devineur, eresse

DEVINEUR, ERESSE

(de-vi-neur, ne-rè-s') s. m. et f.
Celui, celle qui a la prétention de deviner.
Quoiqu'ignorante à vingt et deux carats, Et logée en un galetas, Une devineresse avait empli sa bourse [LA FONT., Fabl. VII, 15]
Jeanne d'Arc fut qualifiée de superstitieuse, devineresse du diable [VOLT., Mœurs, 80]
Il y a aussi le féminin devineuse.
Chez la devineuse on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait [LA FONT., Fabl. VII, 15]
Fig. et familièrement, celui qui juge par voie de conjecture. Quel devineur ! En ce sens, le féminin est devineuse, non devineresse. On dira aussi une devineuse, non une devineresse, en parlant de charades, d'énigmes, etc.

HISTORIQUE

  • XIIIe s.
    Car il sont bon devineour Tout cil qui aiment par amour [, Fl. et Bl. 337]
  • XIVe s.
    Si come feindre estre bon medecin et estre sage divineeur [ORESME, Eth. 135]
  • XVIe s.
    Sa femme estoit devineresse [AMYOT, Crass. 14]

ÉTYMOLOGIE

  • Deviner ; bourguig devignour ; provenç. devinaire, devinador ; ital. divinatore. Dans le provençal devinaire est le nominatif, d'un bas-latin divinátor ; devinador est le régime, de divinatórem ; dans le français les formes parallèles sont devinere et devineor. Devin ne peut donner devineresse, mais devineur le donne, comme demandeur, demanderesse, chasseur, chasseresse. Ces noms ont souvent un double féminin : demandeur, demandeuse et demanderesse.