs, s'est dit des services que des valets remplissent auprès de leurs maîtres.
Notre P. Bauny a appris aux valets à rendre tous ces devoirs-là innocemment à leurs maîtres, en faisant qu'ils portent leur intention, non pas aux péchés dont ils sont les entremetteurs, mais seulement au gain qui leur en revient [PASC., Prov. 6]
On rend différents devoirs aux différents mérites [ID., P. div. 31]
Elle a commencé à rendre ses devoirs au Louvre [SÉV., 11]
J'ai fait votre devoir à l'abbé Arnauld [ID., 395]
J'en reviens toujours à dire qu'il y a des sortes de devoirs dont on ne peut se dispenser sans une grossièreté pleine d'ingratitude [ID., 306]
Vous saurez que je n'ai rien dit à ce Caton sur la mort de sa femme, et j'avais dessein de l'aller voir avec la marquise d'Uxelles ; et, au lieu d'attendre ce devoir, il vient s'informer comme je me porte de mon voyage [ID., 292]
On se rend des devoirs, mais on ne se rend pas l'amour [MASS., Panég. St Étienne.]
Le grand plaisir que je me promets, c'est de rendre mes devoirs à Mme Clavier [P. L. COUR., Lett. I, 53]
Les derniers devoirs, les devoirs funèbres, les funérailles. Rendre à quelqu'un les derniers devoirs, présider ou, simplement, assister à ses funérailles.
Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funèbre devoir ? [CORN., Pomp. V, 1]
Tu veux à ce héros rendre un devoir suprême [ID., ib. V, 4]
Ces pieux devoirs que l'on rend à sa mémoire [FLÉCH., Mont.]
Andromaque elle-même, à Pyrrhus si rebelle, Lui rend tous les devoirs d'une veuve fidèle [RAC., Andr. V, 5]
Pour rendre à ses cendres le dernier devoir [FÉN., Tél. XVII]
Rendezmoi [à moi Phalante] les derniers devoirs que vous avez rendus à mon frère [Hippias] [ID., ib.]
Terme de collége. Travail, exercices donnés à un élève. Faire ses devoirs. Un devoir difficile.
M. Lambercier était un homme fort raisonnable qui, sans négliger notre instruction, ne nous chargeait point de devoirs extrêmes [J. J. ROUSS., Conf. I]
10° Devoir pascal, l'obligation de communier à Pâques.
11° Association d'ouvriers unis par les liens du compagnonnage. Compagnons du devoir. Des ouvriers appartenant à des devoirs différents.
12° Anciennement, sorte de service de surveillance.
....à la charge qu'il fera faire tant le jour que la nuit, rondes, devoirs et diligences requises et accoutumées pour éviter tels accidents, [, Bail Boute, Lett. pat. 27 juin 1680]
13° Terme de droit. Devoir parfait, celui dont l'accomplissement peut être exigé, qui a un droit corrélatif. Devoir imparfait, celui dont l'accomplissement ne peut être exigé, qui n'a pas de droit corrélatif. Dans l'ancien droit, devoirs de loi exprimait toutes les formalités du nantissement.
14° Terme de fauconnerie. Devoir de l'oiseau, sa part de la curée du gibier qu'il a pris.

SYNONYME

  • DEVOIR, OBLIGATION. Le devoir est ce que nous devons. L'obligation est quelque chose qui nous lie, qui nous oblige. Le devoir est toujours quelque chose de moral. L'obligation n'a pas ce caractère ; elle peut dépendre de causes très différentes.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    [Le roi] En fist tout son devoir, ne dust estre repris [, Berte, XCIX]
    Il font bien trestuit lor devoir [, la Rose, 19163]
  • XIVe s.
    François font lor devoir ; ne les devez blasmer, Car qui fait ce qu'il doit, j'ose bien dire au cler, Que de riens ne meffait.... [, Guesclin. 19334]
  • XVe s.
    Le comte, à la complainte des herauts, commanda que on ardist tout, si des rachats à argent ils n'avoient fait leur devoir [FROISS., II, II, 66]
    En lui mandant qu'en faisant mon devoir, J'ay tous les maulx que nul pourroit souffrir [CH. D'ORL., Bal. 19]
    Dieu nous doint bonne destinée, Et chascun face son debvoir ; Ainsi ne sera redoubtée Par bon eur et loyal vouloir [ID., ib.]
    Lasse ! or [je] me voy aujourd'hui si perie, Que nul ne fait envers moy son devoir [E. DESCHAMPS, Complainte de la France.]
    Et sur ce respondit qu'il en parleroit au roy et qu'il en feroit son devoir [JUVÉN., Charles VI, 1380]
    Cil passa l'avangarde moult, Pour faire en l'estour son devoir [, la Bataille du Liege]
  • XVIe s.
    Les regles du debvoir de l'homme [MONT., I, 30]
    Les malades ausquels le debvoir m'interesse [ID., I, 91]
    Ne vaudroit-il pas mieux que par ces bons exemples de vie vous vous missiez en devoir de les convertir ? [LANOUE, 84]
    Les autres Grecs ne feirent aucun devoir de les secourir [AMYOT, Thém. 17]
    C. Lentulus, l'ayant apperceu, se meit en devoir de le sauver [ID., Fab. 33]

ÉTYMOLOGIE

  • Infinitif du verbe devoir, pris substanvement ; provenç. dever ; catal. deurer ; espagn. eber ; ital. devere.

devoir

DEVOIR. (Je dois; nous devons. Je devais. Je dus. J'ai dû. Je devrai. Que je doive. Que je dusse. Devant. Dû.) v. tr. Avoir à payer une somme d'argent, à rendre ou à donner quelque chose que ce soit. Devoir de l'argent. Devoir tant de sacs de blé. Devoir tant de journées de travail. Je vous paierai à la date fixée tout ce que je vous dois. Devoir plus qu'on ne possède. Les sommes dues par un tel. Absolument, Il doit à tout le monde.

En termes de Pratique, Jusqu'à due concurrence, Jusqu'à concurrence de la somme, de la quantité dont un débiteur est tenu.

Acte en due forme, Acte rédigé conformément à la loi.

Prov., Devoir à Dieu et à diable, au tiers et au quart; devoir de tous côtés, Devoir beaucoup, avoir beaucoup de dettes.

Prov., Qui a terme ne doit rien, On ne peut être obligé de payer avant que le terme soit échu.

Doit s'emploie comme nom masculin dans les livres de compte, par opposition au mot Avoir, et désigne la Partie d'un compte où l'on porte ce qu'une personne doit, ce qu'elle a reçu. On appelle aussi Doit et avoir Le passif et l'actif.

DEVOIR signifie encore Être obligé à quelque chose par la morale, par la loi, par sa condition, par l'honneur, par la bienséance, etc. Un fils doit respect à son père. Il ne doit compte de ses actions à personne. On doit obéissance aux lois. Devoir une visite à quelqu'un. Vous lui devez des égards, des ménagements. On se doit à soi-même de respecter les bienséances. Je me devais de faire cette démarche. Un honnête homme sait ce qu'il se doit. Un homme d'honneur doit tenir sa parole. Vous devriez vous conduire autrement. Il ne devrait pas abandonner ses parents. Prov., Fais ce que dois, advienne que pourra.

On le dit quelquefois des Choses. La loi doit une égale protection à tous les citoyens. La pitié due au malheur.

SE DEVOIR À se dit spécialement pour Être dans l'obligation morale de se donner, de se dévouer à sa famille, à sa patrie, à ses amis. Vous vous devez à vos enfants.

Cela se doit, se dit de Ce qui doit être, de ce qu'il convient de faire.

Suivi d'un infinitif, il signifie souvent Être dans la nécessité de. Je dois partir à six heures. Je devrai avoir terminé cette tâche demain.

Il signifie en outre Être redevable à, tenir de. Il vous doit son bonheur, son salut, sa fortune. Racine doit beaucoup à Euripide. Corneille doit à Sénèque la belle scène d'Auguste et de Cinna. L'auteur a dû le succès de sa pièce au talent des acteurs. Cette colline doit son nom à un événement qu'on nous raconta. Par extension, Je lui dois tous mes maux.

Il se dit aussi pour marquer qu'il y a une espèce de justice, de raison, de nécessité, etc., qu'une chose soit. Un bon ouvrier doit être plus employé qu'un autre. Il me semble que cela devrait les réconcilier. Il devrait y avoir une garnison dans cette ville.

Il se dit encore pour marquer qu'une chose arrivera infailliblement. Tous les hommes doivent mourir. Le terme de son bail doit expirer dans deux jours.

DEVOIR, suivi d'un infinitif, joue aussi en quelque sorte le rôle d'un auxiliaire et se dit de Ce qui paraît vraisemblable, probable, plus ou moins certain. La campagne doit être belle maintenant. Il a dû partir ce matin. Le législateur doit avoir prévu ce cas. Il doit être bien agréable de... Il doit y avoir entre eux beaucoup de différence. À en juger par le train que mène cet homme, il doit être bien riche. Une fois réparé de cette façon, cet instrument doit marcher. On doit avoir bien froid avec un habit aussi léger.

Il se dit pareillement de Ce qu'on croit, ou qu'on présume, ou qu'on suppose qui arrivera. Le courrier doit être ici dans peu de jours. Je dois recevoir cette somme après-demain. Le bonheur que doivent goûter les élus. Quand même je devrais y périr. Il doit y avoir demain une assemblée générale.

À l'imparfait du subjonctif, et en tête de la phrase, il s'emploie dans le sens de Quand même. Dussé-je y périr; dût ma fortune être anéantie, Quand je devrais y périr, etc.

Il se dit aussi pour marquer l'intention qu'on a de faire quelque chose. Je dois aller demain à la campagne.

devoir

DEVOIR. n. m. Ce à quoi on est obligé par la raison, par la morale, par la loi, par sa condition, par la bienséance, etc. S'acquitter de son devoir. Remplir ses devoirs. S'imposer des devoirs. Trahir ses devoirs. Manquer à son devoir. S'écarter de son devoir. Négliger, oublier ses devoirs. Les devoirs de son état. Les devoirs de l'amitié. Les devoirs d'un père de famille. Le devoir conjugal. Les devoirs réciproques. Faire une chose par devoir. Vous n'avez fait que votre devoir. Se faire un devoir de. Être à son devoir, Être à son poste.

Se mettre en devoir de, Se disposer à. Se mettre en devoir de faire quelque chose. Il se mit en devoir d'exécuter sa promesse.

Rentrer dans son devoir, dans le devoir, Se remettre dans l'obéissance, dans la subordination dont on s'était écarté. On dit de même Ramener quelqu'un à son devoir, au devoir. Retenir quelqu'un dans le devoir.

Ranger quelqu'un à son devoir, L'obliger à faire ce qu'il doit. On dit de même Se ranger à son devoir.

Devoir pascal. Voyez PASCAL.

Aller rendre ses devoirs à quelqu'un, Aller le saluer chez lui, lui faire une visite de politesse.

Derniers devoirs, Honneurs funèbres, cérémonie pour les funérailles de quelqu'un. Rendre à quelqu'un les derniers devoirs, L'accompagner jusqu'à sa dernière demeure.

Il se dit particulièrement des Exercices scolaires qu'ont à faire les élèves dans un lycée, un collège, une école. Il n'a pas encore fini ses devoirs. Un devoir difficile. Devoir de français. Devoir de style. Devoir de calcul.

devoir


DEVOIR, v. a. et s. m. [De-voar; 1re e muet.] Je dois, tu dois, il doit, nous devons, vous devez, ils doivent; je devais, je dûs, j'ai dû; je devrai, devrais; que je doive, je dûsse; devant, . — Anciènement on écrivait, je deverai, je deverois, il deveroit; mais on prononçait devrai, devrais, devrait, etc.
   Tel deveroit être le saint Pere
       Hugues de Berci (1200.)
Il n'y a pas si long-temps qu'on écrivait deu, ou deub, que je deusse, pour dûsse; qu'il deut, pour dût.
   Deussé-je, après dix ans, voir mon Palais en cendre.       Androm.
  DEVOIR: 1°. Être obligé à payer quelque chôse, soit argent, ou denrée. "Devoir une somme d'argent à... Devoir tant de setiers de blé de rente. "Il doit plus qu'il n'a vaillant. = 2° Être obligé à quelque chôse par la Loi, l'honêteté, la bienséance, la reconaissance. Il a pour 2d régime le datif; et il régit les verbes à l'infinitif sans préposition. "Nous devons le respect et l'obéissance à nos parens; nous devons aimer Dieu par-dessus toutes chôses, aimer le prochain comme nous-mêmes. "Un homme d'honeur doit tenir sa parole. = 3°. Il se dit aussi, pour marquer qu'il y a une espèce de justice, de raison, qu'une chôse soit: Un bon ouvrier doit être préféré, et payé plus grâssement; ou, qu'il y a une espèce d' aparence qu'une chôse est, ou qu'elle sera. "On doit avoir bien froid en hiver, quand on est mal vétu. = 4°. Pour marquer qu'une chôse arrivera infailliblement: "Tous les hommes doivent mourir. = 5°. Quelque-fois il n'est employé que pour marquer un futur des aûtres verbes employés à l'infinitif: "Il doit arriver demain; il arrivera demain, etc.
   Rem. 1°. Ce verbe doit ordinairement être employé avec deux régimes, l'acusatif et le datif. L'Académie, dans ses Sentimens sur le Cid, reprend Corneille d'avoir dit:
   Je dois à ma Maîtresse, aussi-bien qu'à mon Pere.
Je dois, est trop vague, dit-elle: il devait être déterminé à quelque chose, qui exprimât ce qu'il doit (comme des égards, de l'amour, etc.) Le même Poète fait la même faûte plus bâs, dans la même Scène.
   Dois-je pas à mon Pere autant qu'à ma Maîtresse?
En se servant du réciproque, on peut épargner le régime. "Je me dois à mon Père, autant qu'à ma Maîtresse. — L'infinitif des verbes, précédé de la prép. de, suplée aussi pour le régime absolu. "Thebes dois à leurs instructions, d'avoir eu peu de mauvais Princes: ou sous-entend le bonheur, l'avantage, etc. M. l'Ab. Grosier, apostrophant Senèque, dit: "Tu es un Philosophe; tu appartiens à tous les Peuples de la Terre, et tu leur dois de mettre en pratique tes préceptes sublimes.
   2°. Aûtrefois on aimait à employer devoir avec des noms, sans article.
   - - - Vous qui devez respect au moindre des Romains.
       Corn.
On doit toujours respect au Sceptre.Id.
M. Moreau l'emploie volontiers de la sorte. "Le Connétable assembloit tous les Administrateurs secondaires, qui lui devoient service et obéissance. "Tous connoissoient le Seigneur, à qui ils devoient service, et qui leur devoit réciproquement défense et protection. "Ces Arriere-Vassaux, qui, devant service, étoient aussi assurés d'exiger secours. "Il fut avoué généralement, que tout Feudataire devoit à son Seigneur service militaire, secours de ses armes, assistance de ses conseils, etc. etc. — L'Acad. semble autoriser ces manières de parler par les phrâses suivantes: "Le Vassal doit hommage à son Seigneur. "Un fils doit respect à son père. "Un citoyen doit obéissance aux Loix; un sujet à son Prince. Mais ce sont-là des phrâses consacrées par l'usage, qui ne doivent pas tirer à conséquence pour tous les mots d' une Langue.
   3°. En devoir de reste à quelqu'un, expression du style familier. Le pronom en, quoique inutile pour le sens, est essentiel à cette manière de parler: on ne doit pas le retrancher, comme l'ont fait quelques Écrivains. Vous me devrez toujours beaucoup de reste, tant que vous ne m'aimerez pas. Voit. "Ils croient qu'on leur doit beaucoup de reste, quand on leur fait l'aumône. Charlev. = N'en rien devoir à, ne pas le céder à, n'être pas inférieur à: "Tous les tours que fait cette belle Seine, dont les bords n'en doivent rien à ceux de la Loire. Sév.En est là aussi nécessaire que le à céder; et ne doivent rien, comme ne cèdent point, serait irrégulier et incorrect.
   4°. Devriez, comme devrions, en prôse est de deux syllabes; en vers, il en a trois.
   Vous devriez n'avoir de secrets que les vôtres.
   5°. On doit, il faut (synonymes.) Voyez FALLOIR.
   Le proverbe dit: Qui me doit, me demande, ceux qui ont tort sont souvent les premiers à se plaindre. — Quand on doit, il faut payer ou agréer; quand on ne paye pas un ouvrier, un marchand, il faut du moins arrêter leurs comptes, et leur doner quelque assurance de leur paiement. Qui a terme ne doit rien, on n'est obligé de payer qu'à l'échéance du terme. — On dit, d'un homme qui doit beaucoup, qu'il doit plus d'argent qu'il n'est grôs; qu'il doit à Dieu et au monde; qu'il doit au tiers et au quart.
   DEVOIR, s. m. Ce à quoi on est obligé par la Loi, l'honnêteté, la bienséance, etc. S'aquiter de son devoir: satisfaire à son devoir; faire son devoir; remplir ses devoirs. Faire, dans une batâille, le devoir de Capitaine et celui de Soldat. Faire son devoir de Chrétien, etc. etc.
   Devoir, obligation (synon.) La Loi nous impôse l'obligation, et l'obligation engendre le devoir. Nous sommes tenus par l'obligation et à un devoir. Ainsi l'obligation désigne l'autorité, qui lie; et le devoir, le sujet qui est lié. "C'est l' obligation qui nous lie, c'est au devoir qu'elle nous lie. — Le devoir est l'action conforme à l'obligation: Extr. des Synon. de M. l'Abé Roubaud.
   Rem. Ce mot entre dans plusieurs expressions. — Rendre des devoirs; rendre ses devoirs; rendre visite. "Alcibiade lui rendit des devoirs. Elle ne se défia ni de lui, ni d' elle-même. Marm. "Je suis allé hier pour vous rendre mes devoirs. Aux gens fort supérieurs, on dit, rendre ses respects. — Se mettre en devoir de, avec l'infinitif. "Les mouvemens de la nature ont déja fait bien du chemin, avant que la raison soit avertie; et quand elle s'est mise enfin en devoir d'agir, elle trouve bien du désordre. Fonten.Faire un devoir à... de... "Il n'auroit pas voulu lui-même lui faire un devoir d'être à lui. Marm.Bien faire son devoir, et en bien faire son devoir, sont deux chôses un peu diférentes: la 1re exprime réellement le devoir; l'aûtre se dit dans bien des ocasions où le devoir n'a point lieu. "Vous portez-vous bien? — J'en fais bien mon devoir, c. à. d. Je me porte très-bien. "Je suis sûr que vous ne croyez pas le mouvement de la terre autant qu'il devroit être cru... Oh! pour cela, reprit-elle, j'en fais bien mon devoir, je crois fermement que la terre tourne. Font. — Être dans son devoir, se tenir dans son devoir, se tenir dans l'état où l'on doit être devant les persones à qui l'on doit du respect. — Rentrer dans son devoir: se remettre dans l' obéissance, dans la subordination, dont on s'était écarté. — Ranger quelqu'un à son devoir, l'obliger à faire ce qu'il doit. — Derniers devoirs, les honeurs funèbres, les cérémonies qu'on fait aux enterremens. — Devoir Pascal, la Comunion que chaque Chrétien doit faire tous les ans à sa Paroisse dans le temps Pascal.
   * Devoir s'est dit autrefois pour obligation. On disait, avoir devoir à quelqu'un, comme on dit, lui avoir obligation. "Elles prieront pour leurs parens, et pour tous ceux à qui elles ont un particulier devoir. St. Fr. de S.

Synonymes et Contraires

devoir

nom masculin devoir

devoir

verbe devoir
1.  Être obligé de faire quelque chose.
avoir à, être dans l'obligation de, être tenu de.
2.  Avoir une dette envers quelqu'un.
Traductions

devoir

(dəvwaʀ)
verbe transitif
1. être obligé de faire qqch Il doit partir. Tu devrais le savoir. Tu aurais dû m'appeler.
2. être dans la nécessité de faire qqch J'ai dû l'aider.
3. indique la possibilité Tu dois te tromper. La tarte doit être cuite maintenant.
4. avoir l'intention de faire qqch Elle doit venir cet été.
5. avoir à donner, à payer qqch à qqn Je lui dois trente euros.
6. avoir qqch, bénéficier de qqch grâce à qqn ouqqch Je lui dois la vie.

devoir

müssen, Aufgabe, schulden, Pflicht, Arbeit, Pensum, schuldig sein, sollen, Hausaufgabe, mööte, verdankenmust, owe, duty, have to, should, homework, assigned job, job, ought to, task, ought, responsibility, exercisemoeten, plicht, behoren, taak, zullen, schuldig zijn, dienen, horen, indeschuldstaan, karwei, klus, opgave, schuldigzijn, verschuldigdzijn, te danken hebben (aan), verplichting, ontlenen, hoevenחב (פ'), חובה (נ), חיוב (ז), חָב, חוֹבָהdlužit, muset, povinnostdevi, ŝuldideber, tener queκαθήκον, οφείλω, χρέος, πρέπει, πρέπει να, χρωστώдолжен, быть должником, быть должным, быть обязанным, долгdovere, compitoوَاجِب, يَجِبُ, يَجِبُ عَلَيْهِ, يُدِينُmå, pligt, skylde, være nødt tilolla velkaa, täytyä, velvollisuusdugovati, dužnost, morati・・・しなければならない, 任務, 借りがある...해야 한다, ...해야만 하다, 빚이 있다, 임무, plikt, skyldebyć winnym, musieć, obowiązekdever, ter de, ter quemåste, plikt, vara skyldig, vara tvungenเป็นหนี้, ต้อง, หน้าที่borcu olmak, görev, yapmak zorunda olmak, Zorunda olmaknghĩa vụ, nợ, phải不得不, 关税, 必须, (dəvwaʀ)
nom masculin
1. ce qu'on doit faire Il n'a fait que son devoir.
2. exercice scolaire à faire faire ses devoirs

devoir

[d(ə)vwaʀ]
nm
(= obligation) → duty
Aller voter fait partie des devoirs du citoyen → Voting is part of one's duty as a citizen.
se faire un devoir de faire qch → to make it one's duty to do sth
(ÉDUCATION) (à faire chez soi)piece of homework, homework no pl; (à faire en classe)exercise
faire ses devoirs → to do one's homework
vt
(= être redevable de) [+ argent] → to owe
devoir qch à qn [+ argent, respect] → to owe sb sth
Combien est-ce que je vous dois? → How much do I owe you?
devoir à qn de faire qch → to owe it to sb to do sth
Je lui dois de régler cette affaire le plus rapidement possible → I owe it to him to sort this matter out as quickly as possible.
(obligation) devoir faire qch → to have to do sth
Il doit le faire tout de suite → He has to do it immediately., He must do it immediately.
Je dois partir → I've got to go., I must go.
(au conditionnel) je devrais faire ... → I ought to do ..., I should do ...
Tu n'aurais pas dû → You ought not to have ..., You shouldn't have ...
(fatalité) devoir se produire → to be bound to happen
Cela devait arriver un jour → It was bound to happen some day.
(intention) devoir faire qch → to be due to do sth
Il doit partir demain → He is to leave tomorrow., He is due to leave tomorrow.
Le nouveau centre commercial doit ouvrir en mai → The new shopping centre is due to open in May.
(probabilité)
Il doit être tard → It must be late.
Tu dois être fatigué → You must be tired. [d(ə)vwaʀ] vpr/réfl
se devoir de faire qch → to be duty bound to do sth
vpr/impers (= comme il faut) comme il se doit → as is right and proper
devoirs de vacances nmplhomework sg set for the holidays
devoir sur table nmwritten test