disgrâce

(Mot repris de disgrâces)

disgrâce

n.f. [ it. disgrazia, malheur ]
1. Perte de la faveur, de l'estime dont qqn ou qqch jouissait : Le maire est vite tombé en disgrâce défaveur [litt.], discrédit
2. Litt., vx Manque de chance ; infortune, malheur.

disgrâce

(disgʀɑs)
nom féminin
perte de l'estime de qqn Ce politicien est tombé en disgrâce.

DISGRÂCE

(di-sgrâ-s') s. f.
Perte des bonnes grâces d'une personne puissante. Encourir la disgrâce du prince.
Il a soutenu héroïquement sa disgrâce [SÉV., 348]
Le meilleur de tous les biens, s'il y a des biens, c'est le repos, la retraite, et un endroit qui soit son domaine ; N*** a pensé cela dans sa disgrâce, et l'a oublié dans la prospérité [LA BRUY., VIII]
La disgrâce éteint les haines et les jalousies [ID., XII]
Rien n'est si voisin de la faveur que la disgrâce [MAINTENON, Lett. d'Aubigné, 3 juillet 1680]
Pour languir dans l'éclat d'une illustre disgrâce [VOLT., Sémiram. II, 4]
La disgrâce jette je ne sais quoi de touchant sur les grandes vertus et les qualités éminentes [MAIRAN, Éloges, Card. Polignac.]
Albuquerque mourut à Goa en 1515, sans richesses, et dans la disgrâce d'Emmanuel, auquel on l'avait rendu suspect [RAYNAL, Hist. phil. I, 17]
Par analogie.
Tous les hommes sont dans la disgrâce de Dieu [PASC., Juifs, 1]
Lorsque nous avons été assez malheureux que de tomber dans la disgrâce de Dieu [MASS., Car. Temples.]
L'homme est maintenant en disgrâce chez tous ceux qui pensent [VAUVENARGUES, Max. CCXIX.]
Nous sommes tombés d'un tourbillon dont nous étions le centre, dans le tourbillon du soleil d'aujourd'hui ; d'astres que nous étions nous sommes devenus lune, ayant par faveur autour de nous une autre petite lune pour nous consoler dans notre disgrâce [VOLT., Dial. XXIX, 10]
État, par rapport aux événements, comparé à la disgrâce par rapport à une personne.
Enfin donc ton amour ne craint plus de disgrâce [CORN., le Ment. IV, 2]
J'ai le cœur au-dessus des plus fières disgrâces [ID., Cid, II, 1]
Voilà ce que c'est que du monde ; la moindre disgrâce nous fait mépriser de ceux qui nous chérissaient [MOL., Préc. 18]
J'en juge par moi-même ; et la moindre disgrâce, Lorsque je suis à jeun, me saisit, me terrasse [ID., Sganar. 7]
J'ai cru que notre mariage n'était qu'un adultère déguisé, qu'il nous attirerait quelque disgrâce d'en haut [ID., le Fest. I, 3]
Ah ! malheur ! ah ! disgrâce, ah ! pauvre seigneur Sganarelle, où pourrais-je te rencontrer ? [ID., l'Am. méd. I, 6]
Et qui peut mieux que vous consoler sa disgrâce ? [RAC., Bérén. III, 2]
La mort n'est point pour moi le comble des disgrâces [ID., Baj. II, 3]
La Discorde, qui voit leur honteuse disgrâce, Dans les airs cependant tonne, éclate, menace [BOILEAU, Lutrin, III]
Je cours trouver Lucain ; plein d'une noble audace, De la liberté sainte il chanta la disgrâce [LEGOUV., Épichar. et Nér. I, 3]
Mauvaise grâce. Elle a de la disgrâce dans le maintien. Cet homme met de la disgrâce jusque dans le bien qu'il fait.
On aura craint sans doute la disgrâce attachée à la forme didactique, qui effarouche la plupart des lecteurs [, Mém. sur les finances de l'Anglet. trad. de l'anglais, Mayence, 1768, introd. p. 1]
C'est à de tels contrastes [la rudesse et la servilité] qu'il faut attribuer la disgrâce allemande, que l'on se plaît à contrefaire dans les comédies de tous les pays [STAËL, Allem. III, 11]

HISTORIQUE

  • XVIe s.
    Lors de la disgrace dudit d'Aubigné, il voulut à toute force suivre la fortune du disgracié [D'AUB., Vie, LVI]

ÉTYMOLOGIE

  • Dis.... préfixe, dans le sens négatif, et grâce.

SUPPLÉMENT AU DICTIONNAIRE

  • DISGRÂCE. Ajoutez : - REM. Bussy Rabutin a dit faire des disgrâces, par opposition à faire des fortunes : Le même caprice qui fait faire des fortunes prodigieuses à de certaines gens, fait faire à d'autres de grandes disgrâces sans fondement, Lett. à Mme de Sévigné, 23 déc. 1670. Cela est peu correct, ce semble.

disgrâce

DISGRÂCE. n. f. Perte, privation des bonnes grâces d'une personne puissante, d'une autorité. On ne sait d'où vient sa disgrâce. On ignore la cause, le sujet de sa disgrâce. Tomber en disgrâce. Être en disgrâce. Il fut enveloppé dans la disgrâce de son protecteur.

Il signifie figurément État de celui que la fortune ne favorise guère. Il lui est survenu une disgrâce. Voilà une étrange, une cruelle disgrâce. Pour comble de disgrâce. Que de disgrâces!

disgrace

Disgrace, f. penac. Est de prononciation Italienne. Le François devroit dire Desgrace, tout ainsi qu'il dit Desfaveur, Deshonneur, Destruire, et tels autres que l'Italien escrit et prononce Disfavore, Dishonore, Distruggere, Et l'Espagnol conformément au François, Disgracia, Desfavor, Deshonrra, Destruir. Et signifie infortune, encombrier, male-adventure. Car Grace est don d'esprit, faveur et gracieuseté impartis. Ainsi que Petrarque le deduit au Sonet, Gratie ch'a pochi il ciel largo destina. Disgrace aussi est le contraire de bonne grace, et signifie sotte et rustique façon et laid maintien. Tu fais cela avec tant de disgrace, Tam illepide hoc agis, Inurbane.

disgrâce


DISGRâCE, s. f. DISGRACIÉ, ÉE, adj. DISGRACIER, v. a. [Il convient de mettre un accent circonflexe sur l'â du 1er, parce qu'il est long: on n'en met point sur l'a des aûtres, parce qu'il est bref. L'Acad. écrit grâce avec l'acc., et disgrace sans acc.] Disgrâce, 1°. Diminution, perte de faveur. Trév. Perte, privation des bones grâces d'une personne puissante. Acad. Ce qui est opposé à la faveur et au crédit. Rich. Port. Cette dernière définition ne vaut rien; celle de Trév. peut pâsser; la meilleûre est celle de l'Acad. "On ne sait d'où vient sa disgrâce, la caûse, le sujet de sa disgrâce. Tomber en disgrâce. Encourir la disgrâce du Prince. Durant sa disgrâce, etc. = 2°. Infortune, malheur. "Il lui est arrivé une disgrâce. "La patience dans les revers et les disgrâces, est une vertu bien râre.
   DISGRACIER, cesser de favoriser quelqu' un, le priver de ses bonnes grâces. Acad.Trév. ajoûte; éloigner quelqu'un de sa présence, lui ôter la faveur, la protection qu'on lui donnait. Cette addition est utile. "Le Roi le disgracia. "Ses imprudences l'ont fait disgracier.
   DISGRACIÉ, ou, disgracié de la natûre, qui a quelque chôse de défiguré, de diforme en sa persone. "On ne saurait voir une persone plus disgraciée. "Il est fort disgracié de la natûre.
   Rem. Le P. Bouhours n'aimait point qu' on dît encourir la disgrâce du Prince; tomber dans la disgrâce de Dieu. Il ne pouvait soufrir non plus disgracié tout seul, pour disgracié de la natûre: mais ces expressions se sont toujours plus acréditées; les premières dans tous les styles, l'aûtre dans le style familier seulement.

Synonymes et Contraires

disgrâce

nom féminin disgrâce
1.  Littéraire. Perte de l'estime dont on jouissait.
déconsidération, défaveur, discrédit, malheur -littéraire: infortune, mésestime -vieux: décri.
grâce, vogue -littéraire: crédit, faveur.
Traductions

disgrâce

disgrace

disgrâce

כיעור (ז), כִּעוּר

disgrâce

aib

disgrâce

sfavore

disgrâce

Schande

disgrâce

恥辱

disgrâce

häpeä

disgrâce

skam

disgrâce

[disgʀɑs] nfdisgrace
être en disgrâce → to be in disgrace
tomber en disgrâce → to fall into disgrace